Art de la marionnette Club Tahar Haddad : Des fantoches endurcies





Il tire ses marionnettes par le fil de la passion depuis quasiment 40 ans déjà. Abdelhak Khemir, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un marionnettiste émérite que le destin n’a pas tardé à récompenser. D’une, il a été primé par le Président de la République en 1995 pour la culture de l’enfant. De deux, il reste toujours entouré de ses marionnettes et d’enfants qu’il traite avec toutes les considérations. Cela lui vaut toutes les consécrations. Du 05 au 09 juillet, au Club Tahar Haddad, Abdelhak Khemir a animé un atelier de marionnettes qui a pris fin hier seulement avec une pièce de théâtre “Bahbouh, le copain des enfants”. Il s’agit, d’après le concepteur de l’œuvre théâtrale d’un travail d’improvisation qui aide les enfants à s’exprimer et à être aiguillonné par “Bahbouh”, un personnage loufoque et en même temps rationnel! La semaine d’animation pour enfants a donné à voir une exposition de marionnettes ayant fait l’objet de manifestations culturelles diverses lors de la carrière de Abdelhak Khemir. Ce sont notamment les personnages de l’émission “Sois mon ami” (Kon Sadiki) présentée en 2001 sur Canal 7 qui refont surface, cette fois dans cette exposition. Des personnages rigolos, faciles à triturer avec les menottes des enfants. Les enfants ont eu droit aussi à une formation dans l’art de la préparation des masques et déguisement. Mais surtout à s’adonner à l’art de la marionnette qu’ils actionnaient à la main en y apposant un texte de leur propre imagination. A une question qu’on lui a posée, Abdelhak Khemir nous a parlé de “l’art thérapie” qui aide les enfants à se réconcilier avec des injustices de cœur en s’extériorisant. Il en fait quotidiennement l’expérience depuis qu’il a eu son diplôme de l’Ecole nationale des Beaux Arts au milieu des années 60. Cela lui a valu un long stage en Allemagne fédérale pour rentrer par la suite en Tunisie et enseigner à l’Ecole supérieure des cadres de l’enfance (Carthage Dermèche) et à Bir El Bey. Entre-temps, il a participé à la création du Centre national des arts de la marionnette. Aujourd’hui, Abdelhak Khemir se retrouve satisfait et à la fois comblé. Il est satisfait pour avoir fait une carrière artistique et professionnelle valorisante et comblé car il se sent dans son élément, évoluant dans son fief: le monde infantile qu’il n’espère pas un jour quitter. “Je veux rester un enfant”, nous dit-il. En fait, les figures en carton et en bois et les frimousses innocentes des enfants le gardent de l’épouvante du monde adulte. La discussion brève et intense avec ce montreur de marionnettes nous a fait songer, par ailleurs, à la marionnette d’antan. Notamment, celle de la Turquie ottomane, où le personnage du Karakouze exprimait la réaction du peuple face à la répression. Ce n’est pas, en effet, l’intention de Abdelhak Khemir, lui qui actionne ses jouets pour traduire parlotes en sourires et en éclats de rire. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com