Partage des biens entre conjoints : Les jeunes préfèrent le chacun pour soi





Ils se sont connus. Ils se sont aimés. Ils comptent s’unir pour le meilleur et pour le pire... Une fois devant Monsieur le maire, ils doivent opter pour une seule alternative: le partage ou la séparation des biens. Un choix, qui semble-t-il, est décisif pour la vie commune. Qu’en pensent les jeunes ? Sont-ils pour ou contre la dissociation ? Tunis - Le Quotidien Qui dit mariage, dit vie commune et partenariat. En principe, celui qui choisit de s’unir sous les liens sacrés du mariage ne considère plus aucune différence entre lui et son partenaire. Or notre époque trop portée sur la matière mène nombre de jeunes gens à avancer à très petits pas avec un mot d’ordre: “méfiance méfiance”. Nizar, 24 ans, étudiant, s’est déjà fixé un choix: la séparation des biens. Pourquoi ? “Je pense que la séparation des biens protégera les... “arrières” de l’un et de l’autre. On a beau croire à l’amour, à l’entente... le mariage reste une entreprise à risque. Nul ne peut prévoir d’avance les chances de réussite de ce projet. Nombreux sont ceux qui n’ont été réellement démasqués, qu’après des années de vie commune. Chacun des deux partenaires a ses propres revenus et ses propres biens et il ne doit pas se sentir obligé de partager. Il faut dire que n’importe quel couple est apte à rencontrer des problèmes et des différends. Il se heurtera donc à des conflits et le pire des choses qui puisse arriver au sein du couple, c’est d’avoir des calculs de rentabilité”, dit-il. Foued, 17 ans, voit les choses autrement. Il perçoit le mariage comme un lieu sacré qui doit être au dessus de la matière et de toute considération. “Pour qu’un couple vit sans problèmes, les deux partenaires doivent s’aimer, s’entendre , se connaître et se respecter. Si tous ces facteurs sont réunis je ne cois pas pourquoi ils doivent opter pour une séparation des biens. En outre, presque toutes les femmes travaillent; la femme est un élément actif au sein du couple et elle partage avec son mari les charges du foyer. Or, c’est à l’homme d’assumer normalement seule cette tâche. Et puisqu’elle dépense de l’argent, elle a le droit de partager les biens de son mari puisque c’est en partie, grâce à son aide qu’il arrivera à s’octroyer une maison ou une voiture... Je pense par ailleurs que celui qui opte pour le partage des biens fait preuve de confiance et de bonne intention. Par contre, celui qui choisit la séparation ou encore qu’il doute d’un avenir commun et c’est grave”, dit-il. Mohamed Ali, 26 ans, opterait pour la séparation des biens. “Je pense que ceux qui choisissent la séparation des biens montrent dès le début qu’ils ne sont pas avides des richesses de l’autre. D’ailleurs, je crois parfaitement à l’adage “les bons comptes font les bons amis”. Quand l’argent s’en mêle, il engendrera forcément des conflits. L’un ou l’autre doit léguer une partie de ses biens de son plein gré et non pas parce qu’il se sent obligé. En outre, un couple risque de ne pas s’entendre et cela peut mener au divorce... Les choses seront beaucoup plus compliquées si les biens sont communs”, dit-il. Mohamed Sedki, 25 ans, étudiant pense la même chose. Il croit que personne ne peut prévoir ce qui arrivera au sein du couple. La séparation des biens protégera l’un et l’autre. “J’ai un proche parent qui s’est marié suite à une histoire d’amour. Il a légué ses biens à sa femme. Après 25 ans de vie commune, ils ont divorcé. Il s’est rendu compte qu’elle a tout vendu, elle a emmené ses deux enfants et elle est partie aux Etats-Unis. Cette histoire m’a beaucoup marqué. Je ne pense pas pouvoir faire confiance à une femme. La séparation des biens est la meilleure manière de se protéger contre les éventuels coups du destin. Pour qu’un couple évite les problèmes, il vaut mieux procéder selon le chacun pour soi”. Certes, étant l’homme, je suis redevable de prendre en charge ma famille, mais je ne suis aucunement redevable de partager mes biens. Je ne penserai à aucun moment non plus à partager les biens de ma femme. Cela fera sûrement moins de dégâts”, dit-il. Décidément le pour et le contre sont des arguments défendables. Le partage ou la séparation des biens reste en fin de compte une simple formalité. Ce qui compte vraiment c’est l’intention de l’un ou de l’autre. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com