Actes de vandalisme : Les jeunes dissèquent le phénomène





Des arbustes et des fleurs sont cruellement écrasés dans les jardins publics. Du gazon et des plantes dans les grandes places publiques sont piétinés. Des inscriptions sont griffonnées sur les murs des stations des bus, des métros et des trains… Des graffitis obscènes sont charbonnés aux portes des établissements scolaires. La majorité de ces actes irresponsables sont commis par des adolescents! Pourquoi de tels comportements, le moins qu’on puisse dire, inacceptables? Témoignages. Tunis-Le Quotidien Nombre de jeunes donnent l’impression d’être sages comme des images quand ils sont chez eux. C’est seulement en pénétrant dans leurs chambres que l’on ressent qu’il y a vraiment quelque chose qui cloche: désordre, saletés… Vraisemblablement, ces “pseudo-kamikazes” se transforment en de véritables trouble-fêtes une fois libérés de tout contrôle. Une dilapidation excessive des biens publics et une sorte de vandalisme inadmissible. Mais pourquoi donc? Que cherchent-ils à prouver? N’ont-ils pas la moindre notion de préserver les biens publics et les richesses naturelles? Moëz, 15 ans, condamne ce genre de comportement. Il conçoit les biens publics comme un bien sacré qu’il faut absolument préserver. “Le bien public est mon bien, le bien des autres et le bien de tous les Tunisiens. C’est complètement aberrant et irresponsable d’agir de la sorte. Je pense que ces personnes-là vivent une sorte de frustration et ils ont sûrement dû être contrariés ou peut-être même agressés durant leur enfance. Cela traduit peut-être leur tendance à gaspiller et c’est aux parents de surveiller davantage le comportement de leurs progénitures”, dit-il. Jihed, 18 ans, partage l’avis de Moëz. Il pense que les actes de vandalisme sont à blâmer. “Les biens publics sont notre capital à tous. Il faut absolument le préserver, c’est d’ailleurs une manière de garder un bien pour nous tous et garder une bonne image de notre pays. Toutefois, les auteurs de telles pratiques sont, à mon sens, des personnes qui couvent un grand complexe. Ils veulent se faire remarquer. Ils ont certainement connu des échecs sur plusieurs points et c’est la raison pour laquelle ils cassent, brisent, piétinent et inscrivent des graffitis un peu partout… histoire de compenser leur échec et manifester leur révolte. A mon sens, la préservation des biens publics doit être inclue dans le programme scolaire pour toucher les jeunes”, dit-il. Aymen, 15 ans, croit que de tels actes traduisent un énorme complexe d’infériorité. “A mon sens, ces gens-là sont psychologiquement malades. Ils passent par une crise identitiare et sont extrêmement influencés par un way of life occidental. Or, les jeunes Occidentaux sont partisans de sectes et croient aux messages qu’ils inscrivent. Ce n’est pas du tout le cas chez les jeunes Tunisiens qui écrivent des messages qu’ils ne comprennent pas. D’autres se contentent d’écrire leurs noms… Cela doit être probablement leur seule chance de laisser une trace. Il y a aussi ceux qui mettent des cœurs et des initiales… cela doit être la force de la passion qu’ils ne peuvent pas dévoiler autrement”, dit-il. Hamza, 15 ans, est du genre… narcissique. Il conçoit un bien public d’une manière propre à lui. “Un bien public est, entre autres, mon propre bien. J’ai l’habitude de griffonner mon nom là où je passe. Dans ma chambre, sur mon siège à l’école, sur le siège du bus, ou sur le mur de la station. J’aime laisser mon empreinte. Toutefois, je ne vois pas où est le mal?! Je ne suis pas vandale pour autant je ne casse pas, je ne brise pas, je ne piétine pas. Je me contente de graver mon nom ou de faire quelques graffitis… Ce n'est pas aussi méchant», dit-il. Presque tous les jeunes plaident non coupables et même ceux qui ont été auteurs de ces graffitis ne pensent pas agir de manière nuisible. Et pourtant, là où ils passent, grand nombre de jeunes laissent des traces. Des traces qui n’ont rien d’esthétique. Pire encore : ceux qui éprouvent un plaisir énorme à casser les vitres des moyens de transports en commun et qui jouent à dévisser ou à égratigner les sièges, ne semblent pas du tout conscients des conséquences de leurs actes. N’est-ce pas de notre devoir de fonder et de préserver au lieu de détruire? N’est-il pas de notre devoir de préserver une Tunisie toujours belle à voir? Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com