Abdessalem Lassilaâ : Ecrit sans compromis





La poésie de Abdessalem Lassilaâ est de celles qui, sans coup férir, scellent l’unité des peuples et ravivent l’empressement des générations languissantes. Un nouvel écrit, une autre page de l’histoire que le poète exhume. C’est du moins ce qui ressort de «Pluies sur Cordoue» (Matar ala Kortouba), un recueil de poèmes de haute facture. Aussi fougueuse qu’ardente la plume de Lassilaâ n’est pas tombée de la dernière pluie. Poète averti, éminent intellectuel et journaliste émérite, l’auteur de «Pluie sur Cordoue» répand les vers en pluie battante et diluvienne. Des pluies qui au sens propre qu’au figuré viennent laver les cœurs et les esprits des maux des temps présents. On aime aussi ces jeux de mots employés par l’auteur, ces vers en prose imagés où le poète personnifie les lieux visités. Cordoue, Séville et Grenade représentent pour lui le passé qu’il sollicite tel un homme pourrait convoiter une femme. Mais la «muse» ne répond pas à l’appel pour que l’amoureux se fonde dans un océan de larmes et de lamentations. En fait la poésie de Lassilaâ retient à elle le lecteur qui s’y attache par la force des mots qui fusent. Elle est de cette poésie à laquelle on s’identifie, qu’on s’approprie au point d’en faire le genre de textes qu’on aurait un jour écrit. Lassilaâ parle de ce passé ou encore de cette femme sans identité car acculturée. On a fait table rase de notre culture arabo-musulmane qui en ressort défigurée, telle une femme sans histoire, sans passé. Plusieurs poèmes renouent cette même veine nationaliste dans le recueil de Lassilaâ. On en cite «Sur le chemin de la vie», «Poème du Sud», «Femmes», «Om Fatma», etc. On y retrouve aussi quelques termes empruntés du «Coran». Le poète aurait ainsi donné un caractère mystique à ses écrits imagés. Sans oublier aussi la maîtrise totale de cette langue arabe que le poète façonne, malmène à sa manière, tel un sculpteur grec qui avec la verre inspiratrice s’anime de l’amour du détail. Ce recueil de poèmes de Lassilaâ est préfacé par Chedly Kélibi et porte en vitrine un tableau de Ali Abid. Ce sont en fait deux consécrations qui lui valent tous les galons. Mona Ben Gamra


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com