L’huile d’olive : Nouvelles stratégies pour la conquête des marchés émergents





En collaboration avec le ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, le ministère du Commerce et de l’Artisanat a organisé hier une Journée d’étude sur le secteur de l’huile d’olive. L’objectif de cette manifestation est de mettre en exergue une stratégie de promotion de l’huile d’olive tunisienne sur les nouveaux marchés émergents. Tunis - Le Quotidien Cette journée de réflexion placée sous le thème «La Tunisie, 2ème producteur et exportateur mondial», a été en fait axée en grande partie sur la présentation des stratégies et des scénarios à mettre en œuvre pour promouvoir les exportations de l'huile d’olive tunisienne. A cet effet, une première communication a été donnée par M. Ali Chelbi intervenant du Centre de Promotion des Exportations (CEPEX) qui a présenté les résultats d’une étude élaborée par le CEPEX en coordination avec un bureau d’études spécialisé. Cette étude a pour objectifs de définir une stratégie pour une meilleure valorisation des exportations aléicoles de la Tunisie, d’identifier des marchés-cibles pour lesquels des plans d’action bien définis et qui prennent en considération leurs spécificités réciproques sont proposés. D’après les résultats de cette étude, la production moyenne annuelle en matière d’huile d’olive se situe aux alentours de 142 mille tonnes parmi lesquelles 97.000 tonnes sont réservées à l’exportation. Les exportations de la Tunisie se font dans leur totalité sous forme de vrac. Ce facteur dû à l’absence des unités de conditionnement pour l’exportation représente un handicap majeur devant la diversification des marchés. Toujours selon l’exposé du responsable du CEPEX, cette situation ne permet pas à la Tunisie de concurrencer de manière plus efficiente les principaux producteurs tels que l’Italie et l’Espagne. L’Italie occupe en fait la première place en matière d’exportation d’huile d’olive conditionnée malgré son déficit de production. L’Italie et l’Espagne détiennent, il faut le noter, les principales marques mondiales. Les deux producteurs accaparent grâce à leur exportation d’huile d’olive conditionnée plus de 90% des marchés importateurs tels que la France, l’Angleterre, le Japon et les Etats Unis d’Amérique. * Huile conditionnée et marchés émergents M. Ali Chelbi a présenté ensuite les objectifs stratégiques à la lumière de cette situation sur le marché mondial. Il a été ainsi fixé un premier objectif à réaliser à l’horizon 2010. Il s’agit de développer la part du conditionné de 10 à 20%, de s’intégrer dans la chaîne des distributeurs avec des marques propres, de cibler les quatre (4) pays prioritaires, à savoir la France, l’Angleterre, l’Allemagne et les USA ainsi que des marchés émergents en l’occurrence le Canada, l’Australie et le Japon. Par ailleurs, M. Mohamed Ben Fredj, directeur général du CTAA auprès du ministère de l’Energie et des PME a mis l’accent dans son intervention sur la nécessité de développer le conditionnement de l'huile d’olive tunisienne. En Tunisie, le taux de conditionnement ne dépasse pas les 3% alors que l’exportation de l’huile conditionnée se situe aux alentours de 2%. A titre comparatif, en Espagne, l’huile d’olive conditionnée représente 45% des exportations et dépasse les 65% pour l’Italie. Si on sait que la législation européenne interdit la vente de l’huile d’olive en vrac pour des considérations liées à la santé mais surtout à l’instauration de la culture de la qualité, on se rend bien compte de la nécessité de promouvoir l’huile conditionnée en Tunisie. Cela s’avère d’autant plus urgent que les consommateurs dans les nouveaux marchés émergents tels que l’Angleterre, le Japon et les USA sont très exigeants à ce propos. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com