Tabarka Jazz Festival : The feeling, first and only !





C’est sous une fine bruine que s’est déroulée l’avant dernière soirée de Tabarka Jazz Festival. Une belle ambiance, très romantique que les notes jazzy ont accentuée. Une soirée exceptionnelle avec Thomas Kaufman et Wolf Gang Reisinger de l'Autriche et Omar Sosa de Cuba qui ont fait tabac à la basilique. Sur les rythmes du jazz, les gouttelettes de pluie ont dansé et oscillé à droite et à gauche. Les lumières des projecteurs ont dévoilé les plus beaux tableaux chorégraphiques naturels. Il fallait dire que Dame nature a voulu marquer sa présence dans cette fiesta du jazz et pourquoi pas profiter de cette ambiance pour tester la volonté des artistes et l’amour que partagent ces divas du jazz avec le public. Dame nature avec ses sautes d’humeur habituelles a voulu mettre à l’épreuve cette passion pour le jazz. Petit à petit, les gouttelettes ont pris de la forme et les faibles averses sont devenues intenses plongeant le public dans un autre monde. Sans la pluie, le nombreux public a suivi, attentivement, le duo autrichien Thomas Kaufman et Wolf Gang Reisinger. L’un avec son saxophone et l’autre sur la batterie, ils se sont donnés corps et âme sur la scène de la basilique. Ce plaisir de jouer nous a été communiqué par des regards enthousiastes et par de beaux morceaux basés, essentiellement, sur l'improvisation et sur le mariage du jazz avec quelques notes africaines. “C’est pour la première fois qu’on se produit dans un pays arabe”, nous a déclaré le saxophoniste. Et au batteur d’ajouter: “Je trouve que c’est très agréable de jouer devant un public connaisseur comme celui qu’on a rencontré ce soir”. Dans ce bonheur intense, Dame nature a tenu à gâcher cette ambiance joviale et les pluies ont continué à tomber. On cherchait des affiches, des foulards pour se couvrir la tête, quelques couples se sont blottis l’un contre l’autre pour vaincre le froid ... Heureux d’accueillir, M. Mohamed El Aziz Ben Achour ministre de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine, le Dr. Jilani Daboussi a tenu à rendre hommage au public, “un public qui constitue toujours le capital de Tabarka et de ses festivals”, affirme le maire de Tabarka. * Sosa, l’enchantement Un magicien de la scène un vrai phénomène artistique à voir et à écouter. Il est pianiste mais il faut voir son piano avec lequel il a ajouté des “trucs” qui servent pour la percussion. En tenue africaine d’une couleur blanche, Omar Sosa impressionne avant même qu’il ne caresse les touches de son piano. De l’autre côté de la scène, trois autres artistes : percussionniste, batteur et guitariste d'origine africaine. Il est cubain et ils sont tous trois, africains. La musique de cette formation ne peut que traduire ces liens d’amitié et cette ouverture; c’est un peu de l’histoire de Cuba. Devant ces averses intenses et ce public attentif et “discipliné”, Omar Sosa, en levant les yeux vers le ciel n’a pu dire que “Allah Akbar” (Dieu est Grand). En effet, ces deux mots résument l’orientation musicale de cette troupe et détermine leur musique. Livré à son piano, Omar Sosa s’est éclaté offrant au public un bouquet de rythmes et de mélodies. Spiritualité, foi et croyance ont été les mots d’ordre qui rythment et harmonisent cette musique mêlant le jazz, la musique afro-caribéenne et la musique urbaine. En écoutant ses notes gaies qui émergent de son piano, vous avec l’impression de quitter votre chaise et de vous envoler vers d’autres cieux plus clairs, vers d’autres horizons plus larges. La musique n’est-elle pas, vraiment, ce remède pour les maux de l’âme, pour ses blessures? Omar Sosa et son trio sont un vrai régal pour les oreilles aussi bien que pour les yeux. Pour les oreilles ce n’est plus uniquement cette musique qu’ils présentent, mais aussi cette imitation originale des voix des animaux, une imitation qui vous plonge, directement, dans les immenses forêts cubaines, ou au cœur de l’Afrique. C’est dans ces racines afro-cubaines que s’élabore la musique d’Omar Sosa. “I Love Africa” nous a-t-il déclaré, soulignant son grand attachement à ce dialogue entre l’Afrique et Cuba. Enchanté par le public il n’hésite pas à mener une danse, à jouer avec son piano non plus avec ses deux mains mais avec son pied. Oui, avec son pied ! La chaleur du public et du concert a convaincu Dame nature à donner du lest : les forts applaudissements ont poussé les nuages loin de la basilique. Soirée mémorable où seul le feeling a été à l’ordre du jour. Imen ABDERRAHMANI ____________________________ Sosa en bref ! Né à Camagüey en 1965, Omar Sosa a étudié la percussion classique dès l’âge de quatre ans. De son école provinciale d’art, à l’école nationale de musique puis l’institut supérieur d’art de la Havana, Omar Sosa a étudié l’histoire de la musique occidentale et s’est initié aux percussions entre l’Equateur, l’Espagne l’Afrique et Cuba. C’est avec le producteur Scott Price qu’il s’est envolé vraiment sur les grandes scènes. ____________________________ D’ici et de là Le ministre de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine, M. Mohamed Aziz Ben Achour, a assisté à tout le concert manifestant son grand intérêt pour Tabarka Jazz Festival. Du côté du public, on voyait M. le ministre applaudissant à l’issue de quelques morceaux. - L’Association Tunisienne de lutte contre les MST et le sida a été au rendez-vous, devant la basilique, dans le but de sensibiliser le jeune public ainsi que les adultes des dangers des rapports sexuels non-protégés. Le petit ruban rouge, symbole mondial de lutte contre le sida, a été distribué aux artistes de cette soirée pour que tout le monde mène ensemble ce combat contre cette terrible maladie .


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com