Stars d’antan Abdelaziz Derbal : Le sport, une école de la vie!





Pour ceux qui ne le connaissent pas, Abdelaziz Derbal est l’un des plus brillants volleyeurs que nous avons eu le loisir d’admirer tant avec l’U.S.T.S, dans sa prime jeunesse, qu’avec le Club Africain ou en équipe nationale. Aujourd’hui, on peut dire qu’il symbolise la réussite puisque, outre sa carrière de sportif de haut niveau, il a mené à bon port ses études universitaires, occupant aujourd’hui un poste de responsabilité dans une société d’assurances. Voici le fruit de notre rencontre pour nos chers lecteurs: * Le Quotidien: Quel est, spontanément, la première chose qui vous vient à l’esprit en évoquant le volley-ball tunisien? — Abdelaziz Derbal: Je trouve que la dissolution de la section volley-ball du Club Africain est un véritable gâchis, une décision scandaleuse. Car durant plusieurs années, nous avons consenti des sacrifices énormes pour la créer et nous sommes parvenus en un laps de temps très court à la doter d’un riche palmarès. C’est vraiment malheureux de voir un grand club renoncer à une telle section. Ca fait très mal. * Vous avez débuté au sein de l’U.S.T.S, une équipe quasi-inconnue au départ? — Effectivement! Au départ personne ne connaissait l’U.S.T.S Mais grâce à des hommes dévoués et compétents, elle est devenue une véritable école de formation. Nous sommes entrés dans l’histoire grâce au titre de champion de Tunisie en 1972. C'était une grande équipe qui a sorti de grands joueurs! * Pourquoi l’avoir quittée alors? — Après mon bac, j’ai dû venir à Tunis afin d’y poursuivre mes études et j’étais donc contraint de faire la navette Tunis-Sfax pour jouer le dimanche avec l’U.S.T.S. A Tunis, je m’entraînais à l’Espérance avec Zizi Belkhodja comme entraîneur. Et pratiquement tous les volleyeurs de l’U.S.T.S étaient dans la même situation. C’était franchement usant! * Qu’avez-vous fait alors? — J’ai joué une saison à l’E.S.T avant de créer la section volley du C.A grâce à l’apport de M. Azouz Lasram. Et ce fut le coup d’envoi d’une riche aventure. * Vous avez aussi été international? — Durant une dizaine d’années, dont cinq en qualité de capitaine. J’ai mis fin à ma carrière internationale après les J.M de Split. J’y ai côtoyé trois générations. La première avec les Moncef Ben Soltane, Mustapha Annabi, Raouf Bahri, Naceur Bounatouf, ou Behi Ouaiel. La seconde avec les Lammouchi, Abdelaziz Boussarsar, Mohamed Ben Chikh ou Ezzeddine M’hadhebi et la troisième avec les Miladi, Zenaïdi, Rachid Boussarsar ou Janhani. * Quels étaient vos rapports avec le maillot national? — Nous entretenions des rapports d’émotions avec le maillot national. Je me rappelle des championnats du monde en 1970 en Bulgarie. Lorsque nous avions battu les U.S.A et qu’on avait levé le drapeau national accompagné de l’hymne, tous les joueurs avaient une boule au fond de la gorge et des larmes plein les yeux. Nous étions terriblement émus. A l'époque, il n’y avait pas d’argent mais on aimait notre pays et le volley. En outre, on avait d’excellents rapports entre nous. D’ailleurs, nous sommes restés de très bons amis. * Etiez-vous autant sollicité qu’aujourd’hui? — Absolument! On s’entraînait quatre fois par semaine. Les vacances et l’été étaient destinés aux stages et à l’équipe nationale et on disputait plusieurs compétitions comme les championnats d’Afrique, les championnats maghrébins, les championnats du monde… * Cela ne vous a pas empêché de mener à terme vos études universitaires? — Les études étaient très importantes. C’était un défi ç relever et Dieu merci, j’y suis parvenu au même titre que plusieurs de mes coéquipiers. C’est une question d’organisation. En rentrant à 21h00 chez moi, je n’avais pas la force de réviser mes cours. Alors, je me réveillai chaque matin à cinq heures pour le faire. Et cela a duré plusieurs années! Aujourd’hui, je ne vous cache pas que le souvenir d’un réveil est un véritable cauchemar. J’y suis devenu allergique! * Ce sont des sacrifices qui ont été payants? — Oui! D’ailleurs, on n’obtient rien gratuitement. En plus, à l’I.S.G, les études n’étaient pas du gâteau! * Et le volley d’aujourd’hui? — Par rapport à celui que nous avons connu, il a énormément changé. Les joueurs ont beaucoup d’avantages, disposent d’énormes moyens et d’excellentes conditions de travail. Autrefois, le football était prioritaire. Aujourd’hui, tous les sports bénéficient du soutien palpable de l’Etat. C’est là un énorme acquis. * Vous êtes aussi membre fédéral de la F.T.V.B. Et le six national a été décevant aux derniers J.M d’Almer?a? — Et pourtant, nous y avons battu les deux meilleures équipes, la France et l’Italie. Mais la blessure de Hfaïedh a tout chamboulé. * Le volley évolue-t-il dans notre pays? — Je le pense! Le nombre de licenciés augmente, celui des clubs affiliés aussi. Cependant, les petits clubs ont des difficultés à s’en sortir. C’est pour cela que les grands clubs qui disposent d’une base populaire et de plus de moyens doivent s’investir dans le volley. Lorsque j’entends que l’Espérance veut revenir au premier plan, cela ne peut que faire progresser la discipline. Et des clubs comme le C.S.S, l’E.S.S, le C.O.K ou la Saydia doivent soutenir à fond leurs sections volley. Il y va de l’évolution de ce sport dans notre pays. * Vous n’avez pas transmis le “virus” du volley à vos enfants? — Ma fille a évolué à l’A.S.M et a été internationale juniors et seniors avant de prendre du recul pour se concentrer mieux sur ses études. Mes autres enfants aiment seulement assister aux matches. * Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes sportifs? — Le sport en général requiert deux qualités essentielles: la persévérance et le sérieux. Sur un plan plus général, il faut être ambitieux car si on s’accroche, on peut réussir. En outre; le sport est très important car il est utile soit dans la vie personnelle, soit dans la vie professionnelle. Car il véhicule des valeurs éternelles comme l’esprit de sacrifice, la discipline, le respect des autres et la joie de la victoire, la maîtrise de soi dans les défaites. Le sport est une grand école de la vie! Abdellatif ______________________ Digest Abdelaziz Derbal Né le 27/10/1952 Marié, trois enfants. Clubs sportifs: U.S.T.S, E.S.T, C.A. International durant 10 ans Membre fédéral à la FTVB Directeur général aux assurances Maghrebia Président de Maghrebia Immobilière ______________________ Derbal vu par Ali Boussarsar Ali Boussarsar a été un joueur international puis fut et reste un coach dont la compétence est bien établie. Il nous a livré ses impressions sur Abdelaziz Derbal en disant: “Lorsque Derbal est devenu international, alors qu’il était encore cadet, il était le benjamin de l’équipe. On le choyait parce qu’il était aussi un garçon studieux et cultivé. Il s’est vite très bien intégré. C’était un joueur qui avait reçu une solide formation technique figurant parmi les meilleurs. Puis, lorsqu’il était devenu dirigeant, il avait fait appel à mes services pour entraîner le C.A où nous avions réalisé d’excellents résultats. Ensemble, nous avons de merveilleux souvenirs”.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com