Les sunnites irakiens réintègrent le comité de la Constitution : Le politique prend le pas





Sur fond d’attaques au quotidien, les délégués arabes sunnites ont décidé hier de réintégrer le Comité chargé de rédiger la Constitution d'Irak ouvrant la voie à une accélération du travail pour respecter les échéances. Le Quotidien - Agences Les 15 membres arabes sunnites du Comité de rédaction s'étaient retirés de cette instance pour protester contre l'assassinat le 19 juillet de deux de leurs collègues membres de cette même communauté religieuse. Les partis sunnites, réunis à Bagdad, "ont accepté notre retour au sein du Comité constitutionnel", a indiqué Salam Abdallah, député et membre du Comité. Mais les dirigeants sunnites ont insisté qu'un accord sur le projet de Constitution devrait être obtenu par consensus, a-t-il ajouté. "Il faut que le consensus prévale dans le travail du comité et en cas de violation de cette règle, (les sunnites) pourront se retirer à nouveau". Selon la Loi fondamentale provisoire de mars 2004, pour entrer en vigueur, la Constitution doit être adoptée à la majorité absolue et à condition que 3 provinces sur les 18 du pays ne l'aient pas rejetée par les deux-tiers des voix. Or, les sunnites sont majoritaires à Al-Anbar, Salaheddine et Mossoul. Lundi, le président du Parlement Hajem al-Hassani a fait état de l'acceptation des demandes des sunnites qui avaient réclamé une enquête indépendante sur le meurtre de leurs collègues et la révision de certains articles. Abdallah avait annoncé pour mardi une décision de réintégration. * Place prépondérante à l’Islam Le projet de Constitution, selon une mouture publiée par le quotidien gouvernemental Sabah, accorde une place prépondérante à l'islam qui devient la principale source de législation mais interdit la diffusion des "idées fondamentalistes". "L'islam est la religion officielle de l'Etat, la principale source de législation, et aucune loi ne peut entrer en contradiction avec l'islam", selon cette mouture qui peut encore être modifiée. Il s'agit d'une inflexion beaucoup plus marquée de la religion par rapport à la Loi fondamentale provisoire et dans laquelle l'islam est "une" source de législation. Il y est également mentionné qu'aucune loi ne peut entrer en contradiction avec l'islam mais aussi avec "les principes démocratiques" et "droits fondamentaux", termes qui ont disparu du projet de Constitution. Lundi, la section irakienne d'Al-Qaïda dirigée par Abou Moussab al-Zarqaoui a, dans un communiqué sur l'internet, jeté l'anathème sur la Constitution et les prochaines élections en Irak "contraires à l'islam", et a exhorté les sunnites à combattre "les Croisés" et leurs alliés chiites. * Le P.M. polonais en Irak Au front des violences, deux soldats irakiens et un agent de protection des oléoducs ont été tués dans des attaques dans le nord de l'Irak. A Bagdad, 12 employés d’une station d’épuration d’eau ont été tués par des hommes armés qui ont ouvert le feu alors qu’ils rentraient chez eux à bord de plusieurs bus. Sur un autre registre le ministre irakien de la défense a affirmé hier que la plupart des voitures piégées en Irak venaient de Syrie par un point de passage désertique à la frontière entre les deux pays. Par ailleurs, le Premier ministre polonais, accompagné de plusieurs ministres, s'entretenait à Bagdad avec son homologue irakien Ibrahim al-Jaafari, a indiqué un responsable. «Nous sommes déterminés à maintenir notre contingent militaire en Irak» a déclaré Belka à l’issue de la rencontre tout en précisant que les troupes pourraient se concentrer sur des missions d’entraînement et non pas de stabilisation comme actuellement. Alliée de Washington, la Pologne commande en Irak une division multinationale de 4.000 hommes, dont 1.400 soldats polonais. Varsovie a annoncé son retrait pour fin 2005.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com