Festival de Carthage : La part du bon et du moins bon





Les spectacles se suivent et passent souvent inaperçus sur la scène du Théâtre romain de Carthage. La programmation actuelle du plus prestigieux de nos festivals d'été, quoique abondante, présente des lacunes quant à son contenu. Les organisateurs du festival de Carthage, semblent toujours pressés d'établir leur programmation ce qui ne manque pas de se faire ressentir sur la qualité et le choix des artistes invités. Les organisateurs du Festival de Carthage préoccupé par l'unique désir d'établir leur programmation, se rabattent sur ce qui est disponible sur le marché au moment du choix sans se préoccuper d'autres considérations de qualité, ni de déjà vue. C'est ainsi que depuis belle lurette on se rabat sur les mêmes noms sur des pseudo-vedettes et des « has been » qui peinent pour donner le change. Festival découverte pour un public averti, voilà une définition que Carthage semble avoir reléguer aux oubliettes, pour ne cibler que les spectacles de variété, ceux capables de drainer un public record. Affluence voilà la considération essentielle qui motive ceux qui planifient nos loisirs et notre détente estivale. On prend les mêmes et on recommence sans se soucier des festivaliers, véritables poules aux neufs d'or, qu'on invite à consommer du réchauffé. Les exemples sont nombreux avec Walid Taoufik et Mohamed Mounir programmés en dernière minute, Jil Jilala et Nass El Ghiwan, ré-exhumés de leurs cendres. Un souffle de vent passéiste souffle sur cette session. Par ailleurs, il aurait été souhaitable de réserver un meilleur accueil à Marcel Khalifa qui se produit en Tunisie depuis vingt cinq ans déjà avec sa voix mélodieuse accompagné par son luth, quelques musiciens et des choristes. Cet artiste engagé, chantre de la cause arabe et palestinienne, n'en continue pas moins de poursuivre ses recherches musicales en proposant une nouvelle orchestration harmonique pour ses chansons anciennes et récentes. Festival-nostalgie. Telle semble être la démarche qui caractérise les différentes sessions de cette grande manifestation estivale. Intention louable, mais qui ne doit pas suppléer tout esprit d'originalité et de nouveau. Le Festival de Carthage doit s'appliquer à préserver sa spécificité et son éthique, celle d'un espace de rencontre et d'échange, où la qualité prédomine.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com