Les fleuristes de l’avenue Bourguiba : Nostalgiques, il ne voient pas la vie en rose





Le temps n’a pas encore pansé la plaie des fleuristes qui regrettent encore leur ancien emplacement à l’avenue Habib Bourguiba. Tunis - Le Quotidien Lorsque les travaux à l’avenue Habib Bourguiba ont été entamés dans le cadre du méga projet de réaménagement de l’hypercentre de Tunis, leur sort a fait couler beaucoup d’encre. Il s’agit des fleuristes dont l’image a toujours été associée à celle de l’Avenue. Mais à cette époque-là, ils s’inquiétaient pour leur avenir et ne voyaient pas le bout du tunnel. Leur déménagement a été très difficile et ils appréhendaient la nouvelle étape qui était incontournable. Aujourd’hui, quelques années après ce départ forcé de leur lieu d’origine, les fleuristes parlent encore avec beaucoup de nostalgie de ce bon vieux temps. Ils regrettent jusqu'à maintenant leurs anciennes amours. Le comble, c’est qu’ils n’ont plus aucun choix. Ils sont partis pour ne jamais revenir à leur ancienne place. Tout au contraire, une rumeur veut que leurs boutiques soient déplacées de nouveau parce qu'un hôtel serait érigé près de leur emplacement actuel. Bobards ou rumeur fondée? Qui vivra verra. En attendant, Issam est occupé par la confection en papier cadeau d’un semblant d’éventail. Il en fait des dizaines qui servent par la suite à la réalisation des bouquets de fleurs artificielles. Ces bouquets ont en effet investi les magasins des fleuristes du TGM. De toutes les couleurs et malgré leurs mauvais goûts, ils sont demandés par une certaine clientèle. Chez Issam Fatnassi employé dans ce kiosque, les bouquets artificiels se vendent entre 25 et 60 dinars. Quant aux naturels, ils atteignent 120 dinars en fonction du nombre et de la qualité des fleurs exigées par le client. A ce moment de l’année, les fleuristes sont en pleine saison de travail. C’est maintenant qu’ils arrondissent comme il faut leurs fins de journées. Bouquets de fleurs pour les noces et les différentes cérémonies, décorations de voitures de mariés ou encore “mechmoums”, tout se paie. Ce jeune garçon qui travaille dans les fleurs depuis une dizaine d’années, met les bouchées doubles en été parce qu’il sait que c’est la période où la consommation atteint des pics. Derrière un autre kiosque, deux jeunes hommes préparent des mechmoums de jasmin. Quand ils ont une bonne quantité de ces petites fleurs parfumées, ils terminent aux alentours de 16h00. Sinon à midi passé, ils achèvent leur mission. Pour celle d’aujourd’hui, un chevronné du métier s’est joint aux jeunes hommes. C’est Mokhtar Arfaoui qui explique que ces “mechmoums” sont confiés à des gens qui se chargent de la vente. * Concurrence Mais le sujet qui provoque ces gens c’est celui de l’ambiance entre tous ces concurrents. Il paraît qu’en hiver, ils se regroupent tous autour d’un bol de lablabi. Tandis qu’en été, chacun pour soi. L’un des employés avance dans son évaluation de ces rapports. “On a moins de problèmes en été parce qu’il y a du travail. En hiver c’est tout à fait le contraire. La chasse aux clients bat son plein, ce qui favorise le “détournement” de certains clients”. Dans ces opérations de “vol” de clientèle, la tentation se fait par la proposition de la moitié des prix. Cela étant, ces fleuristes ne se sont pas encore adaptés à leur nouvel espace. Ils souffrent de beaucoup de difficultés. Fayçal Chelbi, responsable d’un kiosque, pense que leur situation en pleine avenue Habib Bourguiba était mieux. “On travaillait beaucoup avec les couples surtout en hiver”. Dans leur emplacement nouveau, le soleil leur cause des problèmes durant l’été. “On est acculé à cacher les fleurs à l’intérieur de nos commerces. Les clients ne s’arrêtent pas donc car il ne voient rien à l’extérieur. Rien ne les attire”, ajoute Fayçal. Ces fleuristes n’ont pas tort. D’aucuns trouvent que leurs kiosques sont moches. Ils ressemblent à des cages et ne sont aucunement esthétiques. Pourtant, on entend très souvent parler de l’embellissement du centre-ville. Raison pour laquelle certains proposent de calquer sur les boutiques des fleuristes à l’étranger. Ce qui ne disculpe pas ces commerçants des fleurs qui doivent respecter l’hygiène et trouver une solution aux eaux sales verdâtres, stagnantes à l’arrière des kiosques. Maryem KADA _________________________________ Les limousines de la frime Pour le transport des mariés, on ne cherche plus une simple voiture de luxe. On pousse la frime jusqu’à se payer une limousine. L’heure coûte 250 dinars. Moins que le double quand c’est pour deux heures. Dans les kiosques de fleurs, on accroche les photos des différentes limousines disponibles pour attirer les clients : fiançailles, congrès, anniversaires, transport de ville. Mariages ou aéroport, la caisse peut faire l’affaire. On parle d’un autre Tunisien qui va renforcer ce marché des limousines avec une nouvelle qui, semble-t-il, appartenait à la grande star Mariah Carey. Ce détail va augmenter la cote de la bagnole de grand luxe. D’après Wejdi Khalfi, la plupart de ceux qui louent ces voitures sont issus de milieu très modeste. “Ils cherchent à frimer dans leurs quartiers”, dit-il. M.K.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com