Exportation des services de santé : Les professionnels au chevet de la qualité
Principaux exportateurs des services de santé et acteurs de premier rang de la nouvelle vocation de la Tunisie en tant que “destination santé” les établissements sanitaires tunisiens semblent néanmoins souffrir d’un problème de qualité. Tunis - Le Quotidien La Chambre syndicale des cliniques privés a organisé hier un séminaire sur “l’exportation des services de santé”. Le secteur de la santé qui a connu une évolution remarquable notamment au niveau des établissements privés est confronté de plus en plus à de multiples défis dans la mesure où il est désormais considéré comme une nouvelle source d’exportation des services. La croissance réalisée aussi bien sur le plan de l’infrastructure qu’au niveau des compétences des praticiens de la sphère médicale et paramédicale a permis à la Tunisie de se classer parmi les destinations de santé les plus en vue dans la région de la Méditerranée. Cette nouvelle image qui a pu être diffusée grâce aux prestations sanitaires offertes aux patients occasionnels parmi les touristes venus passer leur séjour dans nos murs, est aujourd’hui, selon l’avis des professionnels un acquis considérable qu’il importe de préserver. Et c’est dans cette perspective justement que s’inscrit ce séminaire consacré à “l’exportation des services de santé: Un défi ou un acquis? L’intérêt a été porté au cours de cette manifestation sur les grands axes sur lesquels doit reposer l’approche globale de la qualité pour partir avec succès à la conquête de nouveaux marchés. * La qualité fait défaut Au cours de ce séminaire, nombre de communications ont porté sur deux concepts majeurs sur lesquels ont été élaborés des projets de réforme et de mise à niveau de la qualité des services dans les établissements sanitaires. Il s’agit des concepts de l’accréditation et de la certification de ces établissements. L’expérience qui a été présentée dans ce sens par M. Alain Coulomb, directeur général de l’Agence française de l’Accréditation et l’Evaluation de la santé a permis de relever l’intérêt et la valeur ajoutée des démarches qualité-accréditations et évaluation des pratiques auprès des acteurs de soins notamment les praticiens, les établissements de soin, les patients et les assureurs. L’évolution de cette démarche dans le cadre de la réforme de l’Assurance-Maladie en France a permis la réalisation de bons résultats : 50% des cliniques en France opèrent sur la base d’une démarche de qualité globale. M. Coulomb qui a présenté une évaluation des pratiques des soins dans les établissements hospitaliers français a mis en exergue les apports et les limites d’une telle démarche pour les établissements hospitaliers. * 2/74 ! Si la moitié des cliniques françaises sont certifiées conformément aux normes de la qualité, leurs homologues tunisiennes sont toujours loin d’adhérer en masse à cette démarche. D’après Pr. Boubaker Zakhama, président de la Chambre syndicale nationale des établissements de santé privés, “Il reste beaucoup à faire sur le plan de la qualité pour parvenir à rehausser la valeur des prestations de nos cliniques au même titre que le niveau atteint en Europe”. Et le président de la Chambre syndicale de préciser dans ce sens que “parmi 74 cliniques formant la totalité des établissement de soin privés, on en compte uniquement deux (2) ou trois (3) qui sont certifiés ISO 9002, c’est-à-dire qui répondent aux différentes normes de ce système de certification”. Pr. Zakhama indique par ailleurs que nos cliniques exportent jusqu’ici leurs prestations vers les marchés voisins du Maghreb et qu’elles doivent, si elles souhaitent cibler davantage de patients des pays européens, s’inscrire dans la démarche qualité pour que la Tunisie soit une véritable destination de santé. A cet effet, la Chambre syndicale nationale des établissements de santé privés propose de mettre en place un programme de mise à niveau et de qualification du secteur privé de soins en incitant les opérateurs à adhérer à cette démarche. Hassen GHEDIRI

