Référendum sur la Constitution : La France s’attend à un séisme





La France s'attend à vivre un nouveau séisme politique demain avec le référendum sur la Constitution européenne, le "non" étant largement en tête dans les sondages, mais le camp du "oui" continue d'espérer une inversion de tendance de dernière minute. Le Quotidien-Agences Alors que s'achève une campagne passionnée, après la dernière intervention solennelle du président Jacques Chirac qui joue très gros sur ce scrutin, les états-majors politiques se projettent déjà dans l'après-29 mai. "La droite et la gauche sont comme les tours jumelles de Manhattan après l'attaque du 11 septembre. On ne sait pas quelle est celle qui va tomber la première mais les deux tomberont" demain, a déclaré un responsable de la majorité. Jacques Chirac a annoncé avant-hier soir qu'une "nouvelle impulsion" serait donnée à l'action gouvernementale après le référendum, quel qu'en soit le résultat, pour répondre aux "inquiétudes" et aux "attentes" qui se sont exprimées pendant la campagne référendaire. Sans se prononcer clairement sur un remaniement gouvernemental, alors que le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin bat depuis plusieurs semaines des records d'impopularité, Jacques Chirac a indiqué que cette "nouvelle impulsion" serait décidée "pour plus de solidarité, pour plus de dynamisme, pour mieux faire vivre notre pacte républicain". Pour la succession de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, les noms de deux ministres, Dominique de Villepin (Intérieur) et Michèle Alliot-Marie (Défense), circulent avec insistance dans les milieux gouvernementaux. Le ministre de l'Intérieur, un fidèle du chef de l'Etat, a été le premier à réclamer à la mi-avril une politique "encore plus audacieuse, encore plus solidaire", quel que soit le résultat du scrutin. "Il a une tête de sursaut", se réjouit-on dans le camp chiraquien. C'est sans doute parce qu'il juge proche la nomination de celui qu'il considère comme un possible rival sur la route de l'Elysée que Nicolas Sarkozy a sévèrement taclé Dominique de Villepin mercredi soir, lui reprochant - sans le nommer - de ne s'être jamais présenté à une élection. La nomination à Matignon de l'ancien secrétaire général de l'Elysée serait vécue par le président de l'UMP comme une déclaration de guerre du camp chiraquien. * Une autre politique Nicolas Sarkozy n'a pas officiellement fait offre de service pour Matignon. Mais le patron du parti majoritaire a fait monter les enchères en intervenant hier soir sur France 3, à quelques minutes de l'intervention présidentielle. Il a réclamé "une autre politique" pour l'après-29 mai. "Il ne suffit pas de changer d'homme. La question, c'est de porter, d'incarner une autre politique", a-t-il prévenu. Nicolas Sarkozy, qui doit réunir un conseil national de l'UMP le 11 juin, fait peser la menace d'une prise de distance accrue de son parti vis-à-vis d'un gouvernement qui ne serait pas jugé "compatible" avec ses ambitions présidentielles. La nomination de Michèle Alliot-Marie serait dès lors mieux acceptée, la ministre de la Défense ne possédant pas aux yeux du patron de l'UMP les qualités d'une présidentiable. A gauche, le sol apparaît aussi mouvant. "Dans tous les cas, le PS a un problème dimanche prochain", a estimé le "noniste" Henri Emmanuelli. L'idée d'un "congrès de clarification" fait son chemin, rue de Solférino, mais son organisation concrète est longue, au minimum trois mois, ce qui repousse l'échéance d'une explication "franche" entre socialistes au-delà de l'été. De l'ampleur du résultat de demain dépend l'influence que chacun entend exercer sur le projet puis la désignation du candidat à la présidentielle. Invité vendredi matin sur RTL, Laurent Fabius, numéro deux du PS et avocat du "non", a estimé que le parti devrait "se rassembler" et "tenir compte du vote des électeurs". "J'ai une idée simple. Il faut d'abord rassembler les socialistes puis rassembler la gauche pour rassembler les Français. C'est l'indication que donnaient Jean Jaurès et François Mitterrand", a souligné l'ancien Premier ministre, qui a opéré un virage spectaculaire sur la gauche et l'extrême gauche pendant la campagne pour devenir le premier opposant de Jacques Chirac. Mais le premier secrétaire du PS, François Hollande, affaibli par les déchirements de la campagne, entend opposer à la légitimité des électeurs celle des militants socialistes qui s'étaient prononcés en décembre pour le "oui" à la Constitution lors d'un référendum interne. "Le Parti socialiste aura à préparer l'alternance pour 2007 et à faire en sorte que nous confirmions nos orientations et que nous puissions aussi juger les comportements de ceux qui n'ont pas précisément respecté le vote des militants", a-t-il dit cette semaine. La tâche sera difficile pour François Hollande, déjà placé sous l'ombre tutélaire de Lionel Jospin, le grand rival de Laurent Fabius. _____________________________ L’Allemagne ratifie le traité L’Allemagne, plus important pays de l’Union par sa population et sa puissance économique, a définitivement ratifié hier le traité constitutionnel européen, lors d’un vote au Bundesrat, la Chambre des Etats régionaux. L’Allemagne devient le 9ème pays de l’Union européenne (UE) à ratifier la Constitution de l’UE, après la Lituanie, la Hongrie, la Slovénie, l’Italie, la Grèce, la Slovaquie, l’Espagne et l’Autriche. En présence de l’ancien président français Valery Giscard d’Estaing, qui avait piloté les travaux aboutissant à la rédaction de la Constitution, celle-ci a été approuvée par 15 des Etats régionaux (lander), à deux jours d’un “référendum à l’issue incertaine en France sur le même traité. Une majorité des deux-tiers des 69 membres du Bundesrat était requise. Seuls les trois délégués du land de Mecklenbourg-Poméranie (nord-est) se sont abstenus en bloc, les ex-communistes du PDS qui participent avec les sociaux-démocrates au gouvernement de cet Etat régional refusant d’approuver le traité. Les députés allemands avaient approuvé le 12 mai au Bundestag à une écrasante majorité la Constitution européenne, tous les grands partis s’étant prononcés pour le oui. Au nom du gouvernement allemand, le vice-chancelier et chef de la diplomatie Joschka Fischer a appelé les Allemands, les Français et les autres peuples à ratifier le traité, affirmant qu’ “il n’y en aurait pas de meilleur”, et que “le monde ne vas nous attendre, nous Européens”, s’ils ne sont pas unis.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com