Lydie Paollilo : Entre ciel et terre





La Tunisienne Lydie Paollilo a exposé ses 28 tableaux dans les jardins de son Excellence l’ambassadeur du Canada en Tunisie à Gammarth supérieur. Le temps d’un après-midi. Une mer calme et plate, deux ou trois voiliers qui glissent paisiblement sur la surface de l’eau, en arrière-plan, une multitude de maisons hérissées de vagues formes de minarets, les deux mamelles du Boukornine dressées sous le ciel parcouru d’une cohorte de nuages gris… Les toiles de Lydie Paollilo déclinent le même paysage marin, en variant les cadrages, les éclairages, la palette. Là, un pêcheur tirant ses filets. Là-bas, un autre se silhouettant dans la lumière blafarde de l’aube. Et toujours, la mer, la plage, les nuages et cette palette chaude avec des reflets d’or et d’ocre, et d’autres vagues formes de barques posées sur l’eau en attente d’un événement improbable. Chez Lydie Paollilo, le jour se lève ou se couche. La lumière n’est jamais crue. Les couleurs pétillent, perlent, bruissent, murmurent, chuchotent… On est dans un monde ancien, immuable, mais jamais immobile, comme surgi de la mémoire. Entre deux marines, Lydie Paollilo aime disposer ses bouquets de fleurs aux couleurs chantantes et vives comme des offrandes, qui ajoutent à la douceur de l’univers satiné de cette peintre de Tunisie. Ses œuvres ont été exposées le 16 juin à la résidence de l’ambassade du Canada, posées sur des chevalets, à même la pelouse, avec en arrière-fond, le Golfe de Tunis, et plus loin, le Boukornine, encore et toujours, comme un éternel retour du temps. La peintre qui revendique avec force sa “tunisianité” ne pouvait rêver d’un meilleur cadre pour exposer ses 28 tableaux, ne fut-ce que le temps d’un après-midi. Née le 22 avril 1934 à Tunis dans une famille italienne de Bab El Khadhra, Lydie Paollilo a appris la peinture en suivant les cours du professeur Ruggiero, directeur de la Dante Alighieri de 1966 à 1969 et en fréquentant à la même période l’atelier du peintre Markoff-Lagadovski. Depuis sa première exposition en 1969 au Salon tunisien, la peintre ne cesse de peindre ses paysages marins, ses bouquets de fleurs, sa nature morte qui sentent bon le jasmin. Lydie Paollilo a beaucoup exposé en Tunisie mais aussi à Abidjan en Côte d’Ivoire (1986), à Berne en Suisse (1988), à Ottawa au Canada (1994) et à Adis Abeba en Ethiopie (1998). Mais avant de sortir en public, Lydie Paollilo a peint près de 500 tableaux reproduisant les ambiances festives de chez elle à Bab El Khadhra. Cela remonte à près d’un demi-siècle. “A chaque fois qu’on avait une fête ou de la visite, ma mère me confiait le décor de la table. Cela m’amusait et mes tantes appréciaient énormément mon talent en voyant mes aquarelles et les sets que je peignais, et disposais sous les couverts. C’était la fête, les scènes de mille et une couleurs”, se rappelle Lydie Paollilo. Qui était entourée de ses vieux amis. Mais aussi de diplomates et de sa fille mariée à un Canadien, aujourd’hui ambassadeur de son pays au Vietnam. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com