Informatique: Les limites de la lutte contre la cybercriminalité…





Nul ne doute que l’informatique a facilité la lutte contre la criminalité à travers la création de centrales de stockage des empreintes digitales, un sacré revers. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication constituent un nouvel espace et de nouveaux moyens pour commettre des crimes pas comme les autres: les cybercrimes difficiles à détecter, à prouver et à sanctionner… Tunis-Le Quotidien La cour d’appel de Tunis a organisé, hier, en collaboration avec l’Institut supérieur de la magistrature un colloque ayant pour thème: “L’informatique dans la législation tunisienne”. M. Béchir Tekkari, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, a affirmé dans son allocution d’ouverture des travaux de ce colloque, que la Tunisie accorde un intérêt particulier aux nouvelles technologies et à la société du savoir en indiquant que l’informatique a remis en question certaines idées reçues et constantes. “L’ouverture sur les autoroutes de l’information et les réseaux de communication ne devrait aucunement se faire aux dépens de l’intégrité de l’homme. C’est pourquoi, les autorités compétentes ont tenu à mettre la législation tunisienne au diapason des mutations des NTIC qui présentent des risques énormes”, a-t-il fait remarquer en substance. Le débat a porté au cours de ce colloque sur les spécialités des cybercrimes et les moyens de lutter contre ce nouveau genre de criminalité. Dans son intervention, M. Hachemi Kasraoui, substitut du procureur de la République auprès du Tribunal de première instance de Tunis, a défini les crimes informatiques “comme une atteinte à un droit ou à un intérêt protégé par la loi par le moyen d’un ordinateur, lequel pourrait être un moyen pour commettre le crime ou bien un objet qui subit l’acte criminel à travers une atteinte portée aux systèmes informatiques”. En d’autres termes, l’ordinateur constitue le moyen idéal pour commettre certains crimes puisque le cybercriminel peut exploiter les avantages que procure cette technologie pour émettre des allégations fallacieuses sans fondements aucun, ainsi que de fausses données. L’exemple type à ce propos est celui de l’agent responsable de la comptabilité qui utilise des prête-noms de couverture pour détourner à son profit via l’outil informatique les salaires d’autres agents fictifs. Les systèmes informatiques pourraient également être détruits ou modifiés de façon illégitime par le biais des virus informatiques tels “I love you”, “Cheval de Troie”, “My doom”. Les exemples les plus connus en matière d’atteinte aux systèmes informatiques sont les attaques ayant ciblé les sites Yahoo, Amazon qui ont été bloqués pendant plusieurs heures en février 2000 et le site de la Maison-Blanche aux USA en mai 2001. Difficultés La deuxième caractéristique des crimes informatiques n’est autre que leur caractère international. L’utilisation des réseaux numériques pourrait, en effet, avoir lieu dans un pays et avoir des retombées dans d’autres pays lointains, chose qui complique la découverte du crime et l’exécution du jugement des tribunaux au cas où son auteur a été identifié. L’exemple qui illustre le mieux ces difficultés est, selon M. Kasraoui le refus de la justice américaine d’exécuter le jugement du tribunal de Paris obligeant la société “Yahoo” de recourir à des procédés techniques pour empêcher les internautes français de consulter un site d’enchères sur lequel figuraient des objets nazis dont la simple visualisations constitue une violation des dispositions du code pénal français. Le conférencier a également souligné que le domaine du crime informatique concerne la vie privée des individus, les transactions financières, l’administration et les institutions de l’Etat et les médias. De nombreux moyens de lutte contre la cybercriminalité ont été mis en place en Tunisie. Il s’agit, en premier lieu, des lois nationales telles que le Code pénal dont l’article 172 concerne les crimes ayant trait à la “falsification informatique” permet des perquisitions en ligne opérées à partir du poste de l’officier de la police judiciaire puisque les traces de certains crimes informatiques se perdent en un laps de temps très court. M. Kasraoui a également noté que la coopération entre les différents pays en matière d’extradition ne semble pas fonctionner de façon satisfaisante. Raison pour laquelle d’aucuns appellent à mettre en place de nouvelles procédures plus rapides et plus efficaces car le recours à Interpol semble trop lent. W.K. ------------------------------------------------------------ Sur le vif:Victimes des TIC ! Décidément, il n’y a pas le moindre doute que la famille est en train de payer les pots cassés des progrès technologiques. Les technologies de l'Information et de la Communication ont été certes conçues pour améliorer sur plus d’un plan la qualité de vie et faciliter surtout le quotidien. Mais au revers de la médaille, un usage exagéré de ces technologies ne peut être que catastrophique pour les foyers. En effet, l’autre soir et dans un sympathique restaurant, une famille s’est attablée. Les enfants se sont réunis autour d’une table et les parents dans une autre parce que les grandes tables étaient déjà occupées. Dès que les parents ont tout de suite sorti leurs portables, ces gadgets incontournables partout. La maman n’a pas arrêté de composer d’interminables numéros pour dire n’importe quoi. Autrement dit, ce n’était nullement des appels urgents. Quant au papa, avec ses petites lunettes d’intello, il n’a pas essayé de sauver la situation, car au contraire, lui aussi était absorbé. Pour sa part, il avait un téléphone portable dans chaque main. Et il jouait. Entre-temps, leur petit garçon frimait devant le reste des enfants, ses copains, avec un cellulaire dernier cri. Il ne cessait pas de leur faire écouter sa fameuse sonnerie face à leurs regards curieux et impressionnés. C’était un malheureux échantillon des victimes des TIC ! Et ils sont encore plus nombreux les couples et les familles qui passent à côté de l’essentiel à cause de ces gadgets ! M. KADA -------------------------------------------------------------- Halte au silence! 10% seulement des crimes informatiques commis arrivent entre les mains de la Justice. Entreprises, médias, institutions étatiques et individus rechignant, en effet, à recourir à la Justice de peur que l’affaire n’ait des retombées négatives sur leur réputation commerciale ou politique auprès de l’opinion publique.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com