Les jeunes et l’ouverture sur le monde : Des ailes et des racines





Le mode de vie à l’occidentale touche surtout les jeunes. Ces derniers s’habillent en jeans-baskets, écoutent du rap et du hip-hop, consomment des pizzas et des hamburgers... Nombre d’entre-eux vont même jusqu’à se tatouer et adopter la mode du “piercing” . Ce “way of life” à l’occidentale reflète -t-il un certain complexe d’infériorité par rapport à tout ce qui provient de l’étranger? Les jeunes s’y plaisent-ils en tant que simples consommateurs tout en restant profondément rattachés à leurs racines? Tunis - Le Quotidien Il suffit d’observer une bande de jeunes durant quelques instants pour remarquer que la majorité d’entre-eux sont trop influencés par une civilisation qui vient d’ailleurs. Allures, lexiques, esprits, tout laisse à croire que cette jeune gent ressemble à un pot de plusieurs coloris. Taoufik, 21 ans, a une allure branchée. Un air pas de chez nous. Il confie: “Je reconnais avoir un genre de complexe vis-à-vis des Occidentaux. Mais je ne pense pas que cela émane de moi. C’est un sentiment qu’on acquiert lorsqu’on compare notre manière de vivre à la leur. Toutefois même si je suis influencé par la mode occidentale et si j’utilise des mots étrangers dans mon lexique, je reste fier de mes origines. Certes, mon apparence est à l’occidentale, mais, il s’agit plutôt d’une question de mode, pas plus. Et si je boude certains produits tunisiens, c’est parce que la finition manque et quand des produits locaux sont vraiment bien faits, à l’instar des produits artisanaux, ils coûtent cher”, dit-il. Sofiène, 22 ans, n’a en revanche aucun complexe. Il pense que si les jeunes sont influencés par un mode de vie occidental, c’est parce qu’ils suivent la tendance. C’est selon lui plutôt un signe d’ouverture sur les autres horizons et cultures et non pas le fruit d’un complexe. “Les Tunisiens sont très portés sur les nouveautés et surtout les jeunes. La manière de paraître n’a rien à voir avec les origines. Nous pouvons toujours mettre un jean et être fier de notre identité. Nous avons de très bonnes productions et j’ai confiance en ces jeunes. Ce sont des personnes motivées et ouvertes d’esprit qui veulent évoluer. Certes, les Occidentaux nous dépassent dans de nombreux domaines, mais nous sommes obligés de commencer par la consommation pour parvenir à créer nous -mêmes. Nous avons tous les atouts pour réussir et notre pays est ouvert, il est au diapason du progrès. Je suis certain qu’on gagnera du terrain et qu’on fera très bientôt partie des pays développés. D’ailleurs je suis contre l’idée reçue qui prétend que nous autres jeunes, sommes complètement aveuglés par un mode de vie étranger. Nous consommons des produits étrangers, certes, mais nous sommes tunisiens et nationalistes et nous cherchons tous à améliorer l’image de notre pays”, dit-il. Samira, 18 ans, n’a aucun complexe. Ayant beaucoup “chaté” avec des étrangers, la jeune fille pense que ce ne sont que les moyens qui manquent aux jeunes Tunisiens. “Nous sommes ouverts, tolérants, cultivés... Il ne faut jamais croire que les Européens tombent d’une autre planète. Ils sont comme nous. Nous autres Arabes, avons un grand background mais notre problème est la stagnation. Il faut être créatif et avoir de l’imagination. Moi, par exemple, je sais faire beaucoup de choses. On m’appelle la bricoleuse à la maison. Je ne jette jamais rien. J’ai un placard dans lequel je fourre tout ce qui n’est plus utilisé et je le rend utilisable. J’ai cousu de petits coussins pour la salle de séjour avec des paillettes de couffins, des coquillages et le tissu de robes usées et c’était un très beau travail. J’ai aussi redécoré des abas-jour avec des accessoires artisanaux... Je ne suis pas la seule à procéder de la sorte. Si je mets des jeans-baskets, c’est parce que cela me parait plus confortable. Si des mots étrangers font partie de mon lexique, c’est parce que certains mots font passer mieux le message. Si j’écoute des chansons occidentales cela ne veut pas dire que je n’écoute pas de chansons arabes”, dit-elle. Habib, 21 ans, étudiant, consomme aussi plutôt étranger. Mais il est infiniment persuadé que les Occidentaux ne sont pas meilleurs. “Mes parents vivent à l’étranger. Ce sont eux qui m’achètent mes fringues. Cela ne traduit aucun complexe. C’est juste moins cher. En outre, je trouve les jeunes Tunisiens beaucoup plus cultivés et intéressants. Nous sommes à la fois ouverts et ancrés à nos racines et c’est ce qui nous rend plus intéressants”, dit-il. A.C.O.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com