Opération charme sur les bords du Rhin





Feuilleter l’album de la participation tunisienne à la 7ème Coupe des confédérations, c’est se rendre compte des promesses et de l’intéressante marge de progression du onze national et en même temps de la fragilité de son destin dès qu’il ignore les «fondamentaux» qui établirent sa réputation. Avant-hier sous la pluie d’été de Leipzig, Lemerre et ses potes mirent un point d’honneur à signer une première victoire, pour le plaisir, pour l’honneur et pour la petite histoire dans une Coupe des confédérations qui demeurera pour eux pour longtemps une date marquante. L’Australie, au bout du rouleau, au jeu stéréotypé et au rythme monocorde, n’avait pas les moyens de mettre en danger une formation dont la première qualité est devenue son impressionnante occupation du terrain et son étonnante faculté à quadriller les espaces. Les observateurs diront d’elle qu’elle est bien en place. Santos gardait ainsi suffisamment de jus pour profiter, par un doublé, des erreurs de débutant du gardien Kangaurou Petkovic et de sa défense, alors que Guemamdia se battait avec sa générosité coutumière sur tous les ballons. Les quelques erreurs du jeune gardien Kasraoui, notamment dans les airs, furent sans conséquences et l’on peut mesurer à quel point seule la haute compétition peut aider le mieux à cerner les lacunes et à progresser. Bon an mal an, les Aigles de Carthage surent, sur un tournoi placé inopportunément en fin de saison, s’accrocher et parfois séduire malgré la saturation et le peu d’énergies qui leur restaient, faisant front avec courage et opiniâtreté à une certaine supériorité technique (dans le cas de l’Argentine) et physique (dans celui de l’Allemagne) démontrée par leurs adversaires. * Douce révolution Quelle relation faudrait-il établir entre cette prestigieuse virée germanique en quelque sorte lors du temps et de l’espace de notre environnement naturel, celui d’un football africain où les conditions de jeu changent radicalement et entre la suite du parcours mondialise qui attend les nôtres et qui demeure leur objectif prioritaire? C’est en vérité là le genre de questions à fournir pour le Trivial Poursuit d’autant que le sport se nourrit de challenges et qu’en sa qualité de champion d'Afrique, la Tunisie devait honorer son contrat au «Festival des champions» et se faire mieux connaître par l’intermédiaire de l'excellent tremplin médiatique offert à l’occasion. Un peu partout dans le monde, on a pu de la sorte mieux connaître le Jaïdi athlétique et solide comme le roc, le Chedly inusable, le Santos, renard affamé des surfaces, le Guemamdia, habile manœuvrier et attaquant racé, le Jaziri virevoltant à vous donner le tournis, le Boumnijel quadragénaire mais répondant toujours présent, le Namouchi évoluant mardi quasiment en troisième attaquant. La planète-foot, rivée devant les téléviseurs, a pu également apprécier l’étendue jusque-là vraiment insoupçonnable des solutions de rechange que peut utiliser à satiété un technicien expérimenté et rigoureux. L’Equipe de Tunisie, pour tout dire, est sortie ces dernières années du dilettantisme de l’âge de pierre au sérieux professionnalisme des temps modernes. Son attitude a changé du tout au tout et avec du recul, sans vouloir vitupérer sa gestion par Ammar Souayeh en 2002, on peut imaginer qu’elle serait allée bien au-delà d’un groupe de premier tour (Japon, Belgique, Russie) qui ne lui aurait guère fait si peur, dans sa forme actuelle, soit depuis la douce révolution lemerrienne. Une sage résurrection apportée par une main de fer dans un gant de velours. S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com