Alors que ses troupes peinent à juguler la Résistance : Bush refuse de préciser une date de retrait des troupes





Le président américain George W. Bush a estimé que fixer une date de retrait des 135.000 GI's d'Irak serait "une grave erreur", au moment où les forces américaines et irakiennes n'arrivent pas à juguler la résistance. Le Quotidien - Agences En dépit du déploiement par les Etats-Unis et leurs alliés, notamment la Grande-Bretagne, de quelque 155.000 soldats en Irak plus de deux ans après la chute du régime de Saddam Hussein, la résistance parvient à frapper presque partout dans le pays fauchant des vies tous les jours. Au moins 30 personnes ont ainsi été tuées en 48 heures dans des attaques multiples, dont le doyen des députés irakiens, Dhari al-Fayyad, qui a péri avec son fils et trois gardes par un kamikaze qui a fait exploser son véhicule à proximité de leur voiture à Bagdad. Le groupe du chef du réseau d’Al-Qaïda en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui, a revendiqué l'assassinat de Dhari al-Fayyad tué selon lui par un kamikaze "irakien", dans un communiqué publié sur internet. Hier encore, deux policiers irakiens ont été blessés dans une attaque à la roquette à Samarra où est basé un contingent japonais, au lendemain de heurts entre des centaines de chômeurs et la police, qui auraient fait un mort et onze blessés, selon l'agence japonaise Kyodo. De son côté, un chef tribal sunnite et cousin du chef du Comité des oulémas musulmans, cheikh Daher Khamis al-Dhari, a été arrêté à l'ouest de Bagdad par l'armée américaine, selon un porte-parole de la principale association sunnite d'Irak. Aucun commentaire n'était disponible du côté américain. Par ailleurs deux soldats polonais ont été blessés hier à Diwaniya dans une attaque contre une patrouille polono-irakienne, a annoncé une source polonaise. * Bush s’entête Au moment où de nombreux sondages publiés aux Etats-Unis illustrent les réticences croissantes de l'opinion publique sur l'Irak, Bush a tenté de défendre sa stratégie dans ce pays, dans un discours mardi devant plus de 700 soldats de la base de Fort Bragg (Caroline du nord, sud-est). Il a expliqué les raisons pour lesquelles selon lui ce serait "une grave erreur" de fixer une échéance pour le retrait américain. "Fixer un calendrier artificiel enverrait le mauvais message aux Irakiens qui doivent savoir que les Etats-Unis ne partiront pas sans avoir achevé leur tâche. Cela enverrait le mauvais message à nos troupes qui ont besoin de savoir que nous sommes sérieux dans notre volonté d'achever la mission pour laquelle elles risquent leur vie", a-t-il déclaré. "Et cela enverrait le mauvais message à l'ennemi qui saurait dès lors qu'il n'a plus qu'à attendre notre départ. Nous resterons en Irak aussi longtemps qu'il le faut et pas un jour de plus", a-t-il dit, à l'occasion du premier anniversaire du transfert du pouvoir par les Américains aux autorités irakiennes. * Situation difficile Bush a laissé entendre qu'il n'enverrait pas davantage de troupes en Irak, mais a prévenu que la situation dans ce pays restait difficile et que les progrès effectués étaient "inégaux". "Nous avons encore davantage de travail à faire (...)". Plus de 1.730 soldats américains ont aussi été tués depuis l'invasion en mars 2003 de l'Irak par une coalition américano-britannique qui a renversé un mois plus tard le régime du président Saddam Hussein. Bush a affirmé que plus de 160.000 soldats irakiens avaient été formés jusqu'à présent par les troupes de la coalition, tout en reconnaissant qu'ils "se trouvaient à différents niveaux de préparation". Responsables américains et irakiens conviennent que la Force multinationale, menée par les Etats-Unis, doit rester en Irak tant que les forces de sécurité irakiennes ne sont pas en mesure de contrôler seules le pays. Bush a aussi cité le chef du réseau Al-Qaïda Oussama ben Laden pour justifier son assertion que le combat en Irak est "un front central de la guerre contre le terrorisme" engagée après les attentats 11 septembre 2001. Mais le président américain n'a pas convaincu les principaux responsables de l'opposition démocrate dans son pays qui lui ont reproché de ne pas avoir présenté de plan pour gagner en Irak et d'avoir "exploité" à tort l'argument de la riposte aux attentats du 11 septembre. ______________________________ La presse US très critique : Bush a raté une opportunité d’être honnête Le Quotidien - Agences Le président Bush n'a pas réussi à parler honnêtement de l'Irak à ses concitoyens mardi, et n'aurait pas dû une nouvelle fois lier l'action des Etats-Unis aux attentats du 11 septembre 2001, estiment plusieurs influents journaux américains hier. "Malheureusement, Bush a raté le coche hier soir, en livrant un discours répondant à des questions que personne ne se pose", estime le New York Times, en référence au leit-motiv du président qu'un Irak stable et démocratique valait des sacrifices de la part de l'Amérique. "Nous avions espéré qu'il résisterait à la tentation de brandir encore et toujours l'étendard du 11 septembre, pour justifier une guerre dans un pays qui n'avait rien à voir, de quelque manière que ce soit, avec les attaques terroristes", a encore déploré le quotidien. Le Washington Post critique lui aussi le discours du président, qui a "raté l'opportunité de se mettre pleinement en phase avec les Américains". Si Bush veut que les forces américaines réussisent en Irak, il devra "parler plus honnêtement aux Américains qu'il ne l'a fait la nuit dernière", sans occulter les "aspects les plus difficiles de la situation", souligne le Post. Le quotidien rappelle que l'insurrection "ne s'affaiblit pas", que les troupes irakiennes "ne seront pas prêtes à prendre le relais des troupes américaines avant plusieurs années", et les forces irako-américaines ne sont "nulle part assez importantes" pour stabiliser le pays. ______________________________ Paris insistesur la souveraineté irakienne Le Quotidien - Agence Après le discours de Bush, la France a insisté hier sur la nécessité pour les Irakiens de “disposer d’une perspective, d’un horizon clair de pleine souveraineté, y compris dans le domaine militaire et de sécurité”. “La France, avec la Communauté internationale, s’est engagée, dans le cadre de la résolution 1546, sur une logique et un calendrier de restauration de la souveraineté irakienne”, a rappelé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattei. “L’une des dimensions sur lesquelles la France a particulièrement insisté ces derniers mois est la nécessité pour les Irakiens de disposer d’une perspective, d’un horizon clair de pleine souveraineté, y compris dans le domaine militaire et de sécurité”, a-t-il ajouté. Elle l’a fait en insistant sur le nécessité d’un processus politique incluant toutes les composantes du peuple irakien”, selon le porte-parole. “Pour consolider la transition démocratique, il faut appuyer la reconstruction politique et économique de l’Irak. C’est ce message que le ministre compte transmettre aux autorités américaines lors de son déplacement aux Etats-Unis”, a ajouté le porte-parole. ______________________________ Selon des ex-otages : Les preneurs d'otages espéraient la réélection de Bush Le Quotidien - Agences Les ravisseurs irakiens de Christian Chesnot et Georges Malbrunot espéraient la réélection de George Bush à la présidence américaine pour radicaliser la résistance irakienne, ont expliqué les deux journalistes français dans un documentaire britannique. "Nous sentions que nous étions sur la planète Ben Laden", a témoigné Georges Malbrunot dans l'émission "Panorama", diffusée hier sur la BBC. Les deux journalistes ont précisé qu'ils avaient pu interviewer le leader d'une cellule islamiste parmi le groupe de leurs ravisseurs. Ce dirigeant qui s'était entraîné avec Oussama Ben Laden en Afghanistan leur a déclaré que les résistants irakiens étaient en faveur du maintien au pouvoir de George Bush parce qu'ils croyaient que cela signifierait "une confrontation, une occupation et la radicalisation des Irakiens", selon Georges Malbrunot. Parmi les 7 otages survivants interrogés au cours de l'émission, l'Américain Thomas Hamill a raconté que quand ses ravisseurs ont appris les abus commis par les soldats américains à la prison d'Abou Ghraïb, "ils cherchaient alors une excuse pour me tuer".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com