L1 2005-2006 : L’heure du jeu a sonné!





Ne l’appelez plus Nationale A, la division d’élite du football tunisien ayant troqué les habits désuets et flous du non amateurisme pour ceux “dernier cri” et transparents du professionnalisme. Dès lors, on parlera de Ligue Une professionnelle, une L1 “pro” un peu à la française, du moins en ce qui concerne la dénomination car pour ce qui est du contenu technique, de l’état d’esprit et des supports infrastructurels, logistiques et financiers, toute comparaison serait abusive. Un simple chiffre pour mesurer le fossé: les deux millions de dinars engrangés chaque année par la FTF et les clubs en droits TV sont une misère comparés aux centaines de millions d’euros gagnés par le foot français en contrepartie de l’exclusivité des images TV. A partir de dimanche prochain, ce sera donc l’heure du jeu pour une saison que l’on espère celle des braves après la saison des dupes avec son cortège d'affaires sentant le roussi qui battirent tous les records en matière de réserves bien ficelées et de fuites bien ordonnées. Heureusement que le Club Sportif Sfaxien put sauver la mise et les apparences en obtenant méritoirement un superbe titre de champion alors que l’Espérance de Zarzis décrochait le gros lot, surprenant son prestigieux homonyme tunisois en finale de la Coupe. Soit un superbe dénouement plein d’arabesques et de coups de théâtre et contrastant parfaitement avec le cours, sombre et controversé, d’une saison qui clôturait ainsi tristement l’âge pourtant assez bref (à peine une décennie) du non amateurisme. * Un nouveau regard En se mettant en parfaite adéquation avec les directives de la FIFA sur cet hypocrite débat amateurisme-professionnalisme, le football tunisien reconnaît enfin que les joueurs de la Ligue Une professionnelle et de la Ligue deux qualifié de non amateur et dont le statut du footballeur a longtemps servi d’arme de chantage entre les mains des dirigeants pour faire monter l’opinion sportive contre les “insatiables, ingrats et voraces footeux du dimanche”. Désormais, chacun de nous a tant intérêt en entrant de plain-pied dans l’ère professionnelle, à considérer ce jeu comme un métier comme un autre et à le regarder avec des yeux neufs, certes moins lyriques que jadis mais qui auront le mérite de rendre aux parties intervenantes dans la planète foot tout le mérite à chercher à fructifier leur entreprise, à la rendre prospère et à en tirer des bénéfices qui rendraient inévitablement jaloux les “intellos” de la rive gauche criant à l’inqualifiable injustice. * Totale mobilisation et beaucoup de bonne foi Aspect pittoresque et rafraîchissant du nouveau cours emprunté par le championnat national: le feuilleton des présidents qui restent, qui partent, qui ne se décident pas encore, qui veulent s’en aller tout en étant là, qui reviennent après avoir fait souffler le vent. Pour la première fois, une dame veillera aux destinées d’un club de l’élite. Et c’est la coquette Goulette-Kram qui nous ramène cet accent de charme prompt, on l’espère bien, à rendre moins rudes, moins convenus et moins violents les débats au sein de la famille du foot du pays. Mais l’échéance 2006 pointe, menaçante à l’horizon. La saison qui démarre samedi prochain sera en vérité celle de tous les défis: l’équipe de Tunisie y joue en effet gros. Présents aux deux derniers mondiaux (1998 en France et 2002 au Japon et en Corée du Sud), les Aigles de Carthage, champions d’Afrique 2004, n’ont pas droit à l’erreur. Pour réussir la passe de trois (ou de quatre, si l’on y ajoute le Mondial 1978 en Argentine), ils ont leur destin entre les mains et les mois d’août et d’octobre vont s’avérer cruciaux: deux victoires contre le Kenya et le Maroc les enverraient à l’Eden allemand. Puis, l’hiver prochain, il y aura en Egypte un sacré nouveau défi à relever: conserver le titre continental, conquis de haute lutte en février 2004 à Tunis. La réussite de ces deux objectifs impose ainsi à l’ensemble de la famille du foot tunisien une totale mobilisation, beaucoup de bonne foi et un certain sens du sacrifice. Dans l’hypothèse où l’on va nous ressortir le scénario des interminables grosses forces de la saison passée, où chacun accuse et de défend en même temps dans un méga-procès kafkaïen, eh bien, c’en serait fini et l’âge d’or de l’équipe de Tunisie que chaque supporter a cru déceler depuis l’avènement du tant efficace et méthodique coach Roger Lemerre. S.R. _____________________ Rendez-Vous de la 1ère Journée El Menzah 18h30: Club Africain - E.S Zarzis Au Zouiten 18h00: Stade Tunisien - C.S Sfaxien La Marsa 18h00: E.O.G.Kram - C.A Bizertin Jendouba 18h00: Jendouba Sports - Espérance Sousse 19h00: Etoile du Sahel - A.S Marsa Monastir 18h00: U.S Monastir - J.S Kairouan Gafsa 18h00: E.G.S Gafsa - C.S Hammam-Lif


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com