Casting pour la Star Academy III : Le «Lebanese Dream» fait des ravages





Le jury de la sélection pour la Star Academy III est à Tunis du 17 au 19 juillet 2005. Des centaines de jeunes Tunisiens venus de tout le pays tentent depuis dimanche leur chance. Ils rêvent tous de partir à Beyrouth et décrocher le visa pour la célébrité. Tunis-Le Quotidien Les responsables de la Star Academy arabe ne perdent pas de temps. A peine la deuxième édition terminée, le casting à travers les pays arabes a repris pour la 3ème édition de la “Star Ac”. Depuis dimanche 17 juillet 2005, le jury est à Tunis. La sélection dure trois jours. La “dernière chance” est prévue pour aujourd’hui avant que les sélectionneurs ne s'envolent pour l’Egypte. Mais en attendant, de nombreux Tunisiens se sont rués vers un hôtel du Centre-ville, l’Africa Mouradi en l’occurrence, où ils ont la possibilité d’obtenir un visa pour Beyrouth. A la rue 18 Janvier, des dizaines de jeunes gens se sont entassés devant la porte d’entrée. Ils attendent sur des charbons ardents d’entrer et prendre l’escalier jusqu'au deuxième étage. C’est là que les choses sérieuses commencent. Dès la rue, on met les cordes vocales à l’épreuve. Pour cette deuxième journée de casting, les filles s’arment comme d’habitude avec des tenues très provoquantes et des make-up à la limite du mauvais goût. Beaucoup de couleurs, de décollés, de poitrines exhibées et de finesse artificielle. Un seul objectif en tête c’est de convaincre le jury quel que soit le moyen. Au deuxième étage, les candidats sont “éparpillés” dans le hall s’apprêtant à l’ultime phase de la sélection, à savoir se surpasser pour décrocher le “oui” du jury. Au bout de quelques marches, une grande salle de l’hôtel est réservée à tous ces jeunes gens qui remplissent le formulaire. Au fait, ils répondent à une multitude de questions relatives à leur vie sur tous les plans. Certaines foncent en étant sûrs de leurs réponses. D’autres ne savent pas quoi mettre par souci de perfection et surtout de peur de rater le test. “Est-ce que vous connaissez des magazines arabes? J’ai besoin de noms de revues”, lance un candidat. Une autre, un peu plus loin, demande qu’on lui propose trois titres de livres préférés. Elle ne lit jamais, donc elle doit se faire aider. * En quête de célébrité Ici, les candidats ne semblent avoir qu’un seul souci. Partir au Liban pour exhausser le rêve de la célébrité. Tous ont le même “Dream”. Mais au lieu de rêver des Etats-Unis comme ce fût le cas auparavant, c’est le pays du Cèdre qui obsède ces jeunes têtes. Héla a 21 ans, et Sirine en a 19. La première est une ex-secrétaire dans le cabinet d’un avocat et la deuxième est encore élève. Si la mère de Sirine s’oppose un peu à cette aventure parce que sa fille passera son bac l’année prochaine, la famille de Héla est tout à fait d’accord. “Pourvu que ça marche au casting”, dit-elle. Pour les deux filles, se joindre à la Star Academy III est un grand rêve. C’est un chemin ou plutôt un raccourci vers la célébrité. A côté d’elles, Raja El Gomdi, est, elle aussi, en train de remplir ce fameux formulaire. Avec ses vingt printemps, elle souhaite de tout son cœur pouvoir accéder à l’Académie. Elle vient de Kairouan pour tenter sa chance, soutenue par sa famille. Ce qui est étonnant, c’est que bon nombre de ces jeunes, sont des diplômés et des maîtrisards. Ils sont prêts à mettre leur carrière entre guillemets le temps de vivre le “nécessaire” à Beyrouth. Cette aventure incertaine et tributaire de plusieurs facteurs est pourtant considéré par la majorité comme prioritaire et plus importante que ce qui est essentiel jusqu’alors. En effet, Hayfa Habbej, vient récemment d’obtenir sa maîtrise de français. Sa voisine et désormais, sa copine Donia Ben Mansour, a terminé également cette année ses études de droit. Elles lâchent tout pour le moment dans le but de partir à ce qu’elles considèrent le “Hollywood des arabes”. C’est là-bas qu’elle pensent trouver la célébrité. Qu’importe si la maman de Hayfa par exemple ne soit pas du tout d’accord. “Elle est désintéressée par ce genre de programmes et préfère que je m’inscrive en DEA”, explique la jeune fille. Mais pour elle, c’est l’occasion à ne pas rater afin de “réaliser mon rêve d’intégrer le milieu artistique”. De plus, Hayfa adore le concept de Star Academy. “C’est un échange culturel magnifique”, pense-t-elle. Quant à Donia, rejoindre la Star Ac est une continuité pour elle qui est déjà inscrite au conservatoire à la Rachidia. D’ailleurs, étant hésitante à se présenter à ce casting, c’est sa mère qui l’a poussée à venir tenter sa chance. Toutefois, on constate que ces filles gardent en quelque sorte les pieds sur terre. Elles avouent que ce programme privilégie une dimension commerciale et ne constitue pas une garantie d’avenir au bout du compte. “C’est un phénomène de mode. Ce sont des gens qui nous tendent en fait une perche. Après, c’est chacun pour soi”, estime Hayfa. * A tout prix Parmi les candidats, nombreux font de ce type de casting une raison d’être et de vivre. Ils sont nerveux et appréhendent l’échec. Khaled Hraïri en est à sa seconde aventure. Ayant déjà participé à la sélection de l’édition précédente, il a été éliminé au Liban: “Je suis rentré choqué parce que je n’ai pas compris les raisons de mon élimination”. Il pense que sa voix vaut plus que celle de certains candidats qui ont été retenus pour la deuxième académie. C’est pourquoi, il se présente à nouveau. Son objectif est d’abord de paraître à la télé. Mais il veut surtout “faire plaisir” à sa mère. Khaled poursuit des études en musique dans une école privée et travaille comme “pizzaiolo” dans un hôtel à Djerba. Bref, ici tout le monde veut suivre les pas de Ahmed Chérif, Bahaa Kéfi et Amani Souissi. Ce sont leurs exemples de réussite et de célébrité. Car le succès c’est ça pour eux. Ils seront gênés de supporter la longue attente devant une librairie, une école ou un grand spectacle de qualité. Mais ils supportent toutes les contraintes et l’humiliation s’il le faut, rien que pour passer devant le jury. Les artifices et la culture du faux et du commercial pèsent de tout leur poids sur ces jeunes. Et ces derniers font le trajet de partout avec une confiance en soi impressionnante. Tous les moyens sont permis. La fin justifie les moyens et l’enjeu semble bizarrement en valoir la chandelle. Maryem KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com