Sharon sur la corde raide : «Un dirigeant sans parti»





Malmené par son propre parti et soumis à la pression des travaillistes qui prônent des élections anticipées, le Premier ministre israélien Ariel Sharon apparaît en bien mauvaise posture pour appliquer son plan de retrait de la Bande de Gaza. Le Quotidien-Agences "Un dirigeant sans parti", écrit hier le quotidien Yédiot Aharonot, le plus fort tirage du pays, tandis que le Haaretz se demande si le Premier ministre de droite n'est pas un "loser" (perdant), un qualificatif peu élogieux, généralement appliqué en Israël au travailliste Shimon Peres, jamais élu. Malgré tout, le chef du gouvernement a affiché sa détermination à poursuivre ses efforts en vue de l'application de son plan d'ici septembre 2005 pour tenter de faire oublier la mine soucieuse qu'il affichait mercredi soir, lors de la convention du Likoud qui lui a signifié son refus d'élargir la coalition avec les travaillistes. "Je continuerai de faire ce qui est bon pour le peuple d'Israël, comme je m'y suis engagé: instaurer la paix et la sécurité", a déclaré Sharon dont les propos sont rapportés par le Yédiot. Il s'est dit "bien décidé à concrétiser le plan de séparation et évacuer d'ici la fin de l'année prochaine la bande de Gaza et les colonies du nord de la Samarie (Cisjordanie)". Les commentateurs politiques, qui s'accordent à penser que Sharon traverse l'une des phases les plus difficiles de son mandat — c'est la troisième fois qu'il est bafoué par son parti depuis sa prise de fonction en février 2001 — estiment qu'il dispose d'un nombre très réduit d'options. La plus probable semble être le maintien en l'état de son gouvernement, l'évacuation de la Bande de Gaza et de quatre colonies de Cisjordanie, le tout avec le soutien au Parlement des travaillistes. Shimon Pérès, bon pied bon oeil à 81 ans, a pour sa part fait valoir qu'il était favorable à des élections anticipées, alors que la législature actuelle doit normalement prendre fin en novembre 2006. Prudent, il a toutefois envisagé la possibilité de négocier avec le Premier ministre si ce dernier passait outre la décision de son parti de fermer la porte de son cabinet aux travaillistes. Lors d'une conférence de presse, au cours laquelle il a aussi laissé entendre qu'il pourrait se présenter à la tête de son parti pour affronter Sharon, il s'est livré à une critique en règle des "rebelles", les "durs" de la droite, à l'origine de la fronde dirigée contre Ariel Sharon. "Il est inconcevable que le destin d'Israël dépende de quelques centaines de personnes opposées à la volonté de la majorité du pays, qui est elle favorable à un retrait de la Bande de Gaza", a déclaré Pérès à des journalistes, en allusion à ceux qui ont mené la fronde contre Sharon. En cas d'élections anticipées, "nous nous engagerons à réaliser le plan de séparation lancé par Sharon et en outre à appliquer la Feuille de route", a souligné Pérès qui faisait référence au plan de paix international resté lettre morte.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com