Papa Ndiaye Diouf au Quotidien : La solidarité, pour réduire le fossé numérique





Papa Ndiaye Diouf est professeur de communication à l‘université de Genève. Il assure parallèlement à sa fonction la présidence de la Diaspora Africaine pour la Société de l’Information (DASI) qui regroupe l’élite du continent noir basée en Europe. Il répond à nos questions sur les conditions de réussite du Sommet Mondial de la Société de l’Information qui se tiendra à Tunis au mois de novembre prochain. Le Quotidien : Pour quelles raisons la Communauté africaine en Europe a-t-elle décidé d’agir en diaspora pour la réussite de Sommet mondial de la société de l’information? - M. Papa Ndiaye Diouf : Je dois d’abord rappeler que la Communauté africaine en Europe est très importante. Nous sommes en effet une composante de la société civile et nous sommes directement concernés par les TIC. La Communauté africaine en Europe est consciente de l’importance de ces outils dans la vie quotidienne mais aussi sur les plans politique, social et culturel. Nous avons un rôle important à jouer à ce propos pour vulgariser, former et initier cette Communauté aux enjeux qui relèvent de ce sommet. Quelles sont les préparatifs de cette diaspora pour le prochain SMSI? Chaque région de la planète contribue à sa manière à la réussite de ce sommet. L’Afrique, a présenté son approche lors de la réunion tenue à Accra. Elle a défini ses besoins dans le cadre de la Commission économique Africaine (CEA). C’est elle qui coordonne les préparatifs pour une meilleure participation africaine à ce sommet. Toutefois nous sommes mobilisés pour contribuer à la réussite du Sommet. Comment résumeriez-vous les besoins de l’Afrique en matière de TIC? Les besoins détaillés sont définis dans le document final préparé par le CEA. Toutefois globalement on insiste pas assez sur la nécessité de réduire le fossé numérique entre le Nord et le Sud. Nous ne sommes pas en train d’utiliser suffisamment l’infrastructure disponible et les ressources humaines dont nous déposons. Nous ne sommes pas également en train de produire du contenu. Toute cette action nécessite un financement important qu’il faut dégager. On parle aujourd’hui de l’économie du savoir. Il s’agit d’un nouveau concept sur lequel nous sommes en train de travailler en collaboration avec plusieurs instances internationales. C’est un concept intéressant car il essaye d’aborder une approche globale du savoir dans le développement. A mon avis ce concept s’articule autour de 5 piliers : le contexte économique, l’éducation, les TIC, l’innovation et surtout le leadership compétent et patriote. Le leadership permet d’avoir une idée de développement et d’un projet de société. En d’autres terme, c’est un concept qui cherche à résoudre les problèmes de développement. Quelles sont vos attentes pour le sommet? Nos attentes peuvent se résumer sur l’importance de la mise en œuvre du savoir pour le développement de l’Afrique grâce à un partage réel du Savoir. Nous sommes disposés à ce partage pour établir l’équilibre du Savoir et par là l’équilibre économique et social. Sommes nous prêts pour cette échéance? Ce que je peux confirmer c’est que l’Afrique est très engagée dans ce processus malgré quelques lacunes. Parfois certaines PME sont mal informées et restent de facto à l’écart de ce processus. Nous avons remarqué que le secteur privé a été absent lors de la réunion de Genève. Nous sommes prêts pour cette échéance malgré le scepticisme de quelques pays développés hostiles à la création d’un Fonds de solidarité numérique. Je saisis cette occasion pour lancer un appel à la Communauté internationale pour une engagement agissant en faveur de la solidarité et la réduction du fossé numérique. Entretien réalisé par Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com