Fête du poisson à la Goulette : Méga-affluence, explosion des sens…





A la Goulette, la fête du poisson a encore une fois créé l’événement ... dans la démesure à travers une affluence phé-no-mé-na-le qui a dépassé toutes les prévisions. Une ruée proprement délirante La Goulette - Le Quotidien La longue file de voitures qui s’étale en queue sur plusieurs centaines de mètres à l’entrée de la ville donne un avant-goût de l’incroyable marée humaine qui a investi les lieux dès les premières heures de l’après-midi. Pare-chocs contre pare-chocs les véhicules avancent à pas de tortue englués qu’ils sont dans un monstrueux goulot d’étranglement sous une chaleur tenace et accablante. A croire que le tout Tunis s’est donné rendez-vous dans cette coquette station balnéaire de la banlieue Nord qui célèbre, en ce mercredi 27 juillet, la Fête du poisson. La Goulette s’est parée, pour l’occasion de ses plus beaux atours. Comme chaque année, l’avenue Roosevelt, haut lieu de la gastronomie goulettoise qui abrite les principaux restaurants de la ville a été fermée à la circulation automobile. Livrée à une foule compacte et bigarrée, elle éprouve toutes les peines du monde à contenir les milliers de visiteurs venus nombreux pour goûter aux plaisirs du palais dans une ambiance bon enfant et fort animée. A 7 dinars, le plat de poisson, quelque soit la catégorie du restaurant, la kermesse en valait le détour aussi bien pour les fins gourmets que pour les simples curieux. L’avenue Roosevelt s’est métamorphosée pour la circonstance en un immense barbecue à ciel ouvert. Ca et là une fumée âcre et dense se dégage limitant la visibilité à sa plus simple expression, dans une cacophonie de décibels distillés par des haut-parleurs tous volumes à fond la caisse. La troupe de Stambali installée juste à côté du restaurant portant le même nom assure un spectacle insolite en égrenant des rythmes mystiques venus du fin fond de l’Afrique au grand bonheur d’une foule nombreuse de badauds. L’un des membres de la troupe à la silhouette longue et effilée entre en transe, au fur et à mesure qu’augmente la cadence et s’adonne à un déhanchement frénétique. De temps à autre une vieille mémé jette une poignée d’encens dans le brasero avant de laisser libre cours à ses cordes vocales en lançant un long et strident “you you”. L’effet contagion est garanti: un groupe de jeunes apparemment bien inspirés ne se sont pas fait prier pour prendre la relève et improviser par leurs danses saccadées, un spectacle dans le spectacle. * Une ambiance haute en couleur La fête continue un peu plus loin où d’autres troupes musicales donnent la pleine mesure de leur savoir-faire. Comme ce fut le cas l’année dernière, le mézoued y fait figure de vedette incontestable et incontestée à travers d’anciens “tubes” et des compositions récentes. Le succès de “Lila wel mézoued Khaddam” ne semble pas d’ailleurs avoir pris un pli au vu du nombre impressionnant de fans de ce genre musical qui se sont agglutinés en masse devant les percussionnistes. Les nostalgiques des vieilles chansons à succès qui versent dans le style plutôt sobre ont certainement trouvé leur compte du côté du restaurant “Le café vert” où de jeunes artistes ont revisité le répertoire d’anciens grands noms de la chanson tunisienne et arabe. Bouffe, défoulement, et bain de foule étaient au rendez-vous de cette nouvelle édition de la fête du poisson qui a placé la Goulette sous les feux de la rampe estivale. Les milliers de visiteurs s’y sont certainement délectés en prenant d’assaut les innombrables tables installées à même la chaussée où hommes, femmes, adolescents et enfants ont eu l’occasion de concilier entre le plaisir de la table et celui de la rétine. Mais la médaille a un sacré revers: le déferlement sans précédent de véhicules a créé des embouteillages monstres spécialement du côté de l’Avenue Bourguiba. On a assisté à cet effet à des scènes proprement rocambolesques de dépassements en tout genre. Vraisemblablement irrité par une longue et pénible attente, le conducteur d’un bus de transport en commun a décidé, sans crier gare, de rebrousser chemin, opérant une manœuvre risquée en pleine chaussée. Toutes les rues et ruelles adjacentes à l'avenue Bourguiba ont été investies par des voitures que leurs propriétaires ont garées au petit bonheur la chance donnant lieu à une gabegie surréaliste. Le hic, c’est que le même problème se pose chaque année avec acuité. L’ancienne équipe municipale avait envisagé l’aménagement d’un grand parking sur un site gagné sur le lac de Tunis, tout juste derrière la station TGM de la Goulette vieille. Ce projet qui a suscité beaucoup d’espoir, tarde malheureusement à se concrétiser, sans doute faute de moyens financiers. Seulement, la Goulette qui constitue une destination privilégiée pour de nombreux estivants et visiteurs souffre le martyre chaque année durant notamment la saison estivale où l’affluence connaît sa période de pointe. Il est grand temps que les édiles municipaux se triturent les méninges afin de trouver une solution tangible et durable à ce casse-tête chinois et permettre ainsi à la ville de souffler et garder ainsi intacte sa douce candeur estivale au goût suave du miel. Chokri BACCOUCHE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com