Les jeunes et la frime : Ils préfèrent l’être au paraître





Durant l’été, certains comportements juvéniles relèvent parfois du délire. Bien fringués, bien gominés, bien maquillés, bien parfumés, ces jeunes cherchent avant tout à se faire remarquer. Ils exposent de manière ostentatoire tous leurs gadgets et ont une attitude de frime par excellence. Comment justifier un tel comportement? Tunis - Le Quotidien On pensait que la frime est exclusivement la spécialité des jeunes qui habitent les quartiers huppés et qui ont les moyens de pavoiser. Or, partout où on circule nombre de personnes jeunes et moins jeunes ne font pas dans la dentelle pour exposer leur manière de paraître. Les jeunes hommes qui appuient à fond sur les pédales, qui font hurler le moteur de leurs bagnoles même au feu rouge cherchent a priori à faire un effet surtout sur les filles. Sauf qu’il semble que l’écho est contre leur attente. Imen Boughanmi, 15 ans, est totalement contre la frime. “Les frimeurs sont généralement des personnes aisées qui ont les moyens de se montrer. Ce genre de comportements influe sur les autres. Du coup, les autres jeunes qui n’ont aucunement les moyens de s’habiller en Calvin Klein et de mettre de senteurs de Guerlin, font pressions sur leurs parents pour se sentir sur le même pieds d’égalité avec les autres. Résultat : ces jeunes moins aisés déploient tous les moyens pour paraître aussi “dans le coup” que les autres. Personnellement, je ne donne aucune importance à la forme, ce qui m’importe le plus c’est ce que l’être a dans le ventre donc le fond. D’ailleurs les frimeurs me paraissent vraiment des personnes vides qui compensent leur misère intérieure par des apparences et des conduites ostentatoires”, dit-elle. Moez, 15 ans veut juste avoir les moyens les plus élémentaires pour vivre comme les autres. Sans jamais penser à se vanter, Moëz veut être seulement présentable. “Les frimeurs sont des êtres vides qui croient au paraître beaucoup plus qu’à l’être. Je pense qu’ils nourrissent une sorte de complexe qu’ils compensent via la frime. Mais je ne peux pas leur en vouloir parce que la société toute entière est portée sur les apparences. Nombreux sont les adultes qui vivent avec de lourdes dettes juste pour satisfaire leur besoin en matière de frime. Moi, je vis selon mes moyens et je ne me ferais jamais prêter des fringues ou des gadgets rien que pour me vanter”, dit-il. Hamza, 16 ans procède aussi selon ses moyens, toutefois, s’il avait les moyens, il aurait fait comme les autres. “A l’école, dans la rue, dans les lieux de concentration, la frime existe. Certes, je ne suis pas frimeur, mais ce n’est qu’une question de moyens. Si on n’a pas le dernier des portables et un look d’enfer, on est aussitôt sous-estimé par les autres et considéré comme un vaurien. Les êtres humains sont hélas considérés selon ce qu’ils paraissent et non pas selon ce qu’ils sont réellement”, dit-il. Soufiène, 25 ans pense que ce phénomène ne touche pas spécialement les jeunes. Vendeurs de cellulaires, le jeune homme en a vu de toutes les couleurs. “Je dirais que plus de 80% de mes clients cherchent des kits et gadgets rien que pour se vanter. Leur mobile d’achat réside dans la frime. Jeunes et moins jeunes sont hantés par le paraître. Du coup, on ne peut pas en vouloir à une tranche juvénile qui ne fait qu’imiter toute une tendance générale. Les parents sont les premiers responsables de la tendance frimeuse de leurs enfants. Ils leur donnent les moyens de se vanter, et nombreux sont d’ailleurs ceux qui s’endettent justement pour encourager la frime”, dit-il. Abir Chemli OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com