Taupe israélienne au Pentagone : Tel-Aviv tente de noyer le poisson





Israël a rejeté de nouveau catégoriquement, hier, les allégations d'espionnage à l'encontre des Etats-Unis, préférant y voir une affaire de politique intérieure américaine, qui vise directement le président George W. Bush. Le Quotidien-Agences Selon des informations diffusées ces dernières 48 heures par des médias américains, un responsable du Pentagone, Larry Franklin, aurait transmis à un diplomate israélien en poste à Washington, Naor Gilon, des informations confidentielles émanant de la Maison-Blanche sur l'Iran par l'intermédiaire de l'AIPAC (American-Israel Public Committee Action), le lobby pro-israélien aux Etats-Unis. Dans une interview à l’édition électronique du quotidien Maâriv, Naor Gilon a affirmé n’avoir rien à se reprocher. «Je n’ai rien à cacher et toutes mes activités s’inscrivent dans les normes et les procédures diplomatiques», a-t-il dit. "C'est une affaire qui va mourir de sa belle mort", a affirmé hier un haut responsable auprès de la présidence du Conseil, estimant qu'il s'agit d'un "complot" visant directement le président George W. Bush à la veille de la convention républicaine. Il s'agit, a-t-il précisé, "de présenter le président américain comme prisonnier et otage de conseillers juifs et néo-conservateurs" qui évoluent dans les cercles du pouvoir à Washington. Selon l'hebdomadaire américain Newsweek, qui cite un responsable du renseignement américain sous couvert de l'anonymat, "pour on ne sait quelle raison, ce type (Franklin : ndlr) déteste furieusement l'Iran". Larry Franklin, toujours selon Newsweek, fait partie d'un petit groupe de "faucons" pro-israéliens au Pentagone. * L’ami américain «Israël partage et échange des informations avec les Etats-Unis (...) et ne fera jamais rien contre son meilleur allié», a déclaré pour sa part le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom. Pour le chef du renseignement militaire israélien, le général Aharon Zeevi, ces allégations d'espionnage sont sans fondement. "Je peux dire en toute responsabilité que nous ne nous livrons pas à des activités de renseignements aux Etats-Unis", a affirmé le général Zeevi à la radio publique. "En fin de compte, il s'avèrera que tout cela relève d'une affaire intérieure américaine", a ajouté le chef des renseignements militaires. Le général Zeevi est le premier responsable officiel israélien a démentir personnellement et publiquement toute implication dans cette affaire. Jusqu'à présent les démentis ont été le fait de responsables ayant requis l'anonymat. Plusieurs ministres, notamment le vice-premier ministre israélien Ehud Olmert et le ministre sans portefeuille Meïr Shetrit, ont carrément qualifié ces révélations de "bluff". Le ministre chargé des relations avec le parlement Gidéon Ezra s'est de son côté déclaré "convaincu qu'aucun représentant officiel israélien n'a enfreint les instructions très strictes imposées depuis l'affaire Jonathan Pollard". "Selon ces instructions, les représentants israéliens ne doivent en aucun cas demander ou accepter de recevoir le moindre renseignement aux Etats-Unis", a expliqué Ezra. Jonathan Pollard, un juif américain ex-analyste de la marine américaine a été condamné à la prison à perpétuité en 1987 pour avoir fourni à Israël, de mai 1984 jusqu'à son arrestation en novembre 1985, des milliers de documents classés top secret sur les activités d'espionnage des Etats-Unis dans les pays arabes. * Bush visé Pour nombre de commentateurs israéliens, les premiers visés dans cette affaire sont, outre le président Bush, les proches du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et du vice-président Dick Cheney, à la fois pro-israéliens et instigateurs de la guerre controversée en Irak. La presse israélienne estime pour sa part qu'il s'agit d'une affaire "ridicule" bien que "potentiellement nuisible" aux relations entre les deux pays. "C'est d'autant plus ridicule", écrit l'éditorialiste du Yédiot Aharonot, Nahum Barnea, qu'il est "impossible de divulguer des documents portant sur la position de l'administration sur l'Iran, pour la simple raison qu'il n'y a pas de position américaine sur l'Iran".


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com