Maladies respiratoires et allergiques chez les enfants:Le tabagisme passif à l’index





Les maladies allergiques et respiratoires chez l’enfant ont fait l’objet de la première journée scientifique organisée hier par la Société Tunisienne de Pneumologie et Allergie Pédiatrique. Ces affections semblent malheureusement gagner du terrain en Tunisie et leur recrudescence est incontestable. • Tunis - Le Quotidien La pathologie respiratoire est la pathologie la plus importante en Tunisie. En effet, l’amélioration du niveau de vie, l’éradication des maladies infectieuses et l’urbanisation galopante donnent lieu à des pathologies nouvelles. Ce qui est valable pour la Tunisie l’est d’ailleurs pour le reste des pays. Les maladies allergiques sont donc une résultante de ce nouvel environnement. L’asthme figure en première position. C’est à ce sujet que la Société Tunisienne de Pneumologie et Allergie Pédiatrique (STPAP), a organisé hier une journée scientifique. A l’ordre du jour de cette manifestation deux thèmes principaux débattus à savoir le rapport entre la rhinite allergique et l’asthme et les allergies alimentaires. La STPAP qui a vu le jour en 2004, vise à contribuer à former les médecins dans ce secteur très important de par la recrudescence des pathologies liées aux maladies respiratoires. Elle aspire également à mener des recherches en la matière qui permettront de mieux connaître l’état des lieux en Tunisie. A ce propos, le Dr. Faouzia Khaldi, présidente de la STPAP explique que l’intérêt porté à ces maladies allergiques est dû aux prévalences enregistrées. Une enquête a été menée dans le Grand Tunis (Ariana, Ben Arous, Manouba, Tunis) auprès d’enfants d’écoles primaires. Elle a montré que 13% de ces jeunes dont l’âge se situe entre 13 et 14 ans sont atteints d’asthme. «De surcroît, le diagnostic n’est pas fait dans la plupart des cas et la prise en charge n’est pas adaptée», précise notre interlocutrice. D’où l’importance à son avis de sensibiliser les médecins à cette maladie chronique très fréquente en Tunisie. Nette progression D’aucuns constatent que les problèmes allergiques sont de plus en plus importants et fréquents dans les bas âges. Et le Dr Khaldi de confirmer que l’enquête réalisée a permis effectivement de comparer la prévalence actuelle à celle antérieure. «On constate une nette progression du fléau», affirme-t-elle. Dans ce même sens, le Dr Nejla Ben Jaballah, chef de service de la réanimation pédiatrique à l’hôpital d’enfants de Tunis souligne que «les manifestations allergiques sont plus fréquentes qu’auparavant, aussi bien en Tunisie que partout ailleurs dans le monde». Cela s’explique par le fait «qu’on connaît mieux ces maladies qu’il y a davantage de prise de conscience et qu’il y a aussi un changement au niveau de l’environnement». Parmi ces problèmes respiratoires chez l’enfant, le Dr. Ben Jaballah cite l’asthme en tant que première maladie chronique et la bronchiolite comme pathologie aiguë. Cette dernière est très fréquente dans les réanimations pédiatriques principalement en hiver. Ces deux types de maladies mettent en jeu le pronostic vital. Aussi bien l’asthme que la bronchiolite peuvent se compliquer. Pour l’asthme, il peut tuer en temps de crises graves et il risque d’évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique. Idem pour les bronchiolites qui sont susceptibles d’évoluer vers un asthme dans la moitié des cas et risquent aussi de tuer en fonction de complications. A ce niveau, le Dr Jaballah cite certes le terrain familial comme facteur de risque prédisposant l’enfant à ces maladies allergiques et respiratoires. Mais elle condamne surtout le tabagisme passif qui responsabilise les parents fumant en présence des enfants. «Un enfant qui évolue dans un tel milieu est plus menacé qu’un nourrisson ayant fait une bronchiolite aiguë». Ceci étant, on peut beaucoup mieux faire en Tunisie dans ce domaine. L’effort déployé jusqu’à maintenant pour résoudre les problèmes allergiques et respiratoires pédiatriques reste insuffisant. Car la prolifération de ce fléau est importante et incontestable. Le Dr Khaldi insiste sur un travail continu et de longue haleine, garant d’une meilleure lutte contre cette recrudescence, fruit paradoxalement de la diminution des maladies infectieuses. Maryem KADA ----------------------------------------------------------- Le risque des corticoïdes Les corticoïdes font l’objet de beaucoup de critiques. Leur efficacité serait une arme à double tranchant selon les spécialistes et le grand public. Leur prescription dans les maladies allergiques et respiratoires est donc remise en question. A ce sujet, le Dr. Nejla Ben Jaballah précise que leurs effets secondaires sont effectivement non-négligeables. Mais ces ant-inflammatoires très puissants ne sont préconisés chez l’enfant que pour les traitements de courte durée. Et c’est notamment par voie orale ou intraveineuse. Ce recours aux corticoïdes par ces deux voies répond à une balance entre l’intérêt majeur et la gravité de la crise. Sinon en dehors des crises aiguës, la corticothérapie chez les enfants se fait seulement par voie buccale. «Ce qui entraîne beaucoup moins d’effets secondaires». Parmi ces effets indésirables chez l’enfant, on cite principalement le ralentissement de la croissance.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com