Déjà déchiré par une guerre civile au Darfour : Les rebelles ouvrent un front dans l’est du Soudan





Des groupes rebelles ont lancé une offensive majeure contre l'armée régulière dans la région de la mer Rouge, faisant naître des craintes d'un nouveau conflit dans l'est au Soudan, un pays déjà déchiré par une guerre civile au Darfour, dans l'ouest. Le Quotidien - Agences Le mouvement tribal du Front de l'Est et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), un des deux principaux groupes rebelles au Darfour, ont lancé il y a deux jours une attaque au sud de Port-Soudan et affirmé avoir infligé de lourdes pertes à l'armée. "Khartoum affirme avoir stoppé notre progression mais ce n'est pas vrai. Toutes les défenses de l'ennemi ont été anéanties et ses troupes se retrouvent sans commandement", a déclaré Salah Barquin, un membre du Congrès Beja, l'une des deux principales composantes du Front de l'Est. Dans un communiqué, les rebelles ont revendiqué la capture de 17 soldats, dont un officier, et attaqué une caserne dans leur progression vers la ville de Tokar (à 120 km au sud de Port-Soudan) où ils affirment avoir saisi de gros stocks d'armes. "C'est notre plus grande opération militaire ces dernières années; elle a débuté dimanche et nous ne savons pas jusqu'à quand elle va durer", avait dit lundi Barquin. Le gouvernement central à Khartoum n'avait toujours pas commenté officiellement hier cette offensive. Mais le gouverneur de l'Etat de la Mer Rouge, le commandant Hatim al-Wasilah al-Sammani, a confirmé avant-hier l'offensive rebelle, affirmant que quatre soldats avaient été enlevés et un autre blessé. Il a promis une riposte proportionnée faisant craindre l'ouverture d'un nouveau front au Soudan, déjà déchiré par la guerre civile au Darfour qui a fait entre 180.000 et 300.000 morts depuis février 2003 selon les estimations. "Nous avons placé toutes nos forces en alerte", a assuré le gouverneur de l'Etat incluant Port-Soudan, le principal port du pays. * L’Erythée accusée Il a accusé l'Erythrée voisine, où est basé le Front de l'Est, de soutenir l'offensive lancée selon lui à l'aide d'un armement lourd et d'engins motorisés. "L'attaque a eu lieu à environ 70 km de la frontière (avec l'Erythrée). Une force d'opposition ne peut aller aussi loin à l'intérieur du territoire soudanais sans avoir un soutien logistique qui peut être fourni par l'Erythrée", a indiqué Sammani. Plusieurs milliers de réfugiés érythréens vivent au Soudan et Asmara a accusé à plusieurs reprises Khartoum de les persécuter. Le gouvernement soudanais a imputé en retour à son voisin un soutien aux rebelles. "Les rebelles veulent déplacer la rébellion de l'ouest vers l'est en raison des pourparlers de paix et parce que l'est est économiquement plus riche", a affirmé Sammani, en allusion aux négociations intersoudanaises d'Abuja sur le Darfour. "Tant que le gouvernement offrira des bouts d'accords, même s'il y a un règlement au Darfour, nous continuerons à nous battre ailleurs, dans l'est ou à Khartoum", a affirmé Abdel Aziz Osher, un porte-parole du JEM, qui a réclamé une "une solution globale des problèmes du Soudan".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com