Lubomir Kotliba (Directeur des Compétitions à la FIBA) : «L’organisation du Mondial reste un rêve inaccessible pour l’Afrique»





Le Slovaque Lubomir Kotliba a supervisé pour le compte de la Fédération internationale de Basket-ball les rencontres du groupe B à Nabeul comptant pour les sixièmes Championnats du monde féminins juniors. Tout d’abord, comment a été prise la décision de confier à la Tunisie le soin d’organiser les sixièmes championnats du monde féminins juniors? — A dire vrai, la décision n’a pas été difficile à prendre d’autant plus que nous savions à la FIBA que votre pays avait organisé par le passé plusieurs grands rassemblements et joutes africaines et méditerranéennes. Nous avons d’ailleurs l’impression d’avoir affaire à une fédération bien organisée et à une infrastructure moderne. Et croyez-moi, cela n’est guère évident quand on regarde ce qui se passe en Afrique. le potentiel y est en effet très important avec des joueurs très bons sur les plans athlétique et technique mais on a l’impression d’y dormir. Ce potentiel-là ne correspond pas en effet aux structures sociales et économiques et en Angola, Côte d’ivoire, Cameroun, Sénégal, Nigeria et Centreafrique. Que fait justement la FIBA pour aider ces pays nettement en retard au niveau des structures? — La FIBA est certes là pour les aider, mais il faudrait auparavant procéder à une restructuration propre à eux: un secrétaire général de Fédération qui ne répond pas, une administration qui ne suit pas le mouvement. Pourtant, la place du Continent noir au sein de la Fédération internationale peut sembler quelque peu marginale, ou à la périphérie des centres de décision? — Détrompez-vous. Au niveau de la présidence de la FIBA, une formule de rotation porte alternativement un représentant d’une confédération à la plus haute échelle. Ainsi, en 2006, le prochain président viendra de l’Océanie. Par ailleurs, avec trois membres, toutes les confédérations sont équitablement représentées au sein du Comité exécutif de la FIBA. Risque-t-on un jour proche de voir l’Afrique organiser les championnats du monde seniors garçons? — Non, dans les conditions actuelles, cela me paraît hors de question. Il faut se soucier des recettes aux guichets, de la vente des billets, du sponsoring, du merchandising et de bien d’autres aspects dont dépend la survie de la FIBA et de ses compétitions. Imaginez un peu que le prix du billet pour les matches du prochain mondial au Japon est de 66 dollars. Il faut par ailleurs des pays stables et crédibles. Et je peux vous dire que, compte tenu de tous ces paramètres, même un pays comme le mien, la Slovaquie, s’avère incapable de répondre à toutes ces exigences pour organiser un Mondial seniors. Et la présence des sélections africaines aux championnats du monde? — Au Japon, l’Afrique déléguera trois représentants. On peut discuter à l’infini si c’est un bon quota ou pas. Mais il faut tenir compte de la valeur technique et de l’organisation dans ces pays. L’Angola possède certes une bonne sélection à laquelle il manque pourtant le contact des équipes les plus fortes dans le monde et un championnat local crédible. Enfin, comment avez-vous trouvé le mondial féminin juniors et plus précisément l’équipe de Tunisie? — La Tunisie possède la meilleure équipe d’Afrique, l’une des plus jeunes avec 2 à 3 joueuses seulement nées en 1986. Il lui manque malheureusement l’expérience des matches difficiles et des matches hors d’Afrique. Mais, croyez-moi, c’est déjà un pas important que de voir une sélection venant d’un pays arabe et musulman se porter à un aussi haut niveau. Je crois pour le reste que les Etats-Unis se trouvent à un cran au-dessus par rapport au reste des pays présents à Tunis et à Nabeul. Et les prochaines échéances organisées par la FIBA? — A Pékin, six équipes masculines prendront part à la Coupe Stankovic. Puis, on organisera les championnats du monde des moins de 21 ans garçons, en Argentine où l’Afrique sera représentée par le Nigeria. Recueillis par S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com