Ahmed Khemis : Le sculpteur de l’espace





L’Algéro-tunisien Ahmed Khemis est le seul Maghrébin figurant au programme du Festival Montpellier Danse (FMD). Qui, avec «Echappée», nouvelle création, a confronté le côté physique et la chorégraphie dans le temple du hip-hop. Il a volé assez haut et de ses propres ailes. Nous l’avons rencontré à maintes reprises lors du FMD dans divers lieux de spectacles, comme le Corum, l’Opéra comédie, la Cour Les Ursulines, ou de loisirs. Souvent, entouré d’une pléiade de professionnels de la danse moderne, sous un parasol géant, en train de siroter un soda bien frappé. Il a fait très chaud, les derniers jours de juin à Montpellier, la capitale culturelle du Grand sud français. Ahmed Khemis était toujours égal à lui-même, décontracté sans être bavard. Se tenant comme une baguette sans être tendu. Il nous paru sûr de lui et sait bien ce qu’il veut. C’était la veille de son spectacle avec Odile Duboc, directrice du Centre chorégraphique de Belfort, baptisé «Echappée», une coproduction du FMD et de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), 2005. Cette création programmée dans la section «Le vif du sujet» (des expériences croisées entre le Nord et le Sud du Bassin méditerranéen) a été donnée les 1 et 2 juillet au Théâtre du Hangar (au début il était prévu à la Cour d’honneur de la légendaire Faculté de Médecine, il y a eu changement de salle à la dernière minute). Et notre danseur-chorégraphe n’est pas passé sous silence. Le lendemain tout le monde en parlait. De cette force tranquille, de ce jeune pape de hip-hop africain, une danse qui tire sa sève de la rue, «calligraphiée» dans la spontanéité, toute en acrobatie au gré de l’actualité très rythmée. Le lendemain, alors que nous étions de retour à Tunis, nous recevons un appel téléphonique de Frank Claustrat, maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’Université Paul-Valéry, Montpellier III et journaliste à la revue «Connaissance des Arts» (Paris), nous disant : «Cet Ahmed Khemis est impressionnant. Il est une valeur sûre dans le monde du hip-hop, et franchement, il ira très loin». Aussi, la critique régionale ou nationale française et internationale lui a réservé pas mal de colonnes et de commentaires, dans les jours qui ont suivi. Né il y a 26 ans dans une famille modeste à Mellassine, un quartier populaire de Tunis, Ahmed Khemis a roulé sa bosse et déroulé ses gestuelles un peu partout. En se produisant dans des courts passages à la télé, ou dans quelques festivals régionaux, grâce notamment à Syhem Belkhodja, directrice des Rencontres chorégraphiques de Carthage, qui lui a donné sa chance au sein de son Sybel Ballet où il a été formé. Actuellement, il est en formation au Centre national de danse d’Angers (France). Quand il a donné son spectacle «Djan-Djo» avec Salia Sanou et Seydou Boro, dont la partition est écrite par Odile Duboc, le public a énormément apprécié. Tout comme le public tunisien qui l’a longuement applaudi dans «Voyage des poussières», sa création 2005, qu’il a interprétée et chorégraphiée. C’était le 6 mai au théâtre El Hamra dan le cadre des 4èmes Rencontres chorégraphiques de Carthage. Dans deux semaines, l’enfant de Mellassine rencontrera à Tunis, dans le cadre du Festival international de Carthage , tous ceux qui affectionnent la danse contemporaine. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com