Jeunes et traditions : Le sel de la vie, pourquoi pas?





Il vient de naître, on lui met une belle broche avec une «khomsa» contre le mauvais œil. Quand il grandit, on l’emmène visiter la tombe des saints. Lors des aïds et des occasions, il doit se comporter selon les normes de la tradition. Cette approche de la vie a encore la vie dure chez beaucoup de familles tunisiennes. Les jeunes sont-ils pour ou contre ces traditions superstitions? Tunis-Le Quotidien A voir quelques pratiques traditionnelles, on sent ce parfum nostalgique de la Tunisie d’antan où les Tunisiennes déambulaient revêtues du voile (sefsari) et portant sabots… C’était sympathique. Mais d’autres scènes nous horripilent tellement elles frisent le ridicule… Mohamed Akram Louza, 23 ans, étudiant, n’est pas contre les pratiques traditionnelles. Natif de Djerba, Mohamed Akram est prêt à préserver quelques-unes de nos traditions. «Je ne suis pas contre les habitudes et les traditions dans la limite du raisonnable et de l’admis. Ce que j’aime le plus dans nos habitudes, c’est la bouffe», dit-il. Gourmand de nature, Akram aime les fêtes parfumées d’épices tunisiennes. «J’aime les tables garnies lors des fêtes traditionnelles. C’est une pratique que je garderai et que j’enseignerai à mes enfants», ajoute-t-il. «A Djerba, on sert un plat de fèves le jour de l’Aïd El Fitr. Le choix de ce plat a été jugé nutritif scientifiquement après tout un mois de jeûne. Je veillerai à préserver cette tradition «djerbienne». Mais pour tout ce qui a trait à des pratiques obscurantistes, je ne les reproduirai jamais», conclut-il. Certains traduisent la tradition par un fort attachement à des rites et fêtes religieuses. Nizar Tlili, 24 ans, étudiant, est contre le renforcement des traditions et des pratiques d’antan. «Cela m’enchanterai de suivre des pratiques bénéfiques, telles que la célébration du Nouvel An de l’Hégire, le Mouled… Je suis aussi pour tout ce qui rehausse notre civilisation et notre authenticité», dit-il. Nizar sait, en outre, que certaines pratiques peuvent avoir des répercussions graves sur l’être humain. «Certaines familles tiennent à guérir des maladies avec ce qu’on appelle «médicaments raâouani». Si ce genre de médicaments s’inscrit dans l’arsenal de la nature oui, mais avaler des horreurs et danser comme un fou, jamais. A mon sens, si on va préserver certaines pratiques irrationnelles c’est surtout pour plaire à nos familles», conclut-il. Bilel Bel Haj Mohamed, 23 ans, étudiant, se sent parfois effrayé rien qu’à l’idée de pratiquer certaines habitudes qu’il qualifie de risibles. «Chaque région a ses propres rites. C’est gratifiant dans la mesure où cela retrace l’histoire des régions et traduit les racines de toutes les générations tunisiennes. Cependant, certaines pratiques sont vraiment inadmissible et intimidantes. Jamais je n’oserai me mettre moi et ma future femme dans l’embarras rien que pour satisfaire autrui!», dit-il. Mis à part certaines pratiques déroutantes, Bilel n’a aucunement appréhension à préserver les traditions qui entrent dans le cadre de notre civilisation. «Si je dois préserver certaines traditions pour préserver mes racines et mon identité et celles de mes enfants après moi, il n’y a pas de problèmes», conclu-t-il. Dorra, 24 ans, étudiante, tient à la sauvegarde des pratiques traditionnelles dans la meseure où c’est ainsi qu’elle est née et c’est ainsi qu’elle vivra. «Je tiens à avoir un trousseau 100% traditionnel avec de l’argenterie, du henné, les outils du hammam… Je tiens aussi à une célébration traditionnelle de mon mariage. Nous avons des rites très beaux que je préserverai. Cependant, certaines pratiques sont désuètes. Je me contenterai de les voir de loin». A titre d’exemple, la jeune étudiante aime assister aux hadhras de Sidi Boussaïd. Originaire de la Banlieue nord de Tunis, Dorra aime voir cette ambiance à la fois religieuse et typiquement tunisienne. «J’aime écouter leurs chants religieux (dhekr), mais cela m’effraie de voir des personnes marcher sur du verre brisé ou avaler du feu… Préserver les traditions c’est bien, mais il faut le faire en gardant la tête froide», ajoute-t-elle. Certes rien ne vaut une mariée avec du henné et sa «nakcha», rien n’est plus beau que notre «chéchia» et notre voile (sefsari) d’antan. Les jeunes aiment les traditions tunisiennes mais dans la meseure où cela ne déborde pas sur des conduites irrationnelles. Abir chemli oueslati


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com