Dorsaf Hamdani : Du talent à l’état pur





La belle Dorsaf a interprété mardi soir au Palais Abdelliya de La Marsa du “charqi” et du “tounsi”. Du tarab à souhait et le public séduit a baigné dans les notes du bonheur. Le temps d’un spectacle... “Nous avons de très belles voix. Ce qui manque c’est la créativité: c’est-à-dire les bonnes paroles, la musique adéquate et l’arrangement juste”, nous a dit l’autre jour le musicien Ali Sriti. Cette affirmation, nous ne cessons d’en vérifier la vérité en assistant aux concerts donnés par nos chanteurs et chanteuses dans le cadre des festivals. Nous l’avons vérifié une nouvelle fois avant hier soir au Palais Abdelliya à La Marsa, lors du concert donné par Dorsaf Hamdani. L’interprète, qui est dotée d’une voix large et belle, a chanté: “Madam theb, tonker lih”, “Roddou assalam”, “Amentou belhob”, “Ha ablou bokra”, “Kifach okhtorli ouhabitek”, “Maftoun bghazret îneha”, “Alik enghanni”... des tubes de Laure Daccache, Oum Kalthoum, Ali Riahi et autres Hédi Jouini. Le public présent, subjugué par la qualité de son interprétation, juste et pleine d’émotion, lui a réservé une vive ovation. Cela faisait vraiment plaisir, mais on aurait aimé voir Dorsaf Hamdani chanter son propre répertoire. On aurait sans doute mieux apprécié son talent, sa créativité. Mais là, c’est une autre histoire. “Dorsaf Hamdani a beaucoup d’atouts. Elle apprend très rapidement. Elle ne recule pas devant la difficulté et s’en sort souvent très bien. Car elle parvient à tout maîtriser et à donner le meilleur d’elle-même”, nous a dit d’elle le musicien Mourad Sakli avant le spectacle. Dorsaf Hamdani est aussi selon lui l’une des rares chanteuses capables de chanter et jouer du théâtre en même temps. Il en a eu la preuve à trois reprises, lorsqu’elle a collaboré à ses spectacles musicaux: “Hkaya Touila”, “Ghmouk al ouard” et “Arbaôun” qui a ouvert le festival de Carthage et celui de Hammamet en 2004. La chanteuse qui était enceinte au septième mois (elle attend un petit garçon), ne s’est pas promenée sur scène comme elle en avait l’habitude. Elle a donc chanté assise. Vêtue d’une robe longue blanche, joliment brodée, une longue écharpe de mousseline sur les épaules. Elle était belle et sûre d’elle. Cette assurance, elle l’a montrée aussi en menant discrètement le petit orchestre de sept musiciens qui l’accompagnaient. Elle contrôlait tout: sa voix, sa respiration, ses gestes simples et spontanés et jusqu’aux épanchements de plaisir du public et son écoute quasi religieuse. Il faut dire que cette diplômée de l’Institut Supérieur de Musique et titulaire d’un DEA de musique obtenu avec mention de la Sorbone Paris IV, n’a pas seulement une belle voix, mais aussi une tête bien pleine. Ce qui n’est malheureusement pas le cas d’une majorité de nos interprètes: cela devrait l’aider à aller très loin sur cette voie. Pourvu qu’elle trouve enfin les oiseaux rares (de bons paroliers, compositeurs et distributeurs), et ne soit pas obligée, comme bon nombre de ses pairs, de s’exiler sur les rives du Nil ou de succomber aux sirènes du succès facile et éphémère de style Rotana. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com