La culture de la lecture





Dans les pays occidentaux, on a toujours admiré ces gens qui, dans le métro, sur le banc d'un quai de gare ou dans une salle d'embarquement d'un aéroport, trouvent plaisir à lire un livre, et souvent dans des positions inconfortables. Ce n'est sans doute pas chez eux une manière de «tuer» le temps mais plutôt de ne pas le perdre à ne rien faire. Ce genre de scène est plutôt rare sous nos latitudes où la lecture reste une pratique élitaire, apanage de quelques intellectuels attardés. Le petit peuple, lui, ne lit pas ou très peu. Il va, en revanche, au stade, regarde la télévision, et même beaucoup trop. II lui arrive même d'aller au cinéma, bien que les exploitants des salles se plaignent de la baisse de fréquentation. Le livre n'est décidément pas sa tasse de thé. «C'est démodé, ennuyeux et, surtout, cher», dit-on souvent pour justifier le manque d'intérêt pour la lecture. Cher, le livre ? On sait qu'il n'en est rien. Quand on sait qu'un billet de stade coûte entre dix et vingt dinars, qu'un billet de gala à Carthage peut atteindre jusqu'à trente dinars, et que le prix d'une boisson dans un hôtel de la banlieue Nord descend rarement au-dessous de cinq dinars, on ne peut pas dire honnêtement que le livre est une denrée chère, surtout le livre produit localement et dont le prix dépasse rarement les dix dinars. En fait tout est question d'habitude, de culture. Et nous sommes en train de perdre l'habitude de lire, la culture du livre...


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com