Les jeunes et le goût du risque : Chacun pour soi… grain de folie pour tous





On a toujours attribué aux adolescents le caractère fougueux. Il semble que ces jeunes gens autrefois sous la totale emprise de leurs parents vu leur incapacité de s’assumer en tant qu’enfants, se plongent dans l’aventure, une fois l’enfance dépassée. Ayant un grand besoin de liberté, ils font tout pour prouver qu’ils sont des êtres humains à part entière. Nombre d’entre eux appuient à fond sur les pédales de l’aventure. Ont-ils le goût du risque et de l’aventure? Les jeunes s’expriment. Tunis - Le Quotidien Certains ont vraiment besoin d’un rythme de vie assez “hard”. Les sensations fortes étant l’épice essentiel à leur “way of life”, ils ont l’impression d’assouvir leurs caprices en commettant quelques petites folies. Lassaâd Laâbidi, 18 ans, reconnaît qu’il vit parfois en affranchi. S’il ne commet pas une... bourde. “Je foule aux pieds certaines règles familiales. Et sans m’en rendre compte je suis attiré par tout ce qui est interdit... Je pense que c’est l’âge ! L’adolescence fait que nous faisons toutes sortes de bêtises. Ma passion numéro un est le sport mécanique. Certes, je ne me suis jamais installé derrière le volant d’une voiture, mais je suis acccro à la conduite des motos. J’adore être le meneur du jeu. Quant je conduis une moto, j’ai l’impression de défier le vent de défier le monde entier... et de planer. En outre, j’adore sortir en douce. Mes parents n’aiment pas que je veille tard le soir. Je fais donc semblant de m’endormir et je sors en cachette et place à l’aventure et aux fortes sensations”, dit-il. Saïd, 16 ans, aimait aussi prendre du risque. Comme tout adolescent, il est sorti en douce, a commis pas mal de bêtises jusqu’au jour où cela a viré au vinaigre!. “Je n’ai jamais demandé la permission. J’agissais toujours en cachette pour ne pas être obligé de faire face à mes parents. Une fois, j’ai chipé la moto de mon oncle. J’ai perdu les pédales et j’ai heurté un mur... C’était la catastrophe. J’ai eu droit à des leçons de morale. Mes parents m’ont dit que si je voulais une chose, je devais le leur dire et qu’ils trouveront un arrangement même s’ils ne sont pas d’accord. J’ai respecté ce marché et depuis je n’ose plus courir de risques inutiles. Même si la tentation est trop forte, je me souviens toujours de cet accident et cela apaise ma fougue”, dit-il. Sofiène, a 22 ans. Aujourd’hui, il arrive tant bien que mal à maîtriser ses pulsions à risque. “A l’adolescence, je ne considérais pas les lois. Plus je me heurtais au refus, plus je m’entêtais. J’ai piqué à maintes reprises les clés de la voiture de mon père... Ce qui comptait pour moi, c’était cette sensation de défi. J’appuyais à fond sur le champignon... Je volais... Peu importe les sanctions et les punitions, ce qui comptait pour moi c’est de m’aventurer quand il me semble. A mes 17 ans, j’ai fais une fugue. Je suis resté plus de trois semaines chez mon ami qui avait un petit appartement à Bizerte. Je n’ai donné aucune signe de vie à mes parents durant toute cette période. Ensuite, je me suis senti coupable. J’ai quitté la maison pour un petit accrochage avec mes parents et ils se sont fait du mauvais sang. J’ai regretté et je suis rentré chez moi. Depuis, ils sont devenus plus permissifs et moi, je suis devenu plus raisonnable. Tout compte fait, je pense que chaque jeune doit passer par une telle période. A l’adolescence le mot d’ordre et le risque. Mais cela passe dans tous les cas au fur et à mesure que nous grandissons”, dit-il. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com