Festival International de Carthage : Le bilan de toutes les controverses !

Le rideau est tombé sur la 40ème session du Festival International de Carthage. Cette édition, pourtant fidèle encore à sa vocation d’antan, a été comme à l’accoutumée riche en concerts, spectacles et en projections cinématographiques; elle a nourri, sur un autre plan, des commentaire et des critiques acerbes. Comment les mélomanes et les cinéphiles jugent-ils ce festival? Témoignages et bilan. A la question: Que retenez-vous de cette édition 2004 du Festival International de Carthage, que nous avons posée à certains des cinéphiles, venus suivre «La Passion du Christ», film projeté à l’occasion de la clôture de cette édition mardi dernier, les avis étaient partagés. Ceux ayant assisté aux grands concerts des chanteurs de renom jugent certains à la hauteur des attentes des mélomanes, d’autres par contre émettent des réserves quant à certains concerts et même sur quelques projections filmiques. Ahmed Yassine, un jeune originaire de la localité du Kram, fait partie des mélomanes qui ont suivi pas moins d’une quinzaine de concerts et de spectacles de cette édition du Festival International de Carthage. «Parmi les concerts qui ont retenu mon attention et qui ont même été l’agréable surprise de cette session, je peux citer la soirée de l’ouverture, mais également les concerts d’Amina Fakhet, le spectacle de Hédi Habbouba, et aussi ceux d’Alia Belaïd et d’Amrou Dhiab», témoigne le jeune mélomane. M. Walid technicien du son qui a assisté à toutes les soirées, pense pour sa part que, malgré la bonne prestation de la plupart des artistes tunisiens, le programme du Festival International est à revoir, surtout en matière de participation étrangère. Durant cette édition qui vient de prendre fin, il y a eu des artistes invités qui n’ont été que l’ombre d’eux-mêmes. Je cite entre autres Rosa Zaragosa, la troupe Flamenco d’Espagne, qui ont drainé seulement une poignée de fans», regrette M. Walid. Mais, objectivement parlant, de telles prestations ne sont pas de nature à diminuer la qualité de la participation étrangère, puisque des concerts mémorables ont été donnés aussi durant cette édition. Et M. Youssef Gargouri, un cadre rencontré à la sortie de l’amphithéâtre romain de Carthage lors de la soirée de clôture de citer: «La soirée musicale animée par Nour M’henna de la Syrie et Pascale Mechaâlani, ainsi que les concerts de l’Egyptien Amrou Dhiab ou du duo composé du Camerounais Manu Dibango et du Congolais de Kinshasa Ray Lima ou encore par le chanteur canadien Garou, ont sauvé toutefois l’honneur de la participation étrangère, durant cette édition 2004 du Festival International de Carthage» évalue M. Gargouri. Ajoutons au passage que ce ne sont pas les seuls concerts qui ont sauvé la face de la participation étrangère durant le festival. L’invitation d’une troupe française de techno, pour la première fois à Carthage, a permis aux organisateurs du festival de drainer un public de fans de ce genre musical, pour la plupart des jeunes. «Durant la soirée donnée par cette troupe le 20 juillet dernier, l’amphithéâtre romain était plein à craquer. Nous admirons beaucoup ce genre de spectacle» témoigne Slim, un jeune originaire de la Goulette. * Le cinéma étaitaussi à l’honneur Comme les concerts, les films projetés durant cette édition du Festival International de Carthage ont drainé un public de cinéphiles qui a connu des hauts et des bas. M. Karim, un cinéphile rencontré à l’occasion de la projection du film «La Passion du Christ», mardi dernier, a apprécié en effet la qualité des films projetés durant cette édition. Outre «La Passion du Christ» qu’il vient de suivre mardi dernier et qui, selon lui, a drainé le public cinéphile le plus important de cette édition, M. Karim explique que le film du célèbre cinéaste égyptien Youssef Chahine «Alexandrie-New-York» a été aussi l’un des plus remarquables longs métrages projetés durant cette édition. Mais à vrai dire, d’autres projections d’une qualité indéniable, à l’instar du film américain «Mystic River» ou «Le dernier Samourai», n’ont pas drainé le public cinéphile souhaité. * Que retenir? Quels que soient les commentaires et les critiques formulées à l’égard de certains concerts qui n’ont pas été à la hauteur, le Festival International de Carthage reste incontestablement le plus prestigieux et le plus quoté de nos festivals. Avec 29 concerts répartis sur 25 soirées, l’édition 2004 du Festival International de Carthage a été le plus riche de nos festivals d’été. Pas moins de 17 projections filmiques ont également été au programme durant cette session, ce qui constitue un record par rapport aux années passées. Toutefois, comme toute grande manifestation ou toute œuvre humaine en quête perpétuelle de perfection, il est à préciser que le programme a connu quelques légères perturbations - mais qui ne sont pas de nature à diminuer le prestige de ce festival. On peut citer entre autres, le concert de l’Italien Massimo Ranieri, invité de marque de ce festival, annulé à la dernière minute. Outre ce désistement, le programme qui comportait au départ 38 concerts et spectacles répartis sur 28 soirées, a enregistré d’autres absences de taille, notamment sur le plan de la participation d’artistes arabes. Parmi les artistes ayant ajourné leur participation, on trouve les deux Libanais Suzane Tamim et le prodige Houwaïda qui devaient se produire respectivement le 28 juillet et le 11 août. De son côté, l’Irakien Ridha El Abdallah et le Saoudien Abdelmajid Abdallah n’ont pu également effectuer le déplacement de Tunis, pour se produire au Théâtre de Carthage. Mais pourtant ces absences, pour quelque raison que ce soit, ne sont pas de nature à remettre en question la qualité des concerts et spectacles de cette édition, dont certains resteront à jamais gravés dans les mémoires. A retenir aussi l’excellente prestation du Théâtre national coréen et de la troupe égyptienne «Abdelhalim Nouira de la musique arabe». En fin de compte, l’édition 2004 du Festival International de Carthage est une session à part qui a enregistré toutes les formes de prestations, mais qui, de l’avis de nombreux mélomanes et fidèles de ce festival, reste d’un niveau moindre par rapport aux éditions qui l’ont précédées, en raison de la vocation commerciale qu’elle tend à prendre par rapport à celle culturelle. Pourtant, ces deux composantes doivent et peuvent être combinées de façon savamment intelligente pour le maintenir sur l’échiquier du show-biz arabe et international. Car il reste incontestablement l’une des plus grandes manifestations estivales d’Afrique du Nord, du monde arabe et de la Méditerranée. Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com