Chirac et Sharon célèbrent les nouvelles relations franco-israéliennes : Paris de retour au P.O.





Le Premier ministre israélien Ariel Sharon et le président français Jacques Chirac ont célébré hier à Paris l'avènement de nouvelles relations entre leurs deux pays, un rapprochement qui devrait permettre à la France d'accroître son influence au Proche Orient. Le Quotidien-Agences Arrivé la veille au soir pour une visite officielle de trois jours, sa première en France depuis quatre ans, Sharon a été reçu hier au palais de l'Elysée par le président Chirac pour un entretien suivi d'un déjeuner de travail. "Je suis convaincu que cette visite permettra un rapprochement entre les deux pays et permettra de faire progresser la paix qui est si importante pour nous au Proche-Orient", a déclaré Sharon en arrivant à l'Elysée. Il a qualifié Chirac d'"un des grands dirigeants de ce monde" et l'a remercié pour son "aide précieuse" en vue d'un règlement du conflit entre Israël et les Palestiniens. Sharon a également rendu un hommage appuyé au président français "pour sa lutte très ferme contre l'antisémitisme", sujet qui avait été à l'origine d'une vive controverse l'an dernier après des déclarations du dirigeant israélien encourageant les juifs français à émigrer "en urgence" vers l'Etat hébreu. De son côté, Chirac a souhaité à Sharon "la plus cordiale des bienvenues". Il a aussi salué la "décision historique" du désengagement israélien de Gaza, prévu à la mi-août, et assuré que "la France se tient aux côtés du peuple israélien et du peuple palestinien" pour une relance de la "feuille de route". Chirac a réitéré la position de la France sur la création d'un "Etat palestinien viable et indépendant" et souhaité que l'aboutissement de ce processus permette à l'Etat hébreu de vivre dans la sécurité. Les convergences de vue affichées de part et d'autre portent sur plusieurs dossiers sensibles: la lutte contre le terrorisme, la menace nucléaire iranienne, le départ des troupes syriennes du Liban et la lutte contre l'antisémitisme. * Lune de miel Le ton chaleureux affiché de part et d'autre n'est pas sans évoquer la "lune de miel" qui caractérisait les relations entre les deux pays avant la guerre israélo-arabe de juin 1967 et l'embargo français sur les ventes d'armes à Israël. "Le moins que l'on puisse dire, c'est que les relations étaient très fraîches. C'est bien fini", a confié à l'AFP un proche collaborateur de Sharon sous couvert de l'anonymat. "Israël et la France veulent exploiter l'occasion qui leur est donnée d'améliorer les relations bilatérales dans tous les domaines, y compris militaire et stratégique", a-t-il ajouté. Ce même responsable a noté que "les sujets d'entente n'ont jamais été aussi nombreux", au point que les Israéliens semblent pour la première fois depuis des décennies favorables à "un rôle plus significatif de la France dans le règlement du conflit" avec les Palestiniens. "La France veut incontestablement revenir au Proche Orient et elle a compris qu'elle ne peut le faire sans passer par Al-Qods", commentait pour sa part un diplomate dans la délégation de Sharon. Les Israéliens aimeraient pour leur part que les Français usent de leur influence dans la région pour affaiblir les mouvements armés comme le Hezbollah au Liban, ainsi que le Jihad islamique et le Hamas.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com