Jeunes et «Arrafa» : A défaut de clairvoyance, le recours à la voyance?





Le monde est plein de mystères. La vie pleine d’inconnus. Et l’on ne peut s’empêcher de nous poser beaucoup de questions. Questions qui tourmentent les jeunes qui sont à ce sujet plus vulnérables que les adultes. Ils s’interrogent sur leur avenir professionnel, sur leur vécu sentimental etc. Et ce sont les voyants et les voyantes qui en font leur miel. Tunis-Le Quotidien Plusieurs questions s’imposent quant à notre réalité sur terre. Le pourquoi?, le comment?… mais également le quand? rongent l’esprit de certains jeunes. Par curiosité, par inquiétude, par révolte, le Tunisien trouve que tous les moyens sont bons pour avoir des explications satisfaisantes à ce sujet. D’où son penchant à consulter les voyantes. Madiha K., étudiante de 25 ans, se trouve être très branchée sur la voyance. «Chaque fois que je ne me sens pas bien, que les choses marchent mal côté cœur ou côté professionnel je consulte ma voyante. Ce que je recherche chez elle est en fait des réponses à mes questions sur l’avenir, sur mon partenaire, sur ma vie. Quelques fois je sors de chez elle satisfaite et d’autres encore plus déprimée. En fait, je retrouve chez elle un certain équilibre psychologique qui me permet de me poser moins de questions à propos de mon vécu», explique-t-elle. Madiha dit avoir pris l’habitude d’aller consulter sa voyante. «C’est devenu un réflexe», dit-elle. Elle dépense beaucoup d’argent avec une périodicité presque mensuelle. Quant à W.B, fonctionnaire de 26 ans, il dit n’avoir jamais cru auparavant à ce «monde de sorcellerie», mais aujourd’hui il est en plein dedans. «Depuis que j’ai eu une déception amoureuse, il y a deux ans, je n’arrête pas de consulter des voyants pour récupérer ma fiancée ou du moins comprendre les raisons de son départ. Je dépense un argent fou. J’en suis conscient, mais je ne peux plus m’en empêcher. Le monde de la voyance est réellement un monde parallèle. Celui qui y accède ne peut plus s’en sortir facilement. Aujourd’hui, je me pose plus de questions que jamais. Je crois même que j’en suis devenu malade psychologiquement. Le problème est que je retrouve un certain bien-être après la consultation. C’est presque une thérapie pour moi», ajoute-t-il. Face à ceux dont la patience ne tient qu’à un fil et qui n’hésitent pas à défier le destin pour infléchir le cours des choses, il existe ceux qui essaient par tous les moyens de ne pas sombrer dans ce monde de prédiction. Convaincue que rien ne se réalise sans la volonté de Dieu, Basma Gharbi, 20 ans, étudiante en 2ème année technicienne supérieure en justice, pense que ces voyants sont des charlatans, des arnaqueurs qui profitent de la faiblesse et de la souffrance des gens pour se faire de l’argent. «Je ne crois pas du tout au monde de la voyance. Je ne crois qu’en la volonté divine. Je peux comprendre que des gens aient des difficulté dans leur vie. Mais ce n’est pas en allant consulter des croyants qu’ils vont les résoudre», dit-elle. C’est l’avis de Houssine B, 29 ans, commandant de bord qui trouve que consulter un voyant est un choix de facilité. «Psychologiquement certains jeunes ont du mal à réfléchir sur leurs problèmes et à s’en sortir avec leurs moyens. Ils préfèrent de ce fait bénéficier d’une aide extérieure. Sauf que la voyance est le pire choix qui puisse exister», dit-il. Wissal Hasnaoui


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com