Najet Attia : Comme au bon vieux temps !





Depuis son retour sur la scène musicale, après une absence absolue qui a duré une quinzaine d’année, Najet Attia n’a pas cessé de séduire. Elle a confirmé avant-hier soir, au Palais Abdillya qu’elle reste toujours égale à elle-même à travers une soirée de “tarab” digne d’un concert cairote. On dit souvent que les artistes sont comme les sportifs. Dès qu’ils s’absentent de la scène, ils perdent leur talent ou leur réflexe. Et à leur retour, ils auront des difficultés à retrouver leur marque d'antan. Si cette hypothèse est vraie pour certains artistes, elle ne l’est pas pour Najet Attia. Depuis qu’elle a annoncé son retour, il y a une année, le public qui l’a connue très jeune, l’a suivie dans ses sorties. Avant-hier soir ces mêmes fans ont été au rendez-vous en masse, au Palais Abdillya, pour suivre la soirée de “tarab” de leur “étoile filante”. Ils n’ont pas été déçus. Najet Attia s’est produite comme au début de sa carrière, lorsqu’elle avait tout juste quinze ans. Son concert a démarré aux environs de 22 heures dans un espace d’El Abdelliya, archicomble. Habillée en robe vert-clair brodée de fils dorés et étincelants, Najet a été accueillie sur scène par un tonnerre d’applaudissements. Accompagnée d’une quinzaine de musiciens dont sept violonistes, quatre virtuoses du nay et deux vocalistes, elle a préféré entamer sa soirée par des compositions nostalgiques qui l’ont mise sur l’orbite du succès et lui ont ouvert la voie de la réussite. C’était en effet l’époque où elle avait connu Samir Agrebi, Abderrahman Ayadi et Abdelhakim Belgaïed. Avec beaucoup de recherche et de finesse, elle a visité également d’autres œuvres qu’elle a interprétées au milieu des années 80. C’est d’ailleurs par l’une de ces compositions dénommée “Akhaf Alik” qu’elle a entamé sa soirée. Elle a enchaîné par la suite avec un autre morceau : “Dhikrayati”. Interprété dans un style de tarab posé, doux et envoûtant, ce morceau a plongé l’assistance dans un calme méditatif et nostalgique. Ses compositions, longues comme dans toutes les soirées de tarab ont touché tous les styles et improvisations du tarab traditionnel tunisien. Bordée de créativité, Najet a repris d’autres des ses compositions les plus célèbres comme “Nefs Elmakane”, s’en est suivi “Wahachtik”, interprété dans un style de tango où elle a d’ailleurs démontré son talent de fine danseuse. En plus de ce morceau, Najet a repris d’autres compositions romantiques comme “Elli Ma Choftak”, “Habibi”, “Chams Ennahar” entre autres. * Une soirée séduisante Les connaisseurs de la musique et principalement du tarab ont été séduits par la prestation de Najet Attia, Majdi Sami, musicien de son état en fait partie. “Le spectacle de Najet a été une réussite.Elle a visité le tarab ancien, comme le folklore”, a-t-il expliqué. Violoniste chevronné, Ali Dridi reconnaît également que Najet a signé une prestation honorable. “Elle a composé du tarab oriental avec des touches modernes”, commente-t-il. M. Abdelbasset Belgaïed chef d’orchestre de Najet reconnaît d’ailleurs cette innovation. “A part “Wahachtek”, toutes les autres compositions de Najet sont anciennes et certaines appartiennent à Warda”, commente-t-il. Bref, c’est une soirée qui fait la synthèse entre le tarab ancien et moderne animée avec brio par Najet Attia au grand bonheur du public. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com