Les jeunes face à la critique : Une autre forme de la jalousie ?





Dans toute relation sociale, le moindre geste est analysé, pesé et soupesé par l’entourage. Les jeunes n’y échappent pas. Certains acceptent de bon cœur. D’autres n’admettent pas que leur miroir leur renvoie une image déplaisante... Tunis-Le Quotidien Généralement, pour pouvoir critiquer sans tomber dans l’attaque gratuite, il faut avoir une relation proche avec l’autre. C’est ce que pense Hédia Harzi, élève de 19 ans. «Je n’accepte pas les critiques. Je n’arrive pas à admettre que quelqu’un me critique sans être réellement proche de moi», dit-elle. Hédia accepte volontiers, les conseils mais l’attaque et les commentaires déplacés la rendent nerveuse : «Je perd tout contrôle de moi lorsqu’on émet un jugement sur moi. Toutefois, je préfère toujours qu’on me parle directement. Ce que je ne tolère absolument pas, c’est la médisance», ajoute-t-elle. «Celui qui critique, condamne» dit Bernanos. Béchir Chourou, étudiant en informatique, croit en cette vérité. «Je pense que tout être humain doit s’auto-critiquer. Je ne crois pas que les autres puissent être aussi sévères que je ne le suis avec moi-même. Toutefois, j’accepte que l’on m’oriente et me conseille, j’appelle cela de la critique constructive. Cela incombe en principe à mes parents. Ils sont les seuls à avoir le droit de me juger, de me sanctionner», dit-il. Béchir, sait différencier entre une critique et une manifestation de mépris et d’envie. «Certains viennent, gratuitement, me dire que j’ai tel ou tel défaut. Or, de leur côté, ils sont bourrés de défauts. Je prend dès lors leurs critiques pour une manifestation de jalousie. Quand on me juge d’une manière acceptable, je tolère. Ce qui est sûr, cependant, c’est que la critique fait moins de mal que la médisance et l’hypocrisie», conclut-il. Lotfi, 23 ans, étudiant, aime qu’on le critique. Pensant que si tout est conçu comme beau, ça ne peut être qu’une illusion dangereuse... «Nul n’est parfait. Nous avons tous des défauts. Si l’on ne se critique pas à quoi serviraient les relations interpersonnelles ?!, dit-il. Il déclare être toujours ouvert aux critiques, mais à condition que cela ne dépasse pas les limites. «Certaines personnes abusent des critiques dans le but de vexer et d’humilier. Donc, tout est relatif. Certes, j’accepte les critiques mais que cela soit mû par des raisons valables», ajoute-t-il. Hamdi 20 ans, étudiant, pense que les critiques ne sont pas des produits à consommer crus. «Les critiques ont un effet de choc. Puis, une fois seul, j’y repense, je révise tout et je pèse le pour et le contre. Une fois analysée et filtrée, je jugerai si la critique est constructive ou non. Je ne pourrai donc pas dire que j’accepte toutes les critiques», dit-il. Proche de ses amis, Hamdi leur donne le feu vert pour lui faire un signe s’ils remarquent que cela ne tourne pas rond chez lui. «Les personnes les plus proches de moi ont le droit de me corriger parce qu’ils me connaissent et ils sont sincères. Mais jamais, je ne pourrai accepter des critiques de la part d’un inconnu ou de quelqu’un que je connais à peine», conclut-il. Mohamed Ali, 20 ans, étudiant aime entendre toutes les critiques. «Je pense que les critiques sont la nourriture de l’esprit humain. Le parfait n’existe pas. Nous sommes dans une recherche perpétuelle de l’épanouissement. Quand notre comportement souffre de troubles, nous avons besoin de quelqu’un pour nous dire la vérité en face, car ce choc que nous recevons pourrait être un point de départ pour un nouveau souffle. En parallèle toute critique n’est pas bonne à prendre, elle dépend de la sincérité de l’interlocuteur», dit-il. Abir Chemli OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com