De Najaf à Falloujah : L’Irak en ébullition





• Attente angoissée pour les otages français La libération de deux journalistes français retenus en otages en Irak se faisait toujours attendre hier malgré l'annonce d'un prochain dénouement heureux, alors que des centaines d'Irakiens ont manifesté à Najaf contre Moqtada Sadr, et à Falloujah contre les raids américains. Le Quotidien-Agences Les deux otages français sont "hors de danger et leur libération n'est plus qu'une question de temps", a affirmé cheikh Abdel Salam Al-Kobeissi, un dirigeant du Comité des oulémas musulmans, l'organisation la plus représentative des sunnites irakiens. Mais après des déclarations annonçant la veille la libération imminente des otages, un diplomate, parlant sous couvert de l'anonymat, s'est montré beaucoup plus prudent en affirmant que "la situation en Irak était telle" qu'un rien "pouvait faire capoter" les négociations. Le chef de la diplomatie française, Michel Barnier, se trouvait pour sa part toujours à Amman dans l'espoir de leur libération prochaine. L'enlèvement des Français a soulevé une vague de protestations sans précédent pour une telle affaire dans les pays arabes et musulmans. Le chef chiite Moqtada Sadr a à son tour lancé un appel à leur libération parce que "la France ne participait pas à l'occupation de l'Irak", même si elle était un pays "inamical à l'islam et aux musulmans", dans un prêche prononcé en son nom pour la prière du vendredi à Koufa (centre). Quelque 500 partisans de Moqtada Sadr assistaient à cette prière qui s'est déroulée à l'extérieur de la mosquée, bloquée par les policiers. * Koufa et Najaf bouclées Les entrées des villes de Koufa et de Najaf, distantes d'une dizaine de km l'une de l'autre, étaient également bouclées par crainte de "troubles après la prière à Koufa", selon un policier. C'était la première fois que le mouvement Sadr donnait un prêche à la mosquée de Koufa depuis la remise de ce lieu, ainsi que le mausolée de l'imam Ali, sous le contrôle du grand ayatollah Ali Sistani fin août. A Najaf, près de 300 manifestants avaient défilé plus tôt près du mausolée d'Ali, où l'Armée du Mehdi avait installé son quartier général lors des violents combats qui l'avaient opposée le mois dernier aux troupes américaines. "Moqtada, bas les pattes de Najaf !", scandaient les manifestants, tous des habitants de la Vieille ville qui a été dévastée par ces combats. * Manifestations à Falloujah Des centaines de fidèles ont également manifesté à la sortie des mosquées dans le bastion sunnite de Falloujah pour fustiger les raids américains quasi quotidiens contre la ville rebelle et protester contre la dissolution de la police. Les manifestants brandissaient des banderoles qui demandaient: "Qui sont les terroristes?" et scandaient: "Les raids aériens sont des actions lâches, descendez pour nous affronter sur le terrain". Jeudi avant l'aube, 20 Irakiens avaient été tués et six blessés dans un raid américain contre un repaire présumé de l'islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui à Falloujah. Toujours à Falloujah, quatre soldats irakiens ont té tués et six civils ont été blessés hier par des tirs d’artillerie. Selon des témoins les tirs provenaient de l’armée américaines. Par ailleurs, l'oléoduc reliant Kirkouk (nord) au port turc de Ceyhan était toujours en feu au lendemain d'un important sabotage qui a provoqué l'interruption des exportations de brut par le nord et le départ de 30 familles de la région, selon la police. Une bombe avait explosé sur cet oléoduc stratégique près de la ville d'Al-Ryad, à 55 km au sud de Kirkouk. Cet oléoduc avait été entièrement réparé le 14 août après une série de sabotages et sa capacité était de 600 à 800.000 barils par jour.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com