Tunis: Vingt-deux ans de prison pour les deux étudiants tueurs d’un bijoutier





Tunis - Le Quotidien On ne le dira jamais assez, la violence est une menace directe pour la stabilité des sociétés, d’autant qu’il s’agit d’un fléau qui touche une catégorie sociale très sensible et demeure sujette à toutes les tentations, à savoir les jeunes et moins jeunes qui, en l’absence d’encadrement adéquat, adoptent la violence comme unique et seul moyen pour s’exprimer. Du coup, ce sont des drames qui se produisent et font la plupart du temps des victimes innocentes... Lorsqu’on a demandé au maire de New York qui venait d’être élu à la tête de cette grande métropole qu’est-ce qu’il craignait le plus pour sa ville, il n’ a pas hésité à désigner la violence comme étant le principal danger qui menace le présent et l’avenir des New-Yorkais. Deux semaines plus tard, le maire de New York a décidé de consacrer 50% du budget de la ville à la lutte contre les différentes formes de violence. A vrai dire, le phénomène ne concerne pas uniquement New York, mais toutes les grandes villes du monde entier. En Tunisie, nous ne sommes pas encore et heureusement à ce stade. Seulement, il y a matière à interrogation lorsqu’on est confronté à quelques cas qui font l’objet de poursuites judiciaires à l’image de cette affaire examinée récemment par la Cour d’appel et dont les accusés ne sont autres que deux étudiants inculpés du meurtre d’un bijoutier. Les faits remontent au mois de mai 2002, les deux meurtriers avaient à cette époque raté leur première année d’études universitaires. A vrai dire, ils n’assistaient que rarement aux cours et de ce fait, ils ont été éliminés des examens. Il faut préciser que les deux jeunes gens avaient d’autres idées en tête, l'argent étant leur seul souci. Ils projetaient en effet de traverser les frontières maritimes et immigrer ainsi clandestinement en Italie. Pour oublier un tant soit peu leurs soucis, les deux étudiants avaient pris l’habitude de consommer de la drogue. Il leur arrive même d’essayer des cocktails qu’ils préparent eux-mêmes et dont l’effet est beaucoup plus néfaste que toute autre matière stupéfiante classique. C’est le cas, le jour du drame, lorsqu’après avoir inhalé de la colle, les deux étudiants ont décidé de regagner leur quartier populaire situé dans les environs de la ville du Bardo. Bien évidemment, tout au long du chemin, ils n’ont cessé d’évoquer leur projet d’immigration et surtout comment financer ce voyage. C’est alors qu’ils constatèrent qu’un bijoutier était encore de service. Sans aucune hésitation, ils s’introduisirent à l’intérieur de la bijouterie et sommèrent l’artisan de leur remettre le contenu de la caisse. C’était sans compter la résistance du bijoutier qui a fait preuve d’un grand courage en se défendant contre l’agression des deux étudiants. Du coup, l’un des deux tueurs a tiré un couteau dissimulé dans ses poches et asséna quatorze coups à la victime qui a succombé à ses blessures avant même que les secours n’arrivent. L’enquête menée par les agents de police a permis d’arrêter les deux meurtriers qui, après avoir avoué les faits et reconstitué leur crime, ont été traduits devant la justice qui les a condamnés à vingt-deux ans de prison chacun. Par le biais de leurs avocats, les deux accusés ont interjeté appel lequel sera examiné par la Cour d’appel de Tunis qui a saisi cette affaire pour les délibérations. H.MISSAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com