Montasser Tabbène Médaillé d’or en karaté aux J.M 2005 au “Quotidien” : «Le titre mondial est à ma portée»





Pour mesurer la portée de l’exploit réalisé aux Jeux méditerranéens d’Almer?a par le jeune Montasser Tabbène, il suffit de rappeler que le sociétaire du S.N n’est que le deuxième karatéka tunisien médaillé d’or aux J.M dans une édition organisée hors de notre pays. On se rappelle en effet qu’à Tunis 2001, la moisson du karaté fut belle avec trois médailles d’or apportées par Wissem Arfaoui (encore un pensionnaire du S.N), Monaem Hammouda et Héla Boudi. En effet, il faut remonter aux Jeux de 1993 et au mythique Jim Doula pour trouver trace de l’or méditerranéen loin des tapis de Tunisie. • Beaucoup de lecteurs connaissent mal le nouveau champion méditerranéen 2005 de karaté, poids moins de 60 kg. — Montasser Tabbène, né le 15 décembre 1982 à Nabeul. Je suis étudiant en 3ème année Education Physique à l’ISSEP de Ksar Saïd, champion de Tunisie Kata par équipes 1999, champion de Tunisie Kumité cadets 2001 et 2002, puis champion de notre pays juniors et seniors 2003. En 2003, j’ai participé aux championnats du monde juniors à Marseille. La même année, j’ai pris part à ma première compétition internationale seniors, l’Open de Carthage où j’ai pris la troisième place. Après une année quasiment blanche en 2004, j’ai été aligné il y a quelques mois à l’Open de Rotterdam qui compte pour la prestigieuse Golden League où j’ai été battu par un Italien vice-champion du monde. • On se croirait en face de Zina et Aziza, les deux inséparables, en vous voyant travailler sous les ordres de Fehri Ounaïes… — Oui, c’est d’abord mon oncle. Ensuite, c’est le sportif duquel j’ai tout appris et qui m’a ouvert les yeux sur un sport formidable, le karaté. Je lui dois tout, ma réussite et mon bonheur d’aujourd’hui… D’ailleurs, cette couronne méditerranéenne je voudrais la partager avec lui, avec mes parents, avec les entraîneurs Naceur Atrous, Sabeur Kriou, Gilles Chardieu et Néji Sidhom, avec le président de section dans mon club, M. Sahbi Sallem, avec le président de la Fédération, M. Béchir Chérif. Des remerciements particuliers à mes amis Anouar Ben Naceur, un nageur de l’élite nationale et Hannibal Jegham qui m’a beaucoup apporté grâce à son expérience, puisque nous avions longtemps partagé la même chambre en équipe nationale. • Si vous racontiez votre parcours jusqu’à la médaille d’or dans la ville espagnole d’Almer?a? — Au premier tour, j’ai facilement disposé du Turc Basturk, vice-champion d’Europe (6-1). Au tour suivant, j’ai eu fort à faire contre l’Egyptien M’hamed, auquel il était arrivé d’éliminer l’italien qui m’avait battu à l’Open de Rotterdam. J’ai donc disposé de M’hamed (2-0). Le 25 juin dernier, en finale, se dressait l’Espagnol Camacho, soutenu par le public local. Je l’ai emporté (9-1). Mais je dois préciser qu’à 55 secondes de la fin du combat, alors que je menais (3-1), Camacho écopa d’une sanction. Une pénalité de 6 points pour m’avoir agressé, m’occasionnant une entorse cervicale. D’ailleurs, tout récemment, j’ai porté une minerve. A la fin du combat, lorsque intervint la décision arbitrale sanctionnant mon adversaire espagnol, j’étais totalement dans les vapes. Je m’étais évanoui, et sur le podium même. Je n’avais pas totalement récupéré. Il faut dire que, porté par son propre enthousiasme et par l’encouragement du public, Camacho était presque dans un état second et n’arrêta de me porter des coups même après l’action irrégulière qui lui coûta la pénalité et la perte du combat. • Quels sont vos prochains objectifs? — Les J.M peuvent être une importante étape en vue du Mondial. Le mois prochain, il y aura les championnats d’Afrique en Angola où il faudra batailler ferme face aux solides Egyptiens, Sénégalais, Algériens et même Botswanais. En janvier 2006 il faudra aller chercher une médaille aux Championnats universitaires à New-York (Etats-Unis). Mon rêve, maintenant, est d’accrocher le titre mondial. Et, croyez-moi,ce rêve n’est guère chimérique puisque je connais parfaitement les grosses pointures contre lesquelles il m’est déjà arrivé de jouer: les Camacho, le Français Devi Dona… • Enfin, que représente pour vous le karaté? — C’est à la fois la passion de mon existence et un vecteur qui a construit ma personnalité. J’étais le petit Montasser sans grandes ambitions dans la vie. Ce sport m’a rendu le combattant qui veut toujours aller plus haut et plus fort, celui qui a l’immense privilège de défendre les couleurs de son pays. Pour tout dire, je dois tout au karaté. Recueillis par S.R. _____________________________ témoignage Son entraîneur Fehri Ounaïes : «Mon neveu a tenu coûte que coûte à suivre mes pas» L’entraîneur du champion méditerranéen 2005 à Almer?a offre la particularité d’être en même temps son oncle et son “guide”. Fehri Ounaïes, champion de Tunisie kumité entre 1988 et 1996, continue d’apporter sa précieuse expérience à son club de toujours, le Stade Nabeulien. Surveillant général au CHU de Nabeul, il trouve toujours le temps d’assouvir sa passion et d’encadrer les karatékas de la Cité des “Potiers” en compagnie d’Imed Nabli. “Depuis son jeune âge, mon neveu Montasser Tabbène exerçait sur moi un pressing constant : il voulait coûte que coûte suivre mes pas et devenir champion de karaté. Il avait le don et en même temps une folle envie de travailler sans arrêt. Son sérieux et son application l’ont mené très loin, malgré, devrais-je le rappeler, quelques crocs en jambe qui font à vrai dire le quotidien de cette discipline. D’ailleurs, c’est en partie à cause de ces petites manigances que Montasser connut une année 2004 presque totalement blanche”, indique Ounaïes qui puise ses techniques de formation un peu partout dans d’autres disciplines : “Le basket, la gymnastique, l’athlétisme et bien d’autres sports m’apportent de fertiles champs d’inspiration, souligne-t-il. Je suis resté en contact permanent avec le célèbre entraîneur français Serge Chauraqui qui n’a pas tari d’éloges sur le potentiel et les qualités de Montasser Tabbène”. S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com