Bourses et logements universitaires : Filles et garçons dans la même galère





A la veille de la rentrée universitaire, l’Office des œuvres universitaires connaît déjà une affluence massive de centaines d’étudiants qui se lancent dans une course contre la montre, tiraillés qu’ils sont entre inscription, hébergement et bourses d’études... Tunis - Le Quotidien Du côté de l’Office des œuvres universitaires pour le Nord (OOUN) situé au niveau de la rue de Palestine, à Lafayette, l’ambiance tend déjà à l’effervescence. Venus des quatre coins du pays, des centaines d’étudiants y affluent pour régler les formalités nécessaires en vue de bénéficier d’une bourse, d’un crédit, ou de s’offrir le luxe de se voir héberger dans un des foyers universitaires étatiques. Outre les retrouvailles des collègues de la faculté et la reprise de la vie estudiantine et ses préoccupations particulières, la rentrée universitaire rime aussi avec des difficultés de différents genres et les moments de crainte, surtout quand on se trouve, pour des raisons multiples, privé de l’argent, de la bourse ou bien obligé de chercher un logement dans les foyers privés qui imposent leur propre ordre. Les étudiants originaires des régions de l’intérieur du pays semblent être les premiers à reprendre avec cette course pénible et sans fin. Contraintes géographiques obligent, nombreux sont ceux qui prennent la destination des villes-pôles universitaires plusieurs jours à l’avance. Abdelaziz Hazzouk, étudiant en 3ème année électricité à l’Ecole supérieure des technologies informatiques, et originaire de Médenine qu’il vient de quitter depuis une semaine en fait partie. Il est sur les lieux pour déposer sa demande de renouvellement de bourse, et ... partir en quête d’un logement après avoir épuisé son droit à l’hébergement dans les foyers étatiques. Cet étudiant a mis l’accent sur le phénomène de la location des maisons par des propriétaires qui ne respectent pas les normes de base en matière de sécurité et d’hygiène quand ils aménagent ces habitations tout en exigeant en contre partie des prix «exagérément gonflés». Et ce jeune de souligner que «même les foyers privés dont le nombre ne cesse d’augmenter et dont les investisseurs bénéficient d’une multitude d’avantages très encourageants, tendent à faire fi des règlements qui régissent ce genre de prestations. Il faut arrêter d’exploiter les étudiants et de les prendre pour des individus qui acceptent d’être mal traités sous prétexte qu’ils n’ont pas de choix» martèle-t-il. * Les bourses pour qui ?! Pour sa part, Faouzi Abdelli, étudiant en sciences naturelles, estime qu’il reste beaucoup à faire malgré tous les efforts déployés en vue d’améliorer les prestations offertes aux étudiants. Ce jeune évoque le problème de la bourse universitaire. Il estime qu’on doit réviser les critères sur la base desquels sont accordés les bourses et les prêts pour les bénéficiaires. «Le revenu annuel des parents ne pourrait être considéré comme le premier critère dans la mesure où dans plusieurs cas il est très difficile, voire impossible, de déterminer la valeur de ce revenu surtout quand on a affaire à une profession libérale des parents», dit-il. Et cet étudiant d'évoquer, dans le même contexte, la question de la réduction de 20% du montant de la bourse à chaque fois que l’étudiant rate ses examens alors que les causes de cet échec peuvent être purement psychiques dues aux difficultés d’intégration et d’adaptation dans le milieu universitaire notamment au cours des premières années pour les nouveaux bacheliers. «A cet effet, il serait plus opportun d’étudier les causes de ces échecs dans leurs différentes facettes pour ne pas compliquer davantage la vie à ces jeunes qui souffrent déjà le martyre» propose-t-il. * Plus dur pour les filles La rentrée universitaire tend ainsi à être une véritable course à obstacles et le jeu devient encore plus pénible particulièrement pour la gent féminine. Dans ce cas aussi, nombre d’étudiantes se trouvent contraintes de se lancer dans le même marathon, à la recherche d’un logement. Olfa Ben Néja et Asma Gasmi, originaires d’un gouvernorat du Sud et étudiantes en classe terminale en langue arabe, ont débarqué à la capitale deux semaines avant le démarrage officiel des cours. Elles sont venues faire le tour des foyers privés à la recherche d’un logement acceptable et qui va avec leurs bourses. Ces jeunes filles soulignent cependant que «contrairement aux garçons qui parviennent malgré tout à s’adapter aux situations difficiles de l’hébergement, les filles, elles sont moins aptes à faire face à ce genre de contraintes». Et nos interlocutrices d’insister à cet effet qu’on devrait penser sérieusement à permettre aux filles de loger tout le long des années d’études dans les cités universitaires. Une proposition somme toute «légitime» mais qui risque toutefois de demeurer un souhait irréalisable en raison du nombre pléthorique des nouveaux étudiants qui ne cesse d’augmenter d’année en année. H.G


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com