Propos désobligeants : Ce que les jeunes reprochent à leurs parents !





Etant jeunes, il est plutôt difficile d’accepter qu’on nous réplique d’une certaine façon surtout si les reproches viennent des parents. Toujours prompts à se rebeller, les plus jeunes sont, a priori, les plus insoumis et ils ont du mal à se plier aux ordres lorsque leur fierté est mise en jeu. Il suffit que les parents prononcent quelques mots qui tapent sur le “système” pour que le déclic se déclenche et bonjour les conflits... Tunis - Le Quotidien Il est tout à fait légitime que les parents rêvent que leurs enfants soient... parfaits. N’admettant pas que leurs progénitures “gaffent”, les parents peuvent réagir parfois de manière agressive et quelque part “gauche”. Croyant les corriger et les remettre sur le droit chemin, ils usent de quelques termes assez désobligeants qui semblent aggraver les choses. (“Tais-toi!”, “ferme ta gueule!,” “tu le feras malgré toi”!, “tu es encore trop petit!” “dehors!” “que tu sois maudit!” “que tu sois aveugle!”...) La liste est aussi longue que variée, mais elle ne semble pas du tout avoir un effet de correction sur les jeunes. Abdelkader, 20 ans, reconnaît qu’il commet quelques sottises et qu’il est loin d’être parfait, mais il n’accepte pas pour autant d’être atteint dans son amour-propre. “Je crois que les parents veulent tous avoir des enfants modèles. A la première déception, ils peuvent réagir mal. A mon sens, ils ont probablement l’impression d’avoir échoué à faire de nous des êtres tout à fait irréprochables et du coup, ils réagissent de manière agressive... Les termes qui me mettent hors de moi, c’est “Tais-toi et ferme-là!”. C’est ce que j’entends toujours. Mais Dieu m’a doté d’une raison et d’une langue justement pour réfléchir et débattre ! D’ailleurs, c’est exactement l’ordre que je ne devrais pas recevoir. Car, en cas de conflit, j’ai bien le droit de m’exprimer tout comme eux et seul le dialogue est capable de résoudre le problème à la racine...” dit-il. Malek, 18 ans, trouve illogique que les parents exigent qu’on les respecte et qu’on demande leur faveur gentiment, alors que certains n’agissent pas de la même manière. “Heureusement, il y a du respect entre mes géniteurs et moi. Mais ils fonctionnent généralement avec des ordres. Et pourtant, si je sens que je suis respecté et utile, j’agirai d’une façon meilleure. D’ailleurs, le dialogue et l’indulgence peuvent arranger les plus gros problèmes...Que dire alors s’ils s’avèrent être à la base d’une relation entre les parents et les enfants!”, dit-il. Mohamed, 19 ans, ne se plaint pas de la manière d’agir de ses géniteurs. Cela dit, il a eu vent de certains termes outrageants qu’utilisent certains parents. “Moi, au pire des cas, mes parents me disent que je suis très jeune pour faire telle ou telle chose. Certes cela me dérange, mais je m’y fais. Mais certains souffrent à cause du lexique parental: Dam, châtiment, préjudice...Certains vont jusqu’à souhaiter la mort de leurs enfants... Certes, ce ne sont que des paroles, mais je suppose que cela fait mal”, dit-il. Nidhal, 18 ans, a fini par s’y faire. Quand il pousse trop les choses, ses parents se mettent en colère. Ils crient, ils le “maudissent”, mais il sait que ce ne sont que des paroles en l’air. “Certes, cela me fait mal que ma mère me souhaite telle ou telle maladie, mais il faut dire que je la mets hors d’elle. Elle ne le souhaite pas vraiment, elle veut juste me faire comprendre qu’elle est en colère après moi. Mais je pense que le lexique poussé, les cris, les hurlements... ne résolvent pas les problèmes. Il arrive aussi qu’on me mette “dehors”, mais je finis par revenir... je n’ai nulle part où aller ! Il faut dire que c’est une indignation et cela m’avilit énormément”, dit-il. Karim, 18 ans, accepte tant bien que mal les reproches de ses parents tant que cela ne dépasse pas certaines limites. “Je suis soumis à un interrogatoire fréquemment. J’ai fini par m’y habituer. Par contre, je ne supporte pas que ma mère me “maudisse”. Pourquoi ne me reproche-t-elle pas mes bêtises de manière plus docile ! Il est vrai par ailleurs que les jeunes sont capables du pire. Nous avons une autre vision des choses et nous sommes obstinés et rebelles et c’est ce qui pousse les parents à perdre le contrôle de leurs nerfs. La faute est donc partagée. A mon sens, seuls le dialogue et le débat peuvent éviter les problèmes”, dit-il. Habib, 20 ans, partage le même avis même s’il ne se sent pas concerné. “Je n’ai jamais entendu des mots déplacés de la part de mes parents. Nous avons toujours su débattre de nos différends. Cela dit, je sais que certains parents perdent facilement leur contrôle et prononcent quelques mots à contre-cœur. Mais il ne faut jamais voir le phénomène d’un seul angle, il se peut que leur progéniture fasse preuve d’arrogance et d'incorrigibilité... Toutefois, je suis persuadé qu’aucun parent ne souhaite du mal à son enfant, ce ne sont que des paroles. La relation parents-enfants est plus noble que le défi”, dit-il. Des mots s’échappent quand les parents sont hors d’eux, cela ne met pas en question leur amour pour leurs enfants. Toutefois, les deux parties ont du boulot à faire. Aux enfants d’être plus corrects, et aux parents de ménager la chèvre et le chou... Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com