Qu’est ce qui fait jaser les jeunes en été ?





Papa poule ... et la bonne humeur détale L’été est synonyme de “farniente”, de veillées et de loisirs, surtout pour les jeunes. L’idéal pour eux est de profiter pleinement des vacances sans avoir à leurs trousses des parents-contrôleurs qui mettent sous la loupe leurs moindres gestes. Nombre de jeunes sont dès lors contrecarrés par une autorité parentale un peu trop rigoureuse et de manque de moyens qui s’inscrivent en porte-à faux par rapport à leurs besoins en matière de loisirs. Qu’est ce qui fait justement jaser les jeunes en été? Tunis - Le Quotidien Grosso-modo les jeunes ont horreur d’avoir des comptes à rendre à quelqu’un. Une fois l’enfance dépassée, tout ce qu’ils souhaitent le plus c’est d’être traités en adultes responsables et dignes de confiance. En outre, il est très difficile pour un parent d’admettre que son enfant revendique une marge plus vaste de liberté ... Cela devrait, en principe, leur donner le sentiment d’une “retraite” très précoce du rôle parental. Cette réalité semble révolter davantage une tranche juvénile en quête de sensations fortes surtout en été. Marouane, 18 ans, trouve qu’il n’a pas ce qu’il mérite ... Ce jeune qui travaille dur durant neuf mois pense qu’il a le droit de se divertir à fond, durant l’été. “Le problème avec mes parents, c’est l’argent. Ils trouvent qu’ils m’assurent déjà tout ce qu’il me faut : de quoi m’habiller, me nourrir et étudier. Pour avoir de vraies vacances, je dois m’assumer tout seul. Ils me répètent sans cesse que je dois travailler durant les vacances d’été pour mériter des “vacances”, dit-il. Marouane croit qu’il a bien eu sa dose de “stress” durant l’année scolaire et pense qu’il disjonctera si jamais il à travailler durant l’été. “Hélas, la majorité des familles tunisiennes n’ont pas la culture des loisirs et ne conçoivent pas que même un jeune peut vivre des moments dépressifs et stressants. Ils pensent que les loisirs sont secondaires et que la vie d’un jeune se limite aux études. Je n’arrête pas de leur dire que tout être humain a besoin de s’évader par moments pour repartir du bon pied. Pour finir je dirais que je râle sur mon droit aux loisirs et aux divertissements”, dit-il. Mohamed Elyes, 18 ans, a un problème du même genre. Le jeune homme rêve ne serait-ce que d’un seul été où il pourra profiter des vacances estivales, mais apparemment, cela lui est impossible. “De vraies vacances sur une côte, cela ressemble de plus en plus à un rêve impossible à réaliser ! Mes parents n’ont pas les moyens qu’il faut pour nous payer de vraies vacances. Du coup, pour me divertir, je dois me contenter de me rendre aux banlieues. Et là, il y a autre problème : les moyens de transport sont un véritable calvaire, surtout le soir, je rentre donc plutôt tard et par conséquent, je dois écouter le sermon de tous les jours ... Mes parents me font un scandale, me traitent d’irresponsable, etc . En outre, quand j’essaye d’éviter leur colère, je suis obligé de rester dans le centre ville de Tunis. Or, au centre ville, c'est vraiment le “circulez, il n’y a rien à voir” ! Il n’y a ni animation ni loisirs, ni quoi que ce soit pour se divertir à part les cafés. Dans ses conditions, je crois que j’ai le droit de me plaindre parce que la saison estivale est toujours ratée d’avance pour moi”, dit-il. Oussama, 17 ans, élève est comme tous les autres. Il rêve de vacances au bord de la mer et de quelques veillées en bonne compagnie. “Je n’ai jamais été dépité à l’idée de faire des “comptes rendus” détaillés à mes parents. Il est tout à fait normal qu’ils veulent connaître où j’étais et avec qui. Je suis bien leur fils et sous leur tutelle! Par contre, ce qui me rend malade, c’est quand ils me répètent sans cesse qu’ils n’ont pas les moyens de nous offrir des vacances. Je râle, mais je me rends à l’évidence ! Les loisirs coûtent vraiment cher et je sais qu’ils ne peuvent pas réellement nous offrir de vraies vacances. Je dois donc m’armer de patience et passer l’été à combattre le ... “raid” des moustiques et la chaleur excessive de l’été. Certes, on passe parfois des journées à la plage, mais ce n’est pas le genre de vacances auxquelles je m’attends”, dit-il. Certes, les loisirs coûtent cher et c’est ce qui dérange la majorité des jeunes qui ont réellement, besoin de vraies vacances, mais le problème réside, entre autres, dans une culture tunisienne qui n’est peut être consciente de notre besoin en matière de loisirs. Une bonne gestion du budget familial dès la rentrée et une diminution des frais inutiles de nos fêtes interminables pourraient nous laisser de l’argent de côté pour les loisirs de toute la famille qui, disons-le, sont devenus une nécessité par ces temps où le stress fait loi ! Abir Chemli Oueslati


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com