Sadr quitte le mausolée d’Ali mais refuse de rendre les armes : Un échec pour Allaoui





•Un GI tué à Falloujah, un autre à Mossoul Le chef Moqtada Sadr et ses partisans ont évacué hier le Mausolée d'Ali à Najaf désormais sous le contrôle du grand ayatollah Ali Sistani, mais ont refusé de rendre leurs armes aux autorités irakiennes comme l'exige le gouvernement intérimaire. Le Quotidien - Agences Tôt vendredi, les haut-parleurs du mausolée ont diffusé un appel de Moqtada Sadr ordonnant à ses partisans de "quitter l'édifice". Peu après, le mausolée, vide de pèlerins et de l’armée du Mehdi, était officiellement restitué à la Marjaïya, la plus haute autorité religieuse chiite représentée par l'ayatollah Sistani, qui en avait été chassée il y a cinq mois par l'Armée du Mehdi de Sadr. "Moqtada Sadr a officiellement transmis le mausolée à la Marjaïya", a déclaré cheikh Hassan Al-Husseïni, un membre du bureau de Ali Sistani. Le jeune chef avait accepté la veille au soir l'initiative de paix de l'ayatollah Sistani, figure emblématique des chiites d'Irak, qui prévoit notamment "le désarmement des villes de Najaf et Koufa et le départ de tous les éléments armés de ces cités qui ne doivent plus jamais y revenir". * Les armes seront gardées Le texte ne fait pas mention d'une remise des armes aux autorités, ce que l’armée du Mehdi refuse de faire. Après leur départ du mausolée, dont les portes ont été fermées, ils ont remisé leurs lances-roquettes, mortiers ou mitrailleuses dans des caches et emporté leurs kalachnikovs dans des sacs en plastique. "Ils vont cacher leurs armes mais ne vont pas les rendre à la police ou à l'armée irakienne", a affirmé cheikh Ahmad Chaïbani, porte-parole de Moqtada Sadr. "Les Américains pensaient exterminer l'Armée du Mehdi mais nos combattants sont toujours là", a-t-il ajouté. De son côté, Sabah Kadhem, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a indiqué à l'AFP que les partisans de Sadr "doivent rendre leurs armes" aux autorités comme l'a exigé le gouvernement. "Nous devons débarrasser le pays des milices armées", a-t-il ajouté. Le plan de paix de l'ayatollah, accepté par le gouvernement intérimaire, stipule également que les policiers irakiens doivent assurer la sécurité à Najaf et que les forces américaines doivent la quitter, ce qu'elles avaient fait hier après-midi. Des chars américains et des blindés qui se trouvaient dans la rue Rassoul, à environ 200 mètres de l'entrée sud du mausolée, sont repartis quelques heures après l’évacuation du Mausolée d’Ali. Des gardes nationaux (auxiliaires de l'armée) avaient de leur côté pris position autour de la vieille ville et des policiers étaient déployés tout autour du mausolée, notamment devant l'entrée. Le gouvernement irakien semble ainsi avoir échoué après trois semaines de violents combats à arracher le désarmement de l’armée du Mehdi qui constituait sa principale exigence avec son retrait du mausolée de l’Imam Ali à Najaf (Centre). * Des corps calcinés Au moins 25 corps dont la peau était noircie et gonflée, gisaient dans la cour du tribunal de Sadr à Najaf, a constaté un journaliste de l'AFP. Les corps avaient été transportés dans la cour par les policiers et des Gardes nationaux après avoir été découverts dans les caves du tribunal, situé dans la vieille ville, près du mausolée, selon la police. Une odeur insupportable se dégageait de la cour, selon le correspondant de l'AFP. Le dernier point de l'initiative de Sistani stipule que "tous les partis et mouvements politiques, sociaux, idéologiques font partie du processus" devant conduire aux élections générales de janvier 2005 et "doivent créer un environnement propice à ce processus". Cette formulation ambiguë ne contraint en rien Moqtada Sadr, qui affirme diriger un mouvement idéologique, à transformer celui-ci en parti politique et à participer au processus politique comme l'avait également réclamé le Premier ministre Iyad Allaoui. * Un GI tué Un soldat américain a été tué et un autre blessé hier lorsque leur camion s’est renversé près de la ville de Falloujah a annoncé l’armée américaine. Quelques heures plus tard, l’aviation américaine à bombarder des positions de la Résistance après avoir été la cible de tirs. Par ailleurs, un soldat américain a été tué hier à Mossoul (nord) par l'explosion d'une voiture piégée au passage d’un convoi militaire américain, a-t-on indiqué de source médicale. Dans la foulée douze soldats américains ont été blessés hier lors de trois attaques contre des patrouilles américaines dans le centre de Bagdad, a annoncé l’armée américaine qui ajoute avoir arrêté huit suspects. «La première attaque est survenue lorsque des forces anti-irakiennes ont lancé huit grenades à main en direction d’une patrouille américaine, faisant cinq blessés», selon un communiqué de l’armée américaine. «Une heure plus tard, cinq autres soldats ont été blessés lorsque deux grenades à main ont été lancées en leur direction», selon la même source. Peu après, deux autres soldats ont été blessés par l’explosion d’une grenade, selon l’armée américaine. Un membre du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak ( CSRII) et un religieux chiite ont été assassinés par balle dans deux attaques différentes près de la ville de Hilla (10 km au Sud de Bagdad), a-t-on appris hier auprès de la police.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com