En rejetant l’ultimatum de l’ONU : Khartoum retient son souffle





Le Soudan a rejeté l'ultimatum de l'Onu et retenait son souffle à quatre jours de l'expiration du délai qui lui a été fixé, sous peine de sanctions, pour rétablir la sécurité au Darfour, déchiré par la guerre civile et une crise humanitaire. Le Quotidien-Agences Interrogé pour savoir si le Soudan comptait respecter l'ultimatum du Conseil de sécurité, qui expire le 30 août, le ministre de l'Agriculture Majzoub al-Khalifa, président de la délégation soudanaise aux négociations d'Abuja avec les rebelles du Darfour, a répondu: "Absolument pas. Cela n'a jamais traversé ni nos esprits ni nos cœurs". Le représentant de l'Onu à Khartoum, Jan Pronk, a pour sa part affirmé que la "situation ne s'améliore pas" au Darfour et que l'Onu "n'attendait pas de promesses, mais leur application concrète". Selon le New York Times, les Etats-Unis ont achevé un rapport préliminaire, basé sur quelque 250 interviews de réfugiés du Darfour par des enquêteurs américains au Tchad voisin, dénonçant des "atrocités persistantes et largement répandues" contre la population locale. * Optimisme prudent Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheith, s'est entretenu avant-hier soir à l'occasion d'une escale à Khartoum avec son homologue soudanais Mostafa Osman Ismaïl. Il a affirmé que les "Soudanais étaient optimistes, mais qu'ils attendaient avec prudence (le verdict de l'Onu) et une détente" dans la crise du Darfour, rappelant que l'Egypte souhaitait que "plus de temps" soit donné à Khartoum. Pronk doit fournir au secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, les éléments du rapport que ce dernier doit présenter la semaine prochaine au Conseil de sécurité. Il a affirmé qu'"à Khartoum, nous entendons beaucoup de bonnes paroles, mais que la situation au Darfour n'a pas beaucoup évolué", en rappelant les quatre conditions qui, selon lui, doivent être remplies par le Soudan pour échapper à d'éventuelles sanctions internationales: 1/ Désarmement et cantonnement des djandjawids et présentation à l'Onu des listes de coupables de crimes au Darfour. 2/ Eloignement des forces armées régulières (hormis la police) des camps de déplacés dans la région. 3/ Pas d'entraves au travail des organisations humanitaires chargées des secours dans les camps. Cette condition est remplie depuis début juillet, selon les organisations humanitaires. 4/ Poursuite des négociations avec les rebelles du Darfour pour une solution politique de la crise "quelles que soient leurs difficultés" et "quelles que soient les conditions". * Négociations laborieuses Des négociations laborieuses ont repris à Abuja entre Khartoum, d'une part, et le Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM) et l'Armée de Libération du Soudan (SLA), d'autre part, mais les protagonistes ne sont pas encore parvenus à s'entendre sur le menu des pourparlers. Khartoum souhaite le cantonnement des groupes armés rebelles dans des zones précises, ce qui, selon lui, faciliterait le désarmement des milices progouvernementales. Mais les rebelles refusent le cantonnement.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com