Filles garçons-manqués : Les jeunes analysent le phénomène!
Devant les lycées, elle parlent à haute voix. Dans les buvettes des facultés, elle s’assoient par terre, cigarette entre les doigts médisant de toutes celles qui débordent de féminité… Dans la maison ou dans la rue, elles font preuve d’insolence et d’arrogance… Cette catégorie de filles tiraillées entre leur nature de femme et leur comportement masculin pourraient refléter le malaise de tout un vécu… Elles sont facilement repérables, “les garçons-manqués”. Elles jouent dès leur plus jeune âge avec les garçons au ballon, à la toupie, aux billes et avec des pistolets. Une fois grandies, elles se coupent les cheveux, ne portent que des pantalons et regardent les films d’action… Un tel comportement est certes rare, mais il existe chez une catégorie de la gent féminine. Mise sous la loupe par les garçons, ces filles ne sont jamais admises en tant que “garçon”. Ahmed Elech, 18 ans, pense qu’à force de côtoyer les garçons, ces filles ont adopté des allures, des habitudes et des façons de vivre particulières. “En parlant avec ce genre de filles, je m’étonne de les voir défendre les causes féminines. En dépit de leur façon de s’habiller, de marcher, de parler… Elles sont très féministes! Je suppose donc que c’est une manière qu’elles ont délibérément choisie pour prouver qu’elles sont égales aux hommes”, explique-t-il. Le jeune élève pense en parallèle que la famille joue un rôle-moteur dans cette affaire. “Parfois les parents s’attendent à avoir un bébé de sexe masculin. Or ils n’ont que des filles. Sans aucune intention calculée, ils éduquent leurs filles comme si elles étaient des garçons. D’autres filles se retrouvent avec des frères et des cousins de sexe masculin et apprennent la violence, l’insolence et tous les défauts masculins. Une fois adolescentes elles en gardent des traces et se retrouvent bloquées dans une peau mixte “mi-fille mi-garçon…”, dit-il. Pour Adel Bouthouri, 26 ans, cadre moyen, le seul responsable du comportement masculin chez les filles c’est la famille. “La psychologie humaine est toujours liée à ce que l’on a vécu pendant l’enfance. Je pense à partir de ce constat, que ces “filles-garçons” ont vécu dans un environnement déséquilibré. Peut-être qu’elles ont vécu avec une mère maltraitée. Elles optent donc pour une allure de garçon pour se protéger de la gent masculine et pour éviter de vivre le même sort que leurs mères…”, dit-il. C’est la faute aux filles Héla, 20 ans, étudiante pense qu’une fille peut naturellement ressembler à un garçon et ce pour des raisons hormonales. “Certains déséquilibres hormonaux peuvent donner naissance à un comportement trouble chez la fille”, dit-elle. Par ailleurs, Héla pense que ce sont les filles elles-mêmes qui sont responsables d’un comportement hors normes. “Les filles ont des défauts spécifiques: jalousie, envie, médisance et magouilles sont des “spécialités féminines”. Je crois qu’une fille peut choisir de côtoyer les garçons et de leur ressembler, parce que souvent elles ont été blessées par des amies filles”, dit-elle. Quant à Kaouther, 17 ans, élève, elle est sûre que si une fille boude sa nature féminine c’est parce qu’elle se révolte contre les filles. “Je connais une fille qui, depuis son enfance, a été malmenée par ses copines et ses voisines. Au début, elle s’est renfermée sur elle-même, puis elle est devenue “garçon-manqué” et répète sans cesse qu’elle aurait aimé être un garçon parce qu’ils sont honnêtes!”, confie-t-elle. * Une question de fréquentation Dans les rues, il est devenu de plus en plus rare de rencontrer des filles portant des robes ou des jupes. Cela dit, personne ne peut dire qu’il s’agit d’un trouble comportemental, mais de là à ce que les filles perdent leur féminité cela prête à réflexion. Mohamed Mehdi, 21 ans, étudiant, pense que c’est un problème de fréquentation. “Les filles d’antan sortaient rarement. Celles de la génération actuelle vont aux cafés, en boîte, aux stades et sont très proches des garçons. Cette fréquentation massive des garçons a fait que certaines catégories féminines deviennent agressives, insolentes et ressemblent de plus en plus aux garçons. Certes , c’est bien de voir une fille ayant une personnalité assez forte, mais que cela provoque une dérive, c’est vraiment moche”, dit-il. Abderrazek, 21 ans, étudiant, croit que ces filles “souffrent d’un trouble d’identité” et d’un grand complexe. “Toutes les filles “viriles” que j’ai rencontrées ne sont pas …belles! Avec un visage fruste, elles se sentent inférieures aux autres filles. A mon sens, c’est là où réside le problème. Elles se voient donc mieux dans une peau de garçon. C’est comme si c’était une sorte de refuge pour cacher une partie d’elles-mêmes qu’elles détestent. Ces filles-là sont généralement très susceptibles et elles ont beau faire pour se cacher sous une apparence masculine, elles restent à l’intérieur fragiles et c’est cette fragilité qu’elles cachent en étant insolentes et dures…” Abir Chemli Oueslati

