Gestion des risques : L’anticipation, vecteur de développement durable





La gestion des risques est devenue aujourd’hui l’une des composantes du développement durable. Prévoir les catastrophes, les crashs boursiers, la prolifération des maladies, le manque d’eau potable est désormais plus qu’impératif. Le professeur Jacques Lautour de l’Institut français d’études et de recherches pour la sécurité des entreprises, explique l’importance de la nouvelle branche, le managing-risque, dans le développement durable. Tunis-Le Quotidien Lorsque le navire marocain échoué a laissé échapper une marée de fuel au large de Korbous, il y a quelques mois, les mesures entreprises par le ministère du Transport et le ministère de l’Environnement ont permis de contrecarrer les retombées de ce problème. En effet, les opérations blanches effectuées quelques années auparavant avaient permis aux équipes de secours d’intervenir promptement et de limiter les dégâts. Il s’agit là d’un exemple frappant dans la gestion des risques, devenue aujourd’hui à travers le monde une profession. L’anticipation constituant désormais une nécessité pour gérer à temps une difficulté rencontrée, M. Jacques Lautour, professeur à l’Institut français d'études et de recherches pour la sécurité des entreprises, était parmi nous pour donner une série de conférences à ce sujet à l’Université arabe des sciences. Mais d’abord quel définition attribuer au risque ? «Le risque, dit-il, est un événement aléatoire dont l’occurrence n’est pas certaine, mais qu’il faut anticiper à temps pour pouvoir le gérer», explique-t-il. «En fait nul n’a droit à la surprise». M. Lautour donne l’exemple d’une catastrophe qui n’avait nullement été prévue et de ce fait a été mal gérée. L’affaire Tchernobyl dont les conséquences étaient désastreuses pour la France, entre autres, n’a jamais été considérée comme une menace auparavant. Le cancer de la thyroïde s’était développé à cette époque d’une manière inhabituelle et inquiétante. La gestion des risques est devenue une profession dotée de mécanismes appropriés pour évaluer tous les imprévus. «On doit identifier les risques en les imaginant», insiste notre interlocuteur. «Il faut que les entreprises et les instances concernées prennent en compte dès maintenant les risques engendrés par le choc mondial. Ils peuvent être monétaires, boursiers, politiques, terroristes, médiatiques, cybernétiques». Il explique que la Tunisie qui dispose aujourd’hui d’innombrables ingénieurs et d’une large infrastructure technologique, se doit de se garder de devenir victime de la cyberfraude, de la piraterie et autres méthodes contraires à la loi internationale. Les défis, aujourd’hui, sont énormes : les maladies (sida et autres), les problèmes du chômage, la diminution des ressources hydrauliques devenue problème mondial majeur, la contrefaçon. Chaque entreprise et chaque établissement doivent disposer de leurs propres compétences, en l’occurrence le manager-risque pour pouvoir disposer d’une vision globale des problèmes qui peuvent survenir. L’évaluation des risques constitue désormais l’une des composantes du développement durable, lui-même vecteur du développement dans le monde. Lotfi TOUATI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com