Accidents de la voie publique : La série noire continue…





A la veille du démarrage de la campagne «Vacances en sécurité», l’Association tunisienne de la prévention routière a organisé hier une journée d’étude en collaboration avec l’Institut Mohamed Kassab d’orthopédie sur le thème de «L’impact social et médical des accidents de la voie publique». Tunis-Le Quotidien Des tétraplégiques, des paraplégiques, des polyfracturés et des paralysés sont victimes des accidents de la voie publique (AVP). Leurs souffrances sont intenses et leur réinsertion sociale est très compliquée. Ils traînent longtemps sinon pour toujours des séquelles physiques et psychologiques qui bouleversent le cours de leur vie. Par souci d’atténuer l’ampleur de ces drames, le bureau régional de l’Association tunisienne de la prévention routière (ATPR) à La Manouba a organisé hier une journée d’étude en collaboration avec l’Institut Mohamed Kassab d’Orthopédie, sur le thème «l’impact social et médical des accidents de la voie publique», un thème d’une actualité brûlente qui coïncide avec les préparatifs en cours pour la campagne «Vacances en sécurité». Celle-ci démarre demain, 1er juillet et se poursuit jusqu’à la fin du mois d’août. * Des chiffres alarmants A l’Institut Kassab, l’encombrement est flagrant. Les patients en attente témoignent de l’ampleur de ce mal. Mais le plus grave concerne essentiellement les victimes des AVP. En effet, 178 malades ont été admis à l’Institut suite à ce type d’accidents durant le premier semestre de 2005. Par ailleurs, 824 victimes d’AVP sont passées pendant la même période par les urgences de l’Institut. Il va sans dire que le nombre d’AVP fait l’objet d’une attention particulière au cours des mois de juillet et août en raison de l’effort consenti à ce moment de l’année. Mais autant l’objectif est d’assurer des vacances avec le minimum de dégâts, autant les drames ne connaissent pas de répit. L’été précédent, les admissions au Kassab suite à des AVP a atteint 92 cas contre 78 en 2003. Cette hausse est significative en ce sens que les routes en été se caractérisent par un exhibitionnisme exceptionnel en matière de conduite. Pour le cas de La Manouba, quinze personnes ont trouvé la mort dans de tels accidents depuis le début de l’année. A préciser que les AVP sont jusqu’alors au nombre de 191 avec 281 blessés. * La vitesse à l’index Dans cet ensemble d'accidents qui persistent en dépit des mesures de sécurité, la vitesse est la première responsable. Et cela relève de la faute humaine qu’il est grand temps d’éviter et de combattre. Rien ne peut justifier une inconscience pareille aux répercussions dramatiques. A propos de conséquences fatales, Dr Mounir Zouari, chef des urgences à l’Institut Kassab souligne les fractures de la colonne vertébrale. «50% de ces fractures à l'Institut sont dues aux AVP», explique le médecin. Et d’ajouter que les deux tiers des fractures en question s’accompagnent de paralysie. Il se trouve que lorsque la fracture est cervicale, elle entraîne une tétraplégie. Si elle est dorso-lombaire, elle donne une paraplégie. «La plupart de ces victimes sont jeunes. Ce sont notamment des motocyclistes qui ne portent pas de casques. Le comble c’est quand la personne se retrouve avec une paralysie qui risque d’être irréversible. Ce qui laisse ces gens tributaires d’une tierce personne et rend la charge lourde», regrette le spécialiste. En effet, ces patients finissent souvent dans un fauteuil roulant souffrant d’une incontinence urinaire. Cet état les démoralise et rend leur insertion socio-professionnelle aussi difficile que très lente. Dans ces problèmes de fractures et d’accidents de la voie publique, la prise en charge immédiate des victimes laisse à désirer. En plus du ramassage qui donne de complications neurologiques dans 10% des cas, le personnel aux urgences n’accomplit pas toujours sa mission convenablement. Devant l’Institut Kassab, le changement de la voie ferrée bloque le passage notamment des ambulances à trois reprises dans la journée. Certes, une communication a été réservée hier à l’évolution enregistrée dans les services d’urgence. Mais ceci n’empêche qu’il reste beaucoup à faire. Surtout quand il s’agit d’une spécialité aussi délicate. L’optimisme reste de mise en attendant que les deux pôles d’urgence aux entrées nord et sud de la capitale soient prêts. Néanmoins, est-il admissible que le port de la ceinture de sécurité ne soit pas obligatoire dans les zones urbaines et qu’il soit uniquement recommandé en dehors de ces zones ? C’est vrai que les chauffeurs de taxis se sont plaints à ce sujet, mais il n’est pas normal qu’une minorité contribue à un tel laisser aller qui met en péril tous les usagers de la voie publique. Maryem KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com