Irak : Course contre la montre pour sauver les otages français





• Douze otages népalais ont été égorgés La diplomatie française était engagée hier dans une course contre la montre pour sauver la vie de deux reporters français retenus en otages. Paris s’inquiète, et pour cause : douze travailleurs népalais qui étaient également retenus en otages ont été exécutés hier. Le Quotidien-Agences Christian Chesnot, pigiste pour Radio France, et Georges Malbrunot, envoyé spécial du quotidien Le Figaro, sont apparus, les traits tirés, sur une vidéo diffusée lundi soir par la chaîne qatariote Al-Jazira, pour dire que leur vie était en danger si la loi interdisant le voile islamique dans les écoles publiques n'était pas abrogée. "Nous exhortons le peuple français et tout Français qui connaît la valeur de la vie (humaine) à sortir pour manifester afin de réclamer l'annulation de la loi sur l'interdiction du voile parce que notre vie est en danger", a déclaré en anglais Georges Malbrunot, le visage mangé par une barbe de quelques jours. "J'exhorte les citoyens français à manifester contre cette loi et à demander son abrogation parce que c'est une loi inique et erronée. Si elle n'est pas annulée, nous risquons de le payer de notre vie. C'est une question de temps, peut-être de minutes et nous ferons partie des morts", a pour sa part déclaré Christian Chesnot. L'ultimatum de 48 heures lancé samedi soir à Paris, qui expirait lundi, a été prolongé de 24 heures, jusqu'à hier soir, par les ravisseurs, un groupe islamiste du nom de "l'Armée islamique en Irak", selon un communiqué de ces derniers, présenté par Al-Jazira. Toutefois, et selon Al-Arabiya, la libération des deux journalistes français est «imminente», citant des sources propres non-identifiées.Contractée par l’AFP, la rédaction d’Al Arabiya n’a pas voulu fournir de précision sur ces sources. Mais le comité des Oulemas musulmans a admit ne pas avoir pu entrer en contact avec les ravisseurs et a craint que cet enlèvement «n’aboutisse à leur exécution». * Ballet diplomatique Pendant ce temps, le ballet diplomatique français s'est poursuivi pour obtenir la libération des deux journalistes, retenus en otages depuis le 20 août. Une délégation du ministère français des Affaires étrangères multipliait les contacts en Irak, notamment auprès d'Organisations musulmanes. Elle avait rencontré des responsables du Comité des oulémas, la plus importante organisation sunnite en Irak qui réclame la libération des otages. Lors de cette visite, le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, a entendu hier lors de ses entretiens à Amman avec le roi Abdallah II et le ministre des Affaires étrangères Marwan Moasher, l’engagement de la Jordanie de faire tout ce qu’elle peut pour aider à la libération des deux journalistes français. Lors d’une conférence de presse, le ministre français des Affaires étrangères a ensuite répété un appel à leur libération. «Nous travaillons dans la discrétion, car c’est une garantie pour la sécurité et nous le faisons en nouant tous les dialogues et tous les contacts utiles pour faire comprendre notre message». «Au nom du respect de la vie humaine qui est au cœur du message de l’Islam et au nom de la raison, j’espère que tous ces messages seront entendus par tous ceux qui ont une responsabilité dans le sort de nos deux compatriotes», a souligné le chef de la diplomatie française. Dans la foulée, le général français Philippe Rondot, «expert de la diplomatie secrète», a été «dépêché en Irak» écrit le quotidien le Monde dans son édition d’hier , information que le ministère français de la Défense «ne confirme, ni ne dément». * 12 otages népalais égorgés Entre-temps, douze Népalais qui étaient détenus en otage en Irak ont été égorgés, a annoncé hier le site internet du groupe islamiste "Ansar Al-Sunna", proche d'Al-Qaïda. Le site, qui reproduit un communiqué du groupe ayant enlevé ces otages, publie aussi des images très crues de l'exécution et montre un cadavre dont la tête a été tranchée. Ce même site avait publié le 20 août un communiqué annonçant l'enlèvement de ces 12 Népalais, qui travaillaient avec les forces américaines en Irak, par un groupe islamiste jusque-là inconnu, le "commandement militaire de l'Armée d'Ansar Al-Sunna" (partisans de la tradition).


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com