Perplexité !





Lors de sa dernière analyse de la situation du monde arabe, Mohamed-Hassanine Heikal s’est encore une fois affirmé en proie à la perplexité la plus totale. Avec son style inimitable où il donne l’impression de lutter constamment pour s’arracher à l’héritage subjectif de notre civilisation pour s’en tenir au réalisme le plus «mathématique» possible, il s’est interrogé d’innombrables fois de suite sur la panne qui a atteint la nation. Heikal a absolument raison de se dire perplexe quand on constate que, depuis soixante années qu’il s’est fait l’observateur de la condition arabe, bien peu de choses ont bougé. Voire, certaines situations ont empiré. Pour ne prendre qu’un seul élément de comparaison avec les Asiatiques dont la situation était semblable à la nôtre, voire pire, il y a 60 ans, nous nous trouvons aujourd’hui devant une question sans réponse : pourquoi les technologies de l’information et de la communication nous ont-elles échappé en majorité alors qu’elles sont maîtrisées au plus haut niveau (y compris la recherche) par l’Asie ? Un exemple typique de dysfonctionnement quand on sait que personne n’avait de traditions dans ce domaine il y a 60 ans et que tout le monde était donc en face de la même opportunité. Et ce qui est vrai ici l’est partout ailleurs. Aucune explication logique à cet échec, sinon que c’est nécessairement notre volonté, notre culture et notre sens civilisationnel qui sont en défaut. Manoubi AKROUT


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com